Cf. Règlements de l'Université
mença à propos d'une nouvelle visite que le recteur de l’Université, de Mesplez, entendait faire, complète cette fois, dans toutes les classes du collège de Sainte-Marthe, ainsi qu’il en avait le droit. C'était recommencer la vieille querelle si avantageusement terminée en 1635 en faveur des Jésuites. Aussi firent-ils entendre leurs lamentations dans un acte du 16 décembre par lequel ils déclarent s'opposer à cette visite, « cette pretention etant une innovation contraire à l'usage toujours constamment pratiqué, aux concordats passés entre ladite Université et lesdits requerans, aux decrets de ladite Université et aux ordonnances et lettres patentes de nos roys; — declarant neanmoins qu'ils sont prets de recevoir ledit sieur recteur dans la classe de rhetorique pour donner les congés à la maniere accoutumée apres que ledit sieur recteur aura prealablement fait avertir le P. prefet du college, conformement aux conventions et concordats faits par leur huissieraudiencier au Presidial de Poitiers » !.
En même temps, le recteur du collège envoyait au ministre une supplique dans laquelle il lui rappelle d’abord les contestations survenues, en 1635, entre l'Université et les Jésuites au sujet de ce droit de visite que prétendait exercer le recteur de l’Université d'une manière tout à fait contraire au bon ordre et aux intentions du roi. Le roi, alors, avait envoyé l'affaire à M. de Villemontée, intendant de la province, qui régla au gré des parties la manière dont le recteur ferait ses visites et serait reçu dans le collège quatre fois l’an. Ce règlement, autorisé par une transaction, avait été observé depuis de point à point, de sorte que les Jésuites se trouvaient avoir acquis, outre le titre, un droit consacré par une possession suivie et jamais interrompue de plus de 80 ans.
Depuis deux ans, continuait le recteur du collège, au préjudice d’un tel titre et d’une telle possession, plusieurs membres de l'Université, « qui cherchent toujours à inquieter les Jesuites parmi beaucoup d’autres qui aiment la paix, et dont plusieurs pour n’estre pas temoins des deliberations violentes de leurs confreres, aiment mieux s’absenter des assemblées »,
1. Cet acte est signé Nicolas de Villemon, recteur du collège. (Archives Départementales, D. 24).
ont travaillé à l’élaboration d’un projet de décret insoutenable qui ne tendait à rien moins qu'à renverser également et la transaction et le règlement. Une telle entreprise méritait d’être arrêtée et le décret, par ordre du ministre, demeura sans exécution.
Il y a peu de mois, ajoutait le recteur, les ennemis des Jésuites ont voulu revenir à la charge, maïs leur nombre ne l'emporta pas, et il y eut un nouveau décret par l'avis du plus grand nombre, qui ordonna que les choses s'observeraiert à l'ordinaire ainsi que par le passé.
Enfin, depuis peu de jours, ces mêmes hommes ont osé revenir contre ce dernier décret, qu'ils ont cassé et fait bâtonner sur les registres; puis, confirmant celui qu'ils avaient fait il y a deux ans et qui était demeuré sans exécution en conséquence des ordres du roi, ils se préparent à pousser tout à bout, décidés qu'ils sont à passer outre au règlement de M. de Villemontée, si conforme aux prescriptions tant anciennes que nouvelles du roi et de son Conseil.
Et le recteur de conclure alors en suppliant le ministre qu'il plût à Sa Grandeur « faire ordonner que le reglement fait par M. de Villemontée en 1635 eu consequence des ordres du ‘roy et de son Conseil sortit son effet comme cy-devant, que les parties se pourvussent, si il est besoin, par devant M. l'Intendant, et cependant faire defense à l’Université de passer outre à l’execution d’aucuns decrets faits ou à faire, — et les supplians continueront leurs vœux et prieres pour la prosperité et santé de Sa Grandeur » !.
Gette fois encore les Jésuites obtinrent gain de cause, et la visite n’eut pas lieu. Au reste, ce ne furent pas là les seuls désagréments qu’essuya l'Université.
Un incident d’un autre genre fut soulevé à l’occasion de la fondation des classes de théologie. Aussitôt que M. Bardin eut fait cette fondation, les Jésuites pensèrent à l’exécuter. La Faculté de théologie de Poitiers, forte de sesdroits, s'y cpposa et ne voulut pas admettre les nouveaux professeurs dans son Corps.