Cf. Bouchet, op. cit
2. Ce chiffre correspondait d’ailleurs au nombre d'années qu on consacrait alors aux études régulières. Cf. Dom Pitra, Histoire de Saint Léger, p. 60 et 62-64.
XXVIN INTRODUCTION tou et à faire remonter jusqu'à cette époque la première institution de l'Université !.
Parmi les saints qu'on dit avoir été ses disciples, et dont le culte s’est perpétué dans le diocèse de Poitiers, on cite: S. Just, S. Lienne, S. Lupien, S. Mesme, S, Hilaire, son filleul, $. Benoît de Samarie, et enfin S. Martin, évêque de Tours.
Des savants étrangers, attirés par la réputation de cette école, ne craignirent pas d'abandonner leur ville natale pour venir s'établir à Poitiers. Ainsi Ammonius Anastasius, un des professeurs dont parle Ausone dans le recueil qu'il en à fait”, quitta Bordeaux, sa patrie, où il enseignait la grammaire, pour monter dans la chaire de Saint-Hilaire. Malheureusement il n'y trouva point le succès qu'il espérait. L’humeur surtout peu sociable d’Anastasius nuisit à son bel esprit: on l’abandonna. Sa vieillesse fut triste ; il mourut, vers la fin du 1v° siècle ou au commencement du v°, dans un état irès inférieur à la médiocrité, et pour rendre les expressions d’Ausone par celle d’un de nos poètes :
Pauvre, et n’estant vestu que de simple bureau, Passant l'esté sans linge, et l’hyver sans manteau. |
À. côté de lui, Rufus, également d'origine étrangère, enseignait la rhétorique. Malgré tout son talent, il se fit à
1. « Et après qu’il (St Hilaire) y (à Rome cet en Grèce) eust estudié neuf ou dix ans, remply d'éloquence, de lettres latines et grecques, et de tout bon et louable sçavoir, s'en retourna à Poitiers, où il tint universile, c'est-à-dire congregation de jeunes gens de tout le Pays, qui venoient à lui pour apprendre la science humaine et evangelique, et pour estre instruits en la foy... Et fut la premiere institution de l’Université de Poitiers, non d’université privilegiée de privileges royaux ct apostoliques, mais establissement d’estude et congregation d’escoliers ». Bouchet, op. cit.