Id
k. Cf. Crétineau-Joly, op. cit., ch. VI. — R. de Scorraille, Les Distributions de prix dans les Collèges (dans les Etudes religieuses, VIe série, t. IV, an. 1879, p. 277-278).
Au collège royal de Poitiers la distribution des prix n'eut pas lieu d’abord chaque année, mais tous les deux ans !. Nous verrons bientôt qu'en 1687, l’intendant de Poitiers promit de donner des prix annuels aux écoliers. La municipalité, ne voulant pas rester en arrière, fit, en 4738, une fondation dite des Prix solennels : fondation qui fut célébrée le 28 janvier suivant par un discours du P. Fouscher, professeur de rhétorique du collège ?. Enfin, le 25 juin 1742, un arrêt du Conseil du roi chargea la ville de payer aux Jésuites chaque année 160 livres pour les frais de distribution de prix: cet argent devait être prélevé sur les deniers d'octroi ÿ.
Le choix des ouvrages était fait par les Jésuites.Ces religieux, d’une façon générale, furent encore les premiers à donner des livres comme récompense. C'était ou une Rhétorique d’Aristote, ou une Vie de Plutarque, ou un traité de Sénèque, ou encore un Ovide bien expurgé: plaisants livres de lecture pour égayer des enfants en vacances! Auparavant, le président remettait à chaque lauréat un bonnet d’étudiant,ou simplement une couronne de laurier, gage précieux de la victoire.
Le prix réputé le plus beau était le prix de discours latin ou d'éloquence : latinæorationis solutæ præmium.Chez les Jésuites, en effet, le latin envahissait tout, envahit tout, peut-on dire, encore aujourd’hui. L'élève passe d'une version latine à un thème latin; d'un discours latin à une composition en vers latins. Le programme du baccalauréat a vainement supprimé ces deux dernières «inutilités » ennuyeuses, les Pères les ont maintenues en bonne et belle place. Pour eux le discours latin continue à être la pierre de touche des intelligences. Il n'y a rien au-dessus du « fort en thème » que le fort en discours ou en vers latins.
1. La règle n’exigeait pas une distribution annuelle. « Præmia distribui
* publice poterunt semel quotannis », lit-on dans le Ratio studiorum, Reg.
Rect. 44. De plus, comme il était interdit que le collège fit les frais de ces
solennités (Congr. 4r, décret CXXIII), il fallait bien attendre que des dons suffisants eussent assuré des prix assez nombreux et assez beaux.
2. De Municipali Solemnium præmiorum Fundatione in Regio Pictaviensi Collegio Societ. Jesu, oratio habita, etc., Januarii 28 anno 1739, «a Joanne Ignatio FOUSCHER, ejusdem Soc. Sacerdote. PICTAVII, APUD LUDOVICUM GILLET.