‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 112 sur 236 · D. Chamard, op. cit · texte numérisé non relu

D. Chamard, op. cit

3. Voir ci-dessus, p. 90, la donation faite, en 1629, par ses Parents au eollège de Poitiers.

k. Archives départementales, D. 292.

des dépenses et des provisions. C’est ainsi qu’en 1639, au chapitre de ces dernières, nous voyons figurer 200 reortées de gros bois, 3.000 fagots, 116 aunes de serge pour l'hiver et 50 de gros drap, 20 pipes de vin, 300 livres dé chandelles de suif, 80 livres de lard et autre salé, 65 setiers de froment nouveau et 40 livres d'huile d'olive. Ce qui fait supposer un personnel de 25 à 30 religieux environ.

Pour satisfaire à tant de dépenses, les recettes ne suffisaient pas. Que faisaient alors les Jésuites ? Ce que font, en pareil cas, toutes les personnes réduites aux abois : ils empruntaient, empruntaient toujours, s'efforçant de reculer le plus loin possible les échéances. En cette même année 1639, le collège

devait à divers marchands, pour denrées seulement, 6.438! 3° «laquelle somme, est-il dit dans le compte, doibt estre payée au plus tost, les termes d'icelle estant echeus ».

La dépense, en 1640, s'éleva à 19.395! 8534, Le compte attesie qu'on doit « à divers marchants et amys» la somme de 33.044 13, de laquelle il convient de déduire ce qui, d'autre part, était dû au collège, soit en tout 2.642 405.

On commença, cette même année, le bâtiment de la salle dite pour les Séculiers : ce doit être le bâtiment de droite, en entrant, qui se trouvait être, en effet, en dehors du principal corps de logis spécialement réservé aux religieux. Les recettes et les dépenses afférentes à ce chapitre n’ont pas été comprises dans le compte de l’année. Une note ajoutée postérieurement nous apprend cependant que «le 29° de juillet 1640, on avoit employé pour ledit bastiment en chaux,pierre,main-d’ouvriers, etc., » la somme de 1.107 96%, provenant de dons particuliers.

Mais de tous les dons faits au collége, vers 1640, pendant le rectorat du P. Cothereau, le plus important, sans contredit, fut celui de M. Jean Bardin , ancien conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé, et ancien président de la Chambre des Comptes de Bourgogne.

4. Un autre Jean Bardin, conseiller au Parlement de Paris, avait épousé en 1432 Françoise Gillier, qui fut la fondatrice du collège du Puygarreau.

M. Bardin, quelques années avant sa mort, s'était retiré à Poitiers pour y faire son séjour. À Paris, il avait toujours suivi la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, qui l'avaient porté à faire plusieurs fondations religieuses. À Poitiers, il contracta une étroite amitié avec les Pères du collège de Sainte-Marthe, fréquentant la congrégation et faisant d’autres bonnes œuvres de piété et de vertu, qui servaient de grand exemple à toute la ville. Les pauvres surtout ressentaient de grands effets de sa charité.

Profitant de ces bonnes dispositions, les Jésuites firent en sorte qu’il n'oubliât pas leur collège. Comme depuis longtemps déjà ils désiraient avoir une école de théologie, ils engagèrent M. Bardin à faire cette fondation. Le P. Jean Bonnet, son confesseur, s’y employa de son mieux. Get ex-magistrat, tout entier à la dévotion des Pères, leur fit don, en vertu de trois contrats de constitution, l’un de 900 livres, l’autre de 600 et le troisième de 500, de 2.000! de rente à prendre sur les cinq grosses fermes de France, au capital de 36.000 livres, pour la fondation de deux chaires de théologie : « ladite donation et fondation faite à l'effet de l’entretenement de deux professeurs en theologie scholastique pour estre enseignée dans ledit college de Poitiers à perpetuité pour la plus grande gloire de Dieu et pour le faire mieux connoistre, aimer et servir »°.

Dans ces différents contrats, passés par devant M°° Bruneau et Hervin, notaires au Châtelet de Paris, le 17 janvier 1636, le fondateur déclare que son intention est que sur ces 2.000 livres il y ait 200 livres « pour l'entretien et augmentation de la bibliotheque dudit college, pour servir aux susdits professeurs de theologie qui seront en exercice audit college de Poitiers», et que les 2.000 livres de rente ne pourront être employées à autre effet.

Et, afin que l'obligation d’entretenir à perpétuité deux professeurs de théologie fût plus authentique, M. Bardin exigea que le R. P. Général l'autorisät par un ordre exprès au recteur présent du collège de Poitiers et à ses successeurs ; ce qui fut accepté par le R. P. Jacques Cothereau, alors recteur ?. Toutefois, cette fondation ne fut faite « que sous le bon plaisir du

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