‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 172 sur 236 · Archives Départementales, D · texte numérisé non relu

Archives Départementales, D

3. Le P. C. Daniel (Etudes religieuses, 6° série, t. III, p. 801-803 et tome IV, p. 398-422) repousse cette accusation en citant les noms de plusieurs geographes et historiens de la Compagnie ; mais il ne ressort nullement de cette double étude que la géographie et l’histoire fussent méthodiquement enseignées dans les collèges de province.

Il y avait, en 1761, dans le collège de Sainte-Marthe, quatre professeurs en théologie, un pour la positive, un autre Dons la morale; les deux autres enseignaient la scolastique, etiln'y avait que ces deux derniers qui fussent agrégés à la Faculté de théologie et qui jouissent des prérogatives des docteurs en théologie pendant le temps qu'ils professaient *.

Il y avait deux professeurs de philosophie, un professeur de mathématiques, deux professeurs de rhétorique, cinq professeurs d'humanités ou de grammaire qui étaient de jeunes jésuites sortant du noviciat. Il y avait un préfet du collège qui était nommé par le recteur des Jésuites, et celui-là était toujours docteur ès-arts.

L'usage de la Compagnie était que les régents suivissent leurs écoliers d'étape en étape : partis de la plus basse classe, ils arrivaient à la plus élevée, recommençant ainsi eux-mêmes toutes leurs études. Ce système, puremeñt avantageux au point . de vue de l'autorité du maître, présente de nombreux inconvénients et ne servait ni les vrais intérêts des professeurs, ni ceux de leurs élèvés : «la grande loi pédagogique, c’est la loi de la division du travail, qui seule peut créer des spécialistes solides » ?. Mieux iaspirés, les officiers municipaux réclamèrent, en 1762, à l’Université de Poitiers la stabilité des professeurs et régents dans chaque classe.

Un autre grief contre les régents était l'extrême jeunesse de ces maîtres qui, à peine sortis du noviciat, remplissaient les chaires et énseignaient aux autres ce qu'ils eussent dû apprendre eux-mêmes.

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