‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 13 sur 236 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

publiques qui jouissaient d'une célébrité méritée. Ces écoles étaient à la fois un séminaire pour le clergé et un collège pour les laïques. Telle fut celle que, dans les premiers siècles de l'Eglise (312) , l’évèque de Poitiers établit près de sa cathédrale, et d'où sortirent tant d'éminents personnages, nés dans la province dont Poitiers était la capitale, ou ailleurs, à commencer par saint Hilaire, Jovin, Maxence et Maxime, qui devint évèque de Trèves, et Paulin, son successeur.

L'école de Poitiers s'enorgucillit encore de deux autres frères de Maxime: l’un, saint Maximin de Chinon, dont on conserve avec soin une importante relique dans celte ville; l’autre, saint Jouin de Marnes, le futur fondateur du célèbre monastère d'Ansion, à peu de distance de Loudun.

Mais le plus illustre de tous les disciples de l’école primitive de Poitiers, fut saint Hilaire. De retour dans sa patrie, après plusieurs années d’exil, cet illustre prélat consacra sa vie tout entière à la sanctification de son troupeau, à la sienne propre, et aux soins de l’instruction populaire. De là l'erreur commise par la plupart des historiens du Poitou, qui ont attribué à saint Hilaire la fondation de l'école épiscopale de Poitiers, et ont inscrit sur ses registres les noms glorieux que nous venons de citer, confondant ainsi la primitive école, caltéchèse ou séminaire, avec l’école de Saint-Hilaire.

L'école proprement dite de Saint-Hilaire, établie au monastère du même nom (entre la cathédrale et le temple ou baptistère de Saint-Jean) *, ne fut, en effet, réellement

{. L'année même où Constantin embrassa la religion catholique. Cf. Jean Bouchet, Annales d'Aquitaine; Almanach du Poitou, 1760. 2. Elle fut appelée à cause de sa situation : Saint-Hilaire=entre-les-Eglises, -

INTRODUCTION XXVII fondée et organisée par le savant Docteur qu'en 364, époque de son retour d'Italie !. Or, à cette même date, Maxime était déjà évêque depuis plus de trente ans, Paulin depuis quatorze ans, etJovin mourut sept ans après, ayant fourni une longue carrière de gloire civile et militaire.

Comme tous ses illustres compatriotes, saint Hilaire fut donc formé à l’école de Poitiers déjà existante. Plus tard, il continua, agrandit et développa, dans un asile voisin de son palais, l’œuvre de ses prédécesseurs avec un zèle admirable. Ce qui est encore certain, c’est qu'il sut réunir autour de sa nouvelle chaire nombre de jeunes gens qu'il instruisait dans les lettres divines et humaines et qu'il forma à la foi évangélique.

Cette école, on le comprend, avait pour principal objet la connaissance des vérités de la religion, l’histoire sainte et la tradition; mais elle n’excluait pas absolument les autres sciences, telles que la grammaire, la rhétorique ou éloquence, la dialectique, l’arithmétique, la géométrie, l'astronomie et même la musique, «ce complément de l’homme, la consommation de la sagesse ». La réunion de toutes ces sciences, au nombre de sept, était désignée, dans l'antiquité et le moyen âge, par l'appellation des Sept arts libéraux *.

Saint Hilaire y professait lui-même, et c'est là qu'il répandait ces flots d’éloquence qui l'ont fait surnommer, par saint Jérôme, « le Rhône de l’éloquence latine ». Dès ce moment, l’école de Poitiers acquit, sous la direction du docte prélat, une si grande célébrité, que c'est ce qui à porté les historiens à dater de la fin du 1v° siècle le véritable point de départ de l’enseignement littéraire en Pot-

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