Règlements, art. XIV
d'assister à cette messe. D'habitude ils étaient en classe lorsqu'elle se célébrait. Comme la théologie traite des matières de religion, le règlement des Jésuites n over point aux professeurs de cette science la même loi qu'aux autres professeurs et régents.
A l’église, tous les écoliers se tenaient à genoux sur le pavé, sans aucun appui, aux moments el pendant le temps prescrits. Les professeurs et régents, à côté d’eux, faisaient comme eux, et donnaient l'exemple de la piété.
Dans les grandes occasions, aux jours de fête, le drapeau de chaque classe attaché au mur de l'église flottait en avant du premier rang. Ces drapeaux, en taffetas, et aussi grands que ceux des régiments d'infanterie, offraient des couleurs variées et des dispositions différentes, quant à la croix du milieu et aux quartiers qui l'accompagnaient. La sixième et
la cinquième avaient le bleu, le jaune et le blanc; la quatrième, le vert foncé, le blanc et l’amaranthe; la troisième et la rhéthorique, le blanc, le rose et le vert clair. Cette institution des drapeaux et les drapeaux eux-mêmes se conservèrent longtemps encore après le départ des Jésuites f.
Les élèves des cinq classes de latin et ceux de philosophie se distribuaient par groupes de chaque côté de la nef : les théologiens, ces jours-là, se rangeaient autour de la balustrade du sanctuaire. C’étaient les deux élèves occupant les deux premières places de rhétorique qui servaient la messe, et, chaque samedi, on avait bien soin de regarder quel était celui qui tournait le livre en qualité de second, parce que la sonnette et les burettes appartenaient de droit au premier. A la fin de la messe, un des théologiens entonnait le Domine salvum fac Regem, que tout le monde chantait à grand chœur. Pendant ce temps-là, le portier venait ouvrir la porte extérieure de l’église, par laquelle sortait la foule entière des externes, sans repasser dans la cour.
4. Cf. De La Liborlière, Souvenirs de l’ancienne Université de Poitiers.
La durée des classes était communément de deux heures. La première avait lieu le matin de 7 heures à 9 heures, ou de 8 à 10, selon la saison; l’autre, l'après-midi, de 2 heures à 4 heures, ou de 3 à 5‘. Seules les classes de théologie et même de philosophie ne duraient qu’une heure et demie: les professeurs dictaient le matin et le soir pendant une demiheure, expliquaient une demi-heure, et faisaient argumenter le reste du temps. Mais toutes les classes sortaient ensemble ?.
Avant chaque classe, le maître et les écoliers récitaient en commun une courte prière : c'était,en sixième etencinquième, un verset des Proverbes de Salomon, des Maximes de la Sagesse, et autres extraits de l'Ecriture sainte, imprimés ensemble pour cet usage dans un petit livre désigné sous le nom générique de Maximes. En quatrième, en troisième et en rhétorique, on disait un verset de l'Evangile du dimanche suivant: prière qui dut être interrompue bien des fois par la turbulence des élèves. Même dans ce cas les Jésuites se montraient indulgents. Le professeur ne faisait d’ailleurs que se conformer aux instructions de Loyola, qui avait dit : « Si cette prière ne devait pas se faire avec attention et piété, il faudrait l’omettre ; alors le professeur se contenterait de faire le signe de la
croix, et commencerait ainsi la classe pe
Tous les samedis, pendant le dernier quart d’heure de la classe du soir, les professeurs de logique et de physique, et
1. Archives Départementales, D. 23. Jugement du tribunal de police, etc.