XLIV INTRODUCTION
pas si bons et y sont plus chers, comme tousles intéressés en demeurent d'accord ».
Aïlleurs il dit encore pour expliquer le choix qu'il avait fait de l'Université de Poitiers pour continuer ses études, qu'il savait quelà se rencontraient d'habiles maitres !, que le droit et la théologie y étaient en honneur, « beaucoup meilleurs mesme ; que ceste ville estoit fort estimée pour les grandes escoles et pour le palais, le premier des presidiaux ressortissant du grand parlement de Paris, et qu’enfin il s'y pouvoit également perfectionner dans la philosophie ». D'ailleurs le Parlement de Paris, transféré à Tours par le roi, allait, disait-on, être installé définitivement dans la capitale du Poitou. Là viendraient se réfugier en même temps une foule de régents et gens de lettres fuyant devant la guerre civile qui désolait le séjour des rois.
La ville elle-même est attirante. Il communique à «son plus fidel amys » l'impression qu’il a ressentie en la parcourant, dans une lettre qui débute ainsi :
« Vous estes le premier à qui je donne advis de mon arrivée en ceste grande ville de Poictiers, que pour la grandeur l’on pourroit comparer à Paris, si elle estoit peuplée à l'egal*, dans laquelle, trois et quatre jours que
1. En 1559, le théologal chargé, à Angoulême, de réorganiser le collège qui était « tout ruyné cet presque à terre », offrit de réussir, disant qu'il enverrait € à Paris et à Poicliers querir des regens doctes et Sçavans ». Effectivement, dans un voyage qu’il fit dans cette dernière ville, il en engagea « trois fort doctes ct capables », qui arrivèrent à Angoulême vers le 20 janvier 4560. IS y, firent merveille. En 1527, les seules écoles existantes à Angoulême étaient tenues par un maître régent poilevin, du nom de Simon Poirricr. — Cf. Boissonnade, Histoire du Collège et du Lycée d'Angoulême (1895).
2. Charles-Quint avait de Poitiers une idée moins favorable, quand il appelait « le plus beau village qu'il eût vu»: et le landgrave de Hesse, qui la visita en 1602, a consigné dans son journal le souvenir de la saleté de ses rues et de la laideur de ses maisons. — Cf. Ouvré, La Ligue à Poitiers. Pour l’académicien Sandeau, Poitiers n’est qu'un « tombeau » dont on doit se hâter de sortir, — Cf. Mile de la Sciglière. -