Archives Départementales, D
CA Id. Donation du 10 novembre 1639,
R. P. General et sans vouloir deroger aux constitutions de la Societé ni rien innover en icelles ». En conséquence, le R. P. Mutius Vitelleschi, général de la Compagnie, accepta la fondation de M. Bardin, mais « sans pretendre neanmoins se lier à celte charge par aucune obligation de droit, ni pretendre par cette concession deroger aux regles de l’Institut »,etil ordonna qu’à l'avenir le collège de Poitiers entretiendrait deux
professeurs de théologie ! . L'affaire n’alla pas sans quelques difficultés.
Depuis 1642, le collège avait pour recteur le P. Bernard Solier, l'ancien directeur de conscience de Flandrine de Nassau, dont il prononça l’oraison funèbre en 1640. Il administra la maison jusqu'à la fin de 1646.
Il eut pour successeur, en 1647, le P. Guillaume Ricard, La situation financière laissée par Le P. Solier ne manquait pas d'être embarrassée, à en juger par le dernier et indéchiffrable grimoire qui fut présenté à la vérification du Provincial, et où les ratures, les corrections, les omissions réparées en marge, attestent l’état de désordre matériel dans lequel se trouvait alors le collège.
Dans le compte de 1647, il est dit que le revenu ordinaire (13.361! 4 1%) à diminué, par ce que l'aumônerie de Sainte- Marthe à été réduite à 300 livres (au lieu de 460 en 1644), et que le collège ne retire plus rien de la théologie ?. C'était pour le P. Ricard un début peu rassurant.
1. Lettres patentes du 18 juin 1640. Cf. Rolland, Compte-rendu. etc.
2.« Quoique la rente de 2.000 livres donnée au collège de Poitiers par M. Bardin lui fût due en vertu de bons contrats de constitution passés avec le prévôt des marchands de Paris et les échevins au nom du roi, et assignée sur le revenu des cinq grosses fermes, qui est un domaine de la Commune, duquel ie roi aliénait, par un édit de l’année 1636, 400.000 livres de rente ; que, par conséquent, la rente de 2.000 livres, acquise par M. Bardin pour la somme de 36.000 livres payée comptant, ne fut point susceptible de réduction comme le sont assez Souvent celles qui sont assignées sur l'Hôtel de-Ville », — il est vrai cependant qu’elle fut réduite dès le commencement à 4.500 livres, et puis successivement à 4.000 livres, à 800 livres, et enfin à 500 livres: — Le compte du 26 juillet 1640 accuse, pour cette année et pour cet objet, le reçu de 1.407! 495; celui de 1644, 4591 49s seulement ; celui de 14642, 1.000 livres. Dans le compte de 1646, on lit : « Le revenu du college est moindre que l’année passée de toute la somme que M. Bardin avoit donnée pour la fondation de la theologie, le college n’en a rien touché ni pour lPannée courante ny pour la precedente, et, pour l’année 1644, nous n’en ayons reçu que la moitié ». Enfin en 1647 : «..…., le college ne retire plus rien de la theologie ». (Archives Départementales, D. 29),
Cependant le nouveau recteur, homme d'action et d'énergie, sut se sortir de ce mauvais pas. La première année de son rectorat, les dettes du collège, par la faute de ceux qui l'avaient précédé plutôt que par la sienne, s’élevèrent à la somme jusqu'alors inouie de 30.885 14:. Elles ne furent que de 28.090 livres en 1648; et, en 1649, elles n'étaient plus que de 13 935! 1° 4°.
Comment s'était opéré ce miracle ? Les comptes sur ce point sont muets. Mais les papiers des Archives nous aident à comprendre et prouvent une fois de plus la vérité de ce proverbe : Payer ses deltes, c'est s'enrichir.
Les amortissements ne suffisant pas à combler le déficit, le recteur eut recours à là vente. Les Jésuites possédaient à Nieuil une métaierie appelée Lagrange, autrement « des Brandes », qui était, paraît-il, de la fondation du collège de Sainte-Marthe, mais qui tombait en ruines. Le P. Ricard, «voyant la modicité du revenu de ce domaine, estant pressé d’ailleurs par les creanciers du college », le vendit, en 1649, au prix de 3.000 livres: somme fort raisonnable à cette époque, surtout dans cette année de misère où le prix du blé était excessif, où la classe pauvre souffrait de la disette, à tel point que des mesures sévères furent prises par la municipalité pour faire sortir de la ville les mendiants étrangers qui s'y trouvaient en grand nombre ?.
Le successeur du P. Guillaume Ricard (1650), Malescot, n'approuva pas celte vente. Il prit aussitôt des lettres de recession contre cet acte, prétendant que c'était une aliénation d'un bien ecclésiastique qui s'était faite sans la permission du Général et sans observer les autres formalités requises en pareil cas. Ces lettres furent signifiées sans retard au sieur Jean Babaud, l'acquéreur, avec assignation. Babaud se présenta à l'audience et soutint que le P. Ricard avait obtenu une permission du Général pour faire cette vente. Quoi qu'il en soit, on ne trouve aucun jugement sur cette affaire. Ce qui
est certain, c'est que le collège, depuis cette époque, cessa de jouir de ce domaine ?.
,4. Registres municipaux, n° 101, p. #1.