INTRODUCTION XLV
je me suis promené par les ruës, j'ay trouvé nombre de belles églises ', entre lesquelles et la premiere je compte celle de Sainct-Pierre. Aussi est-elle l’episcopale et la cathedrale, comme il appartient... ».
À ces témoignages reconnaissants d’un ancien élève de l’Université de Poitiers viennentse Joindre, quelque temps plus tard, ceux non moins flatteurs de quelques étrangers de renom. En 1605, Mérula faisait honneur à la capitale du Poitou « de ses studieuses habitudes et de ce vif amour pour les sciences et Les lettres qui, grâce à Dieu, ne s’y est pas encore éteint ». En 1606*, Pontanus disait : « Là s'exerce une jeunesse studieuse, là se forment les orateurs qui bientôt prêteront aux plaideurs le secours de leur éloquence * ». Enfin, en 1619, Davity faisait ainsi l'éloge des habitants de Poitiers : « Je ne puis omettre que les Poitevins sont d’un gentil esprit. qu'ils gaussent de bonne grâce et rencontrent fort à propos ».
La grande majorité des étudiants, les Bretons surtout, étaient, en effet, très laborieux. Bien rares étaient ceux qui s’en retournaient au pays sans avoir soutenu publiquement et avec succès les exercices de la licence, « à la grande satisfaction de leurs parens et des docteurs poitevins ». Nous savons que le Parlement de Rennes faisait
1. En effet, ce qui surprend d’abord à Poitiers, «cette médine des Gaules », c’est l'aspect religieux, l'apparence d’une vie claustrale. On ne peut faire un pas sans trouver, jaillissant du Sol comme par enchantement, une église, une vieille chapelle, des couvents ou des communautés. Le moyen âge se trahit partout, dans les rues étroites et tortueuses, dans leS maisons de bois, les monuments écussonnés, les ruines éparses, etc.