‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 50 sur 236 · LXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXII INTRODUCTION

Mais la grammaire d’Ebrard n'était pas la seule qui fut suivie à Poitiers. On avait introduit dans les écoles les Rudimenta grammatices, en prose, de Nicolas Perotti, archevèque de Siponte, qui avaient paru pour la première fois, à Rome, en 1473. « Bien qu'aucun exemplaire n’en soit parvenu jusqu'à nous, l'existence d’une édition sortie de la presse de Saint-Hilaire nous est révélée par des fragments que nous avons découverts dans la couverture d’un volume de poésies de Mantuanus, imprimé à Poitiers en 1497, où ils servaient de gardes” ».

En rhétorique, on se livrait à des exercices classiques, tels que discours, plaidoyers, dont un professeur du collège du Puygarreau nous a donné le modèle dans une pièce de ses ouvrages ”. Le sujet traité est de savoir lequel est préférable de la guerre où de la paix. Il y a trois orateurs. Deux soutiennent, chacun, une opinion contradictoire. Le troisième est un arbitre. Le premier fut J. Engaignus, dont le nom parait difficile à traduire en français. Le deuxième fut J. Pinaud; le troisième, Jacques Nau : tous trois poitevins.

Le même professeur avait publié un autre livre qu'il

“expliquait, sans doute, à ses élèves, soit en classe, soit en se promenant au milieu des plates-bandes du collège. Ce petit opuscule avait pour tilre: l'Image du vérilable Orateur *. C'est un dialogue en vers et en prose, où Apelle et un poète sont les interlocuteurs. Il est adressé

meur, sans lieu ni date d'impression, est très probablement sorti des presses de Poitiers. L'ouvrage avait eu déjà une édition : probablement celle dc Lyon : en 1483. Voy. Bulletin de la Société : Notice par M. Lecointre-Dupont, 4® trimestre, 1847 ; Claudin, 0p. cit. Ce dernier croit que l’édition de Poitiers est de 1487.

4. Claudin, op. cil. 3 2. Thomæ Bicartonis, Scoti, Andreapolilani, a Caschæa, miscellanea.

Pictavii, 1588. off. Boccheltorum, in-8. (Bibliothèque municipale d'Amiens). 3. Miscellanea, etc.

INTRODUCTION LXTI

à Jean Amilton, docteur en théologie, curé de Saint-Côme et de Saint-Damiens : il n’est pas dit en quelle ville.

Nous ne savons si l’on doit compter encore parmi les livres classiques usités dans les collèges des ouvrages tels que l’Ouvrage de Philelphe sur l'éducation des enfants, ou le poème sur l'éducation de la jeunesse’, de Bicarton, qui furent imprimés à Poitiers, ct qui, à défaut d'autre mérite, témoignent de la grande préoccupation des maîtres

à celte époque pour cette partie si essentielle de l’ensei- - gnement universitaire.

Les cours de philosophie étaient, comme nous l'avons dit, de deux ans. Si l’on remonte à l’origine, on trouve que les principaux des collèges, pour entretenir le bon ordre et pour avoir, lorsqu'ils enseignaient, un nombre suffisant d'auditeurs (on admettait alors, contrairement à ce qui se pratique de nos jours, un très grand nombre d'élèves dans chaque classe), convinrent entre eux, dans une congrégation générale tenue le 9 octobre 1488 au couvent des Fr. Prècheurs, qu’ils enseigneraient tour à tour Ja philosophie et les Morales d'Aristote; ce qui est bien à remarquer, et ce qui prouve que, dans ce grand nombre de collèges, il n’y avait qu'un cours de philosophie qui commençât chaque année’. En 1494, ils décidèrent mème que l’enseignement des vieux textes ne serait plus donné qu'à tour de rôle dans chaque collège. Le collège de Sainte-Marthe fut désigné pour commencer le premier ; celui de la Serenne terminerait la série en 1500°.

Philelphi de educatione liberorum opus saluberrimum. Poitiers, 1500,in-4. . Miscellanea, etc.

Archives départementales, D. 2. Mémoire pour la Faculté des arts.

,. Statuts de la Faculté des arts : 45e art. De Ordine el lurno lecture textus. Ethicorum noviter posilo. (Bulletins de la Soc. des Antiq. de l'Ouest, 4e trim.,

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