‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 153 sur 236 · Lettre du # mai · texte numérisé non relu

Lettre du # mai

9. Cf. P. Bert, Discours, séance du 5 Juillet 4879. (Discussion de Particle 7).

ne pouvait accueillir favorablement l’édit, encore trop faible, de Louis XV. L'affaire du P. Lavalette acheva et hâta leur ruine. < |

Le 1° avril 1762, le Parlement de Paris, adversaire résolu de la Compagnie de Jésus, fit fermer tous les collèges de son ressort, et le 6 août suivant t, « après seize heures de délibération, à l'unanimité et aux applaudissemens mille fois répétés de la foule », il déclara, par arrêt, « ledit Institut inadmissible dans tout Etat policé, comme contraire au droit naturel, attentatoire à toute autorité spirituelle et temporelle, et tendant à introduire dans l'Eglise et dansles Etats, sous le voile spécieux d’un institut religieux, non un ordre qui aspire véritablement et uniquement à la perfection évangélique, mais un corps politique dont l'essence consiste dans une activité continuelle pour parvenir par loutes sortes de voies, directeset indirectes, sourdes et publiques, d'abord à une indépendance absolue et successivement à l'usurpation de toute autorité » ; puis il expulsa les Jésuites de France «comme des gens professant une doctrine dont les conséquences iroient à détruire la loi naturelle, cette règle des mœurs que Dieu lui-même a imprimée dans le cœur des hommes, et, par conséquent à rompre tous les liens de la société civile, en autorisant le vol, le mensonge, le parjure, l'impureté la plus criminelle, et généralement toutes les passions et tous les crimes, par l’enseignement de la compensation occulte, des équivoques, des restrictions mentales, du probabilisme et du péché philosophique ».

Cet arrêt fut accueilli avec un enthousiasme universel. Les philosophes étaient ravis. « Voilà, mon amie, le billet d’enterrement des Jésuites » ! écrit triomphalement Diderot *. « Et pourtant ils reviendront » | murmurait à ce moment même le marquis de Pombal. Les salons qui, cent vingt ans plus

1. Pour éviter toute équivoque, nous rappellerons iei qu’il y eut deux arrêts du 6 août, l’un en 1761 et l’autre en 1762. Le Parlement prit en effet sa décision le 6 août 1761, mais le prononcé du jugement fut ajourné à un an, sur la demande du roi, qui pensait obtenir quelque concession de la cour de Rome, en sorte que le vote définitif n’eut lieu que le 6 août 41762. (Recueil général des lois françaises, t. XXI).

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