‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 16 sur 236 · XXX ; INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX ; INTRODUCTION

Le goût des lettres, un instantamoindri par les troubles occasionnés par les invasions des Barbares, reprit une nouvelle activité sous les comtes du Poitou. Au x° siècle, Guillaume V', duc d'Aquitaine, s’honorait du titre de grammairien, et passait les nuits à lire et à méditer : précieux exemple de l'instruction de la noblesse, que ses habitudes de guerre détournaient trop souvent des travaux de l'esprit. Guillaume” rassembla une bibliothèque — la plus ancienne dont il soit question dans l’histoire du Poitou — dans son château de Poitiers et il y établit une école publique, qu’il dota de la plus grande magnificence”*.

Ses successeurs augmentèrent la bibliothèque qu'il avait commencée ; ils établirent de nouvelles écoles : heureux peuple qui avait de tels maîtres, alors que trop souvent, ailleurs, il avait été battu, foulé aux pieds par des comtes et des ducs, livré en pâture à une multitude de souverains éphémères et inintelligents !

Le xr siècle fut l'aurore d’une ère nouvelle. Le monde semble arraché aux prétendues terreurs de l’an mil, et le calme et la paix succèdent aux férocités et aux ravages de l'invasion des Normands. Ce siècle fut à Poitiers particulièrement riche en hommes d’études et en savants professeurs : il suffit de nommer Raoul Ardent, le chanoine écolâtre Hildegaire et Gilbert de la Porrée.

L'école de Poitiers acquit, sous la direction de Gilbert, un lustre plus grand encore que celui qu'elle avait eu jusqu'alors, surtout pour la théologie et même pour le droit’. Ce savant docteur, avant de professer à Poitiers, était allé

4. Ve du nom comme duc d'Aquitaine, mais Ifl® seulement comme comte de Poitiers.

2. Dom Rivet l'appelle le restaurateur des sciences en France et le représente comme le plus puissant contre-poids de l’ignorance aux xtet xre siècles. (Histoire littéraire de la France). 1

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