‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 32 sur 236 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

bién plus de cas de ses jeunes légistes qui avaient suivi les cours de Poitiers; il les admettait plus volontiers aux charges, etse plaisait même quelquefois, en les y recevant, à leur donner « l’éloge d’honneur »'.

L'émulation était soutenue par des disputes publiques où fréquemment s’agitaient des plus intéressantes questions sur les matières de l’enseignement. Là encore les Bretons, gens d’assez vive tète, dit l'histoire, se montraient les plus assidus. C'était aux grandes Ecoles, dont le localenvahissait tout le rez-de-chaussée de l’Hôtel-de-Ville, que se tenaient ces doctes et solennelles assemblées. On y entrait par une grande porte pratiquée sur la rue actuelle, qui en conserve le nom. Une salle immense, qui, toute seule et comparée à celles des autres Universités, aurait fait « juger à l’advantage de Poitiers », servait, à heures et jours différents, aux lecons de « Messieurs les Docteurs ». On y trouvait » grande quantité d’ais et de bancs en forme de pulpitres, ensuite les uns des autres ».

Mais sila plupart de ces jeunes gens étaient studieux et faisaient honneur à leurs professeurs, il faut bien reconnaître qu'il y en avait, à Poitiers, comme ailleurs, qui ne consacraient pas tout leur temps au travail. Pour quelquesuns, 1l était de mode alors {cette mode a vécu) d'ouvrir les Pandectes et les Institutes sous un maître de quelque illustration, et de s’en tenir là, revenant, après deux ou trois années, au logis paternel, sans autre recommandation que celle d’avoir fait son droit. D’autres, au lieu d'aller écouter aux grandes Ecoles les doctes émules « du grand Corrasius et de Monsieur Cujas », s’égaraient plus volontiers en parties gastronomiques dans les rochers de Passe-

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