Collège Saint-Augustin à Met:^, i
Ce nouveau collège a pour but de continuer l'œuvre si heureusement commencée par l'institution Saint-Augustin. Sous les auspices de Monseigneur l'Evêque de Metz, des maîtres intelli-
gents et dévoués ont depuis longtemps acquis à cette maison la confiance des familles et Taffection .des élèves. Les nouveaux maitres, pour répondre aux vœux exprimés avec tant de bienveillance par le vénérable Prélat, n'auront qu'à suivre la voie ouverte par leurs prédécesseurs.
Comme eux, ils se proposent d'assurer aux élèves, avec les avantages d"une instruction solide, le bienfait d'une éducation religieuse. C'est en formant des chrétiens qu'ils espèrent former des hommes utiles à leur famille et à leur patrie.
On s'efforcera de prévenir les fautes pour n'avoir pas à les réprimer. Exercer une douce et paternelle \igilance, exciter une louable émulation, agir sur le cœur par la foi et la conscience, par tout ce qui réveille les sentiments élevés; tels seront toujours les moyens employés de préférence. . .
Tous les trois mois, les parents reçoivent un bulletin constatant la conduite, l'application, le succès et l'état de santé de leurs enfants.
L'année scolaire se termine par des examens, un exercice littéraire public et la distribution des prix. Les vacances commencent vers le milieu du mois d'août et durent environ sept semaines. . .
Les externes habitent ou dans leurs familles ou dans des pensions honnêtes et religieuses. . .
Les supérieurs du collège s'entendent avec les parents et les chefs de pension pt>ur le bien des élèves confiés à leurs soins. D'après le vœu des familles, ils se réservent le dioit de visiter de temps en temps les élèves, pour constater leur fidélité aux règlements.. . .
Les demi-pensionnaires portent le même uniforme que les pensionnaires, les jours où il est de règle pour ces derniers. . . ils sortent le dimanche après vêpres et passent le reste de la journée dans leur famille. .. Le prix de la demi-pension est de 420 francs par an. Le prix de la pension entière est de 700 francs. . .
Les trois premiers mois de séjour dans la maison ne peuvent être considérés que comme un temps d'épreuve. Si, pendant ce trimestre, on jugeait que les habitudes de la maison ne conviennent point à l'âge t)U au caractère de l'élève, les parents seraient priés de les reprendre. . . Le premier jeudi du mois est le jour de sortie pour les pensionnaires dont les parents habitent la ville ou les environs. . .
Trousseau : Redingote, pantalon et gilet, bleu de roi ; casquette marine avec turban de velours bleu ; pantalon et gilet blancs pour l'été.
43. Il est si naturel pour un Jésuite de se sacrifier que la mort du R. P. Bigot fut à peine connue à Metz. On se borna à l'annoncer aux élèves sans aucun commentaire, ce n'est que beaucoup plus tard que nous avons découvert quelques documents concernant ce Père.
Le P. Louis Bigot de Préaineneu. ne à Elbeuf le 22 septembre 1806, entra dans la Compagnie de Jésus le 21 juin 1829 et y fit ses grands vœux le 2 février 1841. Pendant les épreuves du noviciat et le temps des études qui le suivent, le jeune religieux marcha toujours d'un pas ferme et inébranlable dans le chemin de la ferveur et des vertus de son état. Elevé au sacerdoce, le P. Bigot se dévoua tout entier aux œuvres de zèle et aux fonctions du ministère apostolique. Il avait un don tout particulier pour toucher les cœurs. Sa parole, quoique d'une simplicité extrême, avait une force irrésistible qu'elle exerçait également sur les âmes les plus justes et sur les plus grands pécheurs.
En i852, un décret du Président de la République ordonna de transporter les bagnes à Cayenne. Il fallait des aumôniers. On en appela de tous côtés. Les Jésuites qu'on ne demandait pas vinrent s'offrir. Faute de mieux, on les accepta. Dès le premier convoi de condamnés, en voilà cinq qui partent, la joie daps le cœur, le sourire aux lèvres.
Le P. Bigot se trouvait à Metz, on lut devant lui la lettre que le R. P. Provincial adressait à toutes les maisons de la province pour exposer les besoins de la mission de la Guyane. Il se sentit porté à s'offrir pour cette œuvre difficile et adressa à son supérieur la lettre suivante :
Metz, 22 août i853.
" Mon Révérend Père,
(c Depuis deux jours que la circulaire de Votre Révérence a été lue, la pensée de Cayenne s'est tellement emparée de moi qu'elle m'accompagne partout et avec ce genre d'impression que saint Ignace indique comme signe de l'action du bon Esprit, dans ses règles du discernement des esprits. C'est donc de grand cœur que je m'off"re pour cette mission, si la sainte obéissance daigne agréer ma demande. Je vais donc me tenir tout prêt à partir pour le jour qui me serait indiqué, sans en parler toutefois à personne. D'autres peuvent être utiles ou nécessaires à nos maisons de France; pour moi, je puis être remplacé ici, comme partout ailleurs, avec avantage. C'est à genoux que je vous écris cette lettre, mon Révérend Père, absolument comme si je parlais à Notre Seigneur Jésus-
Christ. Je recevrai donc votre réponse comme l'expression de sa volonté, w
Le P. Bigot partit pour Cayenne avec deux autres Pères. Il y arriva le 28 novembre i853.
Un nouvel établissement venait d'être formé à Saint-Georges, sur les rives du fleuve Oyapock, pour les forçats les plus redoutables. Saint-Georges renferme des marais dont les miasmes sont mortels pour les Européens et auxquels les nègres seuls résistent. Le P. Bigot fut chargé de cette mission où il arriva le 19 décembre
« Oh ! la belle œuvre, écrit- il au R. P. Provincial, ici, rien pour les sens, rien pour l'amour-propre, rien pour la nature corrompue ; au contraire, tout y est sacrifice, mais tout y est consolation pour le missionnaire qui prend franchement son parti et qui tâche de s'oublier pour ne plus penser qu'à Dieu et au salut des infortunés que l'Europe a perdus, mais que la miséricorde divine envoie en Guyane pour les sauver.
«A peiiie débarqué, je m'empressai de me rendre à l'hôpital. En voyant un Père, tous ces pauvres malades jetèrent un cri de joie, le premier peut-être qui fut sorti de leur cœur depuis bien des années. « Quoi, mon Père, s'écriaient-ils de tous côtés, vous venez avec nous, mais ce n'est qu'en passant, n'est-ce pas .-' » Non, assurément, leur dis-je, j'ai appris en Europe que vous mouriez sans Sacrements et que vous soupiriez après la venue d'un Père. Aussitôt j'ai tout quitté, j'ai entrepris un voyage de treize cents lieues pour venir vous consoler, vous mettre tous dans le chemin du ciel et mourir avec vous. Ce peu de paroles que je n'avais pu prononcer sans émotion furent aussitôt répétées de case en case et Dieu daigna s'en servir pour disposer favorablement les transportés à profiter des grâces que je venais leur offrir de sa part. La venue d'un Père fut un véritable événement pour la colonie, on ne parla que de cela. . .
« Presque tous les transportes qui ne sont pas à l'hôpital viennent assidûment à la messe et aux vêpres. Ils paraissent écouter les instructions avec un vrai désir de s'instruire. Il s'en faut encore de beaucoup qu'ils soient tous convertis et je n'en suis pas étonné, car d'après les dossiers de leur procès, la plupart ont à revenir de loin. Voleurs de toutes les catégories, faussaires, assassins, voilà mes chers paroissiens. La plupart ne savent pas même l'oraison dominicale. On conçoit que ces infortunés n'en viennent pas tout d'un coup à demander la communion fréquente. Pour moi, j'admire l'action de la grâce sur eux; je vois par la manière dont ils
meurent que Dieu a sur tous des desseins de miséricorde; cela m'inspire pour eux, je ne sais quel intérêt qui me fait regarder comme un bonheur de mourir en les servant. »
Ce généreux sacrifice devait être suivi d'une prompte récompense. Après avoir vu mourir plusieurs transportés réconciliés avec Dieu, lui-même allait recevoir les palmes du martyre et de l'apostolat, le 28 avril 1854. Il avait quarante-sept ans et n'était dans la Guyane que depuis quatre mois. I.es larmes et les sanglots des condamnes furent le plus touchant panégvrique du saint Jésuite qui avait eu le bonheur de mourir en les servant.
De iN32 à iSSq, quinze Jésuites furent, comme le P. Bigot, martyrs de leur foi et de leur charité, parmi eux citons : le P. Pierre Stumpf, mort à Cayenne le 20 avril i856; le P. Florent Ringot qui avait fait partie de la résidence de Metz de i855 à i858, mort à Cavenne le 17 décembre iS58, et le P. Alet, ancien Père également de la résidence de Metz, mort le 24 septembre i855.
(V. Les Jésuites à Cayenne, par le P. Mury, S. J.)
44. R. P. Leoni Turquand. Collegii Metensis S. J. Reclori , aluuini rhetorices academici Alfridiis de Geyer, Josephus Ehrmann, Euoenius An>eng; Vedastus du Coetlosqtiet, Atigiistus de Lestard.
BIAPHONIUM. drama liistoncum
Reverenter dedicant auctores et adju.vjntibus condiscipulis Henrico
de RiifT}'. Josepho Berrard, Ediiardo de Morlaincourt, Paulo de
Gérer. Die 8 JuUi i856.
(P. DF. Charleyoix, s. j. Histoire générale de la Nouvelle France,
Liv. XII r, année 1687.)
Dramatis Person^.
Hegemon (Cavelier de la Salle). Dux expeditionis, Quebeco, jussu
Ludovici XIV emissœ ad investiganda Mississipi fluminis ostia.
Avunculus Adelphidii (Moranget)
occisi Vedastus du Coétlosquet.
Archiphontes (Duhaut) particeps ex-
peditionis, homicida Augiistus de Lestard.
SYN.ETius(Liotot)amicus Archiphon-
tae, particeps expeditionis, homicida Josephus Berrard.
Metochus (Hiens) nauclerus, amicus
Archiphontœet Synœtii, in scelere
consors Henricus de Rugy.
BiAPHONius (de Marie) Centurio He-
gemonis ; ad consortium sceleris
coactus Alfridus de Geyer.
LocHAGus (Joutel) Prœfectus adjutor
Hegemonis .....' Eduardiis de Morlaincourt.
Hylobius, sylvicola Josephiis Ehrmann.
Neoterus, Hylobii filius Pauliis de Geyer.
Hyperetes, Hegemonis famulus . . Eiigeniiis An'eng.
Naut.€, quatuor ex Comitatu : Carolus Breck, Paulus de Chevigny.
Aloïsins Loïej, Ludovicus Zugmeyer.
Actio peragitur in Americœ sylvis, non procul ab ostiis fluminis Mississipii.
Si Ton s'intéresse au sort des treize acteurs de i836, on voit que trente-six ans après trois sont morts : Aloïs Loïez, en iSS-, presqu'encore au collège; de Rugy, officier de cavalerie en 1870; de Lestard, en 1887, à Lorient où il occupait le poste de contrôleur principal des contributions directes. Cinq se sont si bien trouvés de la règle de Saint-Ignace qu'ils n'ont point voulu la quitter. L"un d'eux, sans qu'il l'eut cherché assurément, fut même Provincial de la province de Champagne. Parmi les autres^, deux militaires : un colonel du génie ; l'autre commande un régiment d'infanterie ; un ancien inspecteur des forêts et un ingénieur qui dirige le plus important établissement métallurgique de la Lorraine.