Pomey Francois, préfet des classes à Lyon. Mort en
3. « On peut se servir, disait l’auteur de ce petit livre, sans scrupule de toutes les facons de parler qui $y trouvent, puisqu’elles sont toutes ou de Cicéron ou des autres auteurs latins les plus approuvés... Qui voudra faire un très grand profit, il faut qu'il tâche de l’apprendre par cœur, le mieux qu'il pourra. Car, ainsi, il acquerra une facilité merveilleuse pour s’énoncer en latin très élégamment et sans peine, et exprimer en plusieurs façons une même chose ; ce qui est fort nécessaire, et ce qu’on ne peut apprendre que malaisément dans les autres livres dont on se sert à présent dans les collèges ». Septième édition, Pau, 4730.
ET
où sont rangés par ordre de matières les mots les plus usuels, fut aussi en usage au collège de Poitiers. Il était distribué à chaque écolier lors de sa rentrée : c'était son vade-mecum.
Ainsi que le dit le P. Pomey dans sa Préface, tout le monde tombait alors d'accord, que le moyen le plus court pour apprendre une langue, c’est de la parler, et que dans peu de mois, l'on fait par cette voie plus de progrès qu’on n’en saurait faire en plusieurs années par celle de l'étude et des préceptes. L'expérience fait toucher au doigt cette vérité. Qu’on envoie un jeune enfant en un pays étranger : il est constant qu'il apprendra la langue de ce pays dans moins d’un an, quelque grossier que soit son esprit, et quelque bizarre que soit cette langue. Mais qu'on envoie lié même enfant à l’école pour y étudier cette langue, qu'arrivera-t-il ? Sans doute,ce que nous voyons arriver tous les jours, c’est-à-dire qu'il passera les cinq ou six années à l’étudier sans la bien entendre, loin de la savoir bien parler. Mais d’où vient cette différence, si ce n'est qu'en un lieu il parle toujours cette langue, et qu’en l’autre il ne la parle presque jamais ?
Tout ce qu’on pourrait objecter à cela, c’est qu'aujourd'hui on n’apprend plus le latin pour le parler, mais seulement comme une gymnastique pour l'esprit.
Les autres auteurs classiques mis entre les mains des élèves étaient tous annotés ou composés par des Jésuites. Les ouvrages qu'ils composèrent ainsi pour alimenter leur enseignement sont innnombrables. « Il semble, dit à ce propos G. Hermant, que l'Imprimerie n'ait été ajoutée aux autres arts, que pour publier les productions de la Société ; ils accablent leurs élèves d'ouvrages de leur façon, qu'ils composent beaucoup plus dans le dessein de se former un style et d'apprendre des choses qu'ils avaient ignorées jusque-là, que dans la pensée d'être utiles aux autres : de là ces traités d’Enigmes, de Devises et d’'Emblèmes et toutes leurs Rhétoriques ; et que mettent-ils encore dans leurs ouvrages ? Compilateurs ou abréviateurs, les Jésuites sont des frelons qui font plus de bruit que les abeilles, du travail desquelles ils se nourrissent » |.