‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 17 sur 236 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

se perfectionner d'abord à Chartres, où il avait eu pour maître Bernard, connu sous le nom de Bernard de Chartres, professeur remarquable et dialecticien célèbre ; puis, à Paris, sous les plus grands maîtres de l’époque : Guillaume de Champeaux, chef de l’école de Notre-Dame, et Abélard, qui fut en même temps son condisciple et son ami. Le goût des voyages, et surtout le désir de s’instruire et de connaître les maîtres les plus renommés, le conduisirent bientôt après à Laon, où il suivit les leçons des deux illustres frères Anselme et Raoul.

C'est ainsi préparé, ou plutôt armé pour le professorat, que Gilbert arriva à Poitiers, vers 1141, pour prendre en mains la direction de l’enseignement. Aussi accourut-on de toutes parts pour étudier sous un maître si célèbre. Tout ce que l’Europe avait de savants venait à Poitiers écouter Gilbert. Poitiers était le rendez-vous de la jeunesse aristocratique et bourgeoise ‘.

A cette ère de prospérité pour l’école de Poitiers succéda bientôt la décadence, une décadence qui dura près de trois siècles. Déjà, du vivant de Gilbert de la Porrée, un grand événement politique, la réunion du Poitou (1137) à la couronne de France par le mariage de Louis VII avec Aliénor ou Eléonore d'Aquitaine, fille du dernier duc et comte Guillaume X, avait causé un préjudice considérable aux études : le Poitou, privé de ses souverains particuliers, ne pouvait plus compter sur les ressources qu’il recevait de la générosité de ces princes. d

Cependant dans le nombre de ces seigneurs, tantôt français, tantôt anglais, qui eurent alternativement le Poitou en partage, il s'en trouva quelques-uns qui proté-

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