CE Rolland, Compte-rendu, etc
» Ce mémoire a encore indisposé de plus en plus les Jésuites contre moy; ils ont répandu qu'il leur avoit porté le dernier coup; qu'il avoit fait un bruit étonnant dans Paris ».
Il est bien évident que les Jésuites perdaient chaque jour du terrain. De tous côtés en France, on s'élevait maintenant contre eux et contre leur enseignement ; les attaques leur venaient de toutes parts : d'Alembert les poursuivait avec le raisonnement ; Voltaire avec l'artillerie de ses sarcasmes ; les Jansénistes, depuis Pascal, avec leur infatigable inimitié. D'Alembert mandait à Voltaire, en 1762 : «Je ne sais ce que deviendra lareligion de Jésus; mais, en attendant, sa Compagnie est dans de mauvais draps » .
Louis XV, en effet, cédant au cri de l'opinion publique, qui dénoncait les Jésuites « comme formant un Etat dans l'Etat, comme contraires aux lois du royaume par leur soumission à un étranger, le général de l'Ordre », venait, par son édit du mois de mars 1761, de décréter l'abolition de l'autorité du général sur les Jésuites de France pour les assujetlir à se conformer aux lois de la nation. Ce fut le premier coup de canon tiré sur la citadelle jésuitique.
Cet édit, il est vrai, n'avait élé approuvé ni par le pape ni par le général de l'Ordre. C'était Ricci, auquel on a attribué ce mot devenu célèbre : Sint ut sunt, aut non sint. Ces paroles seraient plutôt tombées, dit-on, de la bouche de Clément XIII*?, lorsqu’en 1761 le cardinal de Rochechouart, ambassadeur de France à Rome, lui demandait de modifier les Constitutions de l'Ordre. On voulait un supérieur particulier pour les Jésuites français ; alorsle pape, résistant à ces innovations proposées, aurait dit : « Qu'ils soient ce qu’ils sont, ou qu'ils ne soient plus » |
Mais l'opinion publique, voulant « qu'ils ne fussent plus »,