XLVII INTRODUCTION
matamore le pourpoint, le court mantel, les chausses de pages qui formaient leur costume, de l’inévitable adjonction d’une longue épée, l’un des plus chers privilèges qu'eût reçus la jeunesse universitaire. La déplorable habitude des guerres civiles, qui depuis près de trente ans lui donnait, comme aux hommes plus mûrs, l'humeur belliqueuse, entretenait dans un certain nombre l'esprit querelleur. Les divisions naissaient aussi parmi eux des zizanies religieuses que Calvin était venu semer naguère à Poitiers. Cétaient là autant de causes d’un relâchement sensible dans: le succès des études, et ceux mêmes qui, plus faciles de caractère, fuyaient la foule des spadassins et des oisifs, passaient du moins une grande partie de leurs journées aux jeux de paume, alors fort nombreux dans cette ville» ?.
C’est de semblables habitudes, ou autres analogues, que, au rapport de Chassanée, provenaient les sobriquets caractéristiques qui, à la fin du xv° siècle, étaient appliqués aux éludiants des diverses facultés : les danseurs d'Orléans, les &rayards d'Angers, les crottés de Paris, les briqueurs de Pavie, les amoureux de Turin, les bons étudiants de Toulouse, les fleurs ou joueurs de paume de Poitiers *.
Enfin, vers la fin du xvi° siècle, Jacques de Hillerin, tout comme Rabelais, nous montre les étudiants de Poitiers s’égayant et banquetant sous les tonnelles de Ligugé