‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 178 sur 236 · Programme du collège du Puygarreau. (Arch. Dép., D · texte numérisé non relu

Programme du collège du Puygarreau. (Arch. Dép., D

9, Gaudin Jean, né en 4617 dans le Poitou, entra dans la Société en 1633 ; il donna 24 années de sa vie à l’enseignement et fut encore longtemps préfet des études à Limoges. Il passa vers 1678 à Tulle, et de là il vint à Paris en 1689. Ses ouvrages lui ont acquis la réputation d’un profoud grammairien.

3. Rudimenta Despauterii. Venundatur Pictavis per honestum virum facobum Bouchet. MDXXIIL, in-4. 11 en existe encore une édition sous ce titre. Poitiers, 1781, in-12.

4. Cela est d'autant plus étonnant dans un collège aussi important, que Jouvency, dans son plan d’études, met le grec au-dessus du latin : linguarum

La bibliothèque du Lycée conserve précieusement quelques ouvrages qui proviennent de l’ancienne bibliothèque des Jésuites, et qui peuvent nous donner une idée des sources dont s'inspiraient les Pères soit pour préparer leurs classes, soit pour se perfectionner dans l'étude de la religion et de l'antiquité. :

On y trouve d'abord la grande Bible de Sacy, en 2 vol. in-4 ; une Biblia sacra, en 4 vol. in-18, de 1705 ; un Liber Psalmorum, de 14697, 1 vol. in-48, qui sort de chez Léonard à Paris ; un petit volume in-12, de 1653, ayant pour titre Historia et concordia evangelica, de chez Savreux. Parmi les livres de prière, le Breviarium romanum, pars æstiva, 1 vol. in-18, de 1648.

Quelques livres rares et curieux sont relatifs à l'Ecriture sainte et à la théologie, à la liturgie, aux Pères de l'Eglise, aux conférenciers et aux sermonnaires. Dans cette série nous mentionnerons : la Z'heologie morale ou Resolution des cas de conscience (Paris, 1103) ; les ÆAesolutions de plusieurs cas de conscience, par de Sainte-Beuve (Paris, 4715) ; le Dichionnaire des cas de conscience, par de Lamet et Fromageau (Bâle, 1744) ; un autre Dictionnaire des cas de conscience, par Jean Poutas (Paris, 1722) ; Instituliones theologicæ ad usum Seminarium, par Gaspard Juenin (Paris, 1700) ; Institutiones theologicæ (Poitiers, 1753); Jnstituliones Catholicæ in modum Catecheseos, traduction du français en latin, par Pouget (Paris, 1725) ; Conférences ecclésiastiques de Duguet (Cologne, 1742) ; Conférences ecclésiastiques sur le Décalogue du P. Le Semellier (Bruxelles, 1759) ; Œuvres théologiques et morales de Nicole (Paris, 1730) ; Sermons de Bourdaloue (Paris, 1709) ; Ancienne et Nouvelle discipline de l'Eglise touchant les Benefices, par le P. Louis Thomassin, de l'Oratoire (Paris, 1679); S. Cypriant Opera, recognita el illustrata a Joanne Fello,; Oxoniensi Episcopo (Oxonii, 1700).

Dans le même ordre, on peut citer surtout : le Pentateuchus,

cognilio necessaria, præserlim græcæ, et que cette langue fut cultivée ailleurs ‘avec plus de succès. « Les noms de Viger, de Jouvency, de René Rapin, de Brumoy, dit M. Egger, marquent une tradition de zèle pour les études grecques qui honore singulièrement la Compagnie de Jésus ». (De l’Hellénisme en France). :

sive Commentarius in quinque libros Moysis, de Jansénius (Paris, 1661), et le Tetrateuchus, sive Commentarius in sancta Jesu Christi evangelica, &u même auteur (Lyon, 1698).

On trouve, côté de l’histoire ecclésiastique : Æistoire du Concile de Trente de Fra Paolo Sarpi, traduction par M. Amelot de la Houssaie (Amsterdam, 1699) ; Historia Pelagiana, par Henri de Noris(Padoue, 4709); Historiæ Congregañionum de Auxilis divinæ gratiæ libri quinque, par Jacob Hyacinthe Serry (Anvers, 1709) ; Memoires pour servir à l’histoire ecclesiastique des six premiers siecles, par le sieur D. T. (Paris, 1693) ; Histoire ecclésiastique, par l'abbé Fleury (Paris, 1722) ; Les Vies des Saints, par Adrien Baillet (Paris, 4704).

Côté de la langue et de la littérature grecques : Demosthenis et Æschinis Opera (Francfort, 1604) ; Æuripidis tragædiæ (Ed. Josué Barnès, 1694) : une des meilleures éditions d’Euripide et qui est aujourd'hui introuvable ; Pausaniæ Græciæ descriptio, græce et latine (1696); Atheneus et Casaubonianimadversiones (Leipsick, 1600) ; Aristotelis organum (Genève, 1605) ; Isocrates Wolf (1602) ; Claudii Æliani de Animalium natura (Genève, 1611) ; Zôyôx Suidas græte (Bâle, 1594); Thesaurus græcæ linquæ ab Henrico Stephano constructus (Ed. Hase, 1572).

Côté de la langue et-de la littérature latines : Litteræ provincales de morali et politica Jesuilarum disciplina Ludovici Montaltii (Cologne, 1655) ; Martyrologium romanum (Anvers,

1613); Ærasmi Adagiorum chiliades (Lyon, 1599) ; Vossi Etymologicon linguæ latinæ (Lyon, 1664); Ambrosiü Calepini diclionarium octolingue (Lyon, 1632) ; (rand Dictionnaire françois et latin, par l'abbé Danet (Lyon, 1724) ; Dictionarium novum latino-gallicum (Paris, 1752) ; L bliotheca Rhetorum præcepta et exempla complecitens, par Le Jay, jésuite (Paris, 1725).

Côté de la littérature française : (Æuvres de Boileau * Despréaux (Paris, 1747) ; La Henriade, de Voltaire (Amsterdam, 1752).

Presque tous ces livres portent, à l'intérieur, l’annotation manuscrite suivante : Collegü pictaviensis Socielatis Jesu Catalogo adscriptus.

I. Ouverture des classes. Les Lucalia ou fêtes de rentrée. Examens de passage. — La messe du matin. Les drapeaux des classes. Les servants de rhétorique : Le Domine salvum fac Regem.

II. La durée des classes. Courte prière avant chaque classe. — La leçon de catéchisme. La fréquentation des sacrements. Les billets de confession. — Les compositions. Les récapitulations ou semainées. L’orator trimestris. :

III. Luttes hebdomadaires ou exercices classiques. Les Romains et les Carthaginois. L'Imperator. Sentiment d’un élève des Jésuites à ce sujet. — Diffrence entre l’enseignement universitaire des collèges de Poitiers et l’enseignement des Jésuites de Sainte-Marthe.

IV. Les exercices littéraires ou disputes publiques. Les Affiches. — Les exercices académiques, véritables joutes oratoires. Matière de quelquesuns de ces exercices.

V. Thèses des Petits Chevaliers. Lettres de bachelier ès arts. — Actes généraux et.particuliers des écoliers “le physique. Visites des répondants. Distribution de thèses illustrées. La dédicace. — Riche exemplaire de thèse imprimé sur pièce de soie (1695). — Soutenance annoncée par la cloche de l'Université. La salle des Exercices. Le Président. Le Mécène. — Argumentateurs contre soutenants. Les tentateurs. — Cérémonie religieuse à Saint-Hilaire. Première lecon des récipiendaires. Lettres de maître ès arts.

VI. Ouverture des vacances. Distribution des prix. Origine de cette cérémonie. Fondation des Prix solennels. — Choix des livres. Le prix de discours latin. Prix divers. Le prix d'excellence.

VII. Privation totale de sorties pour les internes. Congés fréquents des externes. Grandes vacances. Congé trimestriel du recteur de l’Université. Supplique du logicien Piorry. — Les promenades : la maison de .campagne. Les récréations. Les jeux. Les exercices physiques. Les récompenses : les fauteuils, les croix.

L'ouverture des classes du collège de Poitiers se faisait ordinairement le lendemain du jour des Morts (2 novembre); quelquefois cependant elle eut lieu le 18 octobre, jour de Saint-Luc. De là le nom de ZLucalia! donné aux fêtes de rentrée dont nos Jésuites étaient très coutumiers : idée

1. Néologisme heureux, qui rappelle les Zupercalia, les Saturnalia.

fort ingénieuse, reprise récemment par un de nos meilleurs éducateurs, M. Lavisse, et heureusement mise en pratique dans un grand nombre de nos lycées.

Ce jour-là’, après-midi, le préfet du collège faisait publiquement la nomination des écoliers qui, conformément au résultat de l'examen subi avant l'ouverture des vacances ?, étaient désignés pour monter à une classe supérieure. La proclamation des écoliers était suivie d’un discours latin que prononçait le professeur de rhétorique, ou le préfet des classes® .

Le lendemain, les régents de seconde, de troisième, de quatrième et de cinquième, les deux derniers le matin, les deux premiers l'après-midi, lisaient chacun dans leur classe un discours latin, dont ils devaient afficher le sujet à la porte du collège ‘. Après quoi l'on procédait.à l'examen des élèves nouveaux. Ceux-ci faisaient une composition que corrigeaient le préfet des études, le professeur de rhétorique,et les régents de seconde et de troisième. Ils étaient mis ensuite dans les classes dont ils avaient été jugés capables à Ja pluralité des suffrages; en cas de partage d'opinion, le préfet avait la prépondérance 5.

Tous les jours, avant la classe, les écoliers de philosophie, de rhétorique et des humanités assistaient, ainsi que leurs’ professeurs et régents, à la messe du collège, généralement dite par le recteur. Le préfet se trouvait dans l’église et veillait à ce que les écoliers y entrassent avec modestie. Chaque classe occupait la place qui lui avait été assignée, et tous devaient se comporter avec le respect qui est dû aux saints mystères ©.

Les écoliers de théologie avaient toujours été dispensés

41. Archives Départementales, D. 195. — Règlements faits par l'Université en exécution des arrêts des 2 mars et 3 septembre 1762, et dans lesquels, à côté des prescriptions nouvelles, sont indiqués les usages anciens que l’on conservait.

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