LXIV INTRODUCTION
Tous ces collèges, et en particulier ceux du Puygarreau et de Sainte-Marthe, eurent toujours de bons professeurs. Quelques-uns même se sont fait une réputation qui les a sauvés de l'oubli. Parmi eux Julien Tortereau, d'origine angevine, « dont la science défie toute celle des Hébreux, des Grecs et des Romains! », s’acquit une grande gloire dans toute la province du Poitou. D'abord élève de l’Université de Poitiers, il devint professeur au collège du Puygarreau et plus tard principal. C'était, dit le poète Jean Bouchet, qu'il eut la gloire de compter parmi ses élèves vers 1490, un « grand confesseur et prédicateur célèbre, d’un désintéressement tout à fait chrétien et d’une réputation de doctrine presque universelle? ». C'était en même lemps un maître habile, aussi attentif à former le cœur que l'esprit de ses élèves. On comprend alors pourquoi l'ouvrage de Philelphe sur l'éducation des enfants lui fut dédié par ses amis et ses admirateurs comme à un « homme très lettré, très pieux et doué de toutes sortes de vertus » : Juliano Trolerello viro litteratissimo ac religiossisimo virlulum omni yenere cumulatissimo. |
Tortereau fut encore le précepteur de Julien Pié ou Piet, de Mézières en Berry, lequel dans ses poésies publiées à Poitiers en 1509° (8 ans environ après la mort du maitre), lui consacra un souvenir parmi les hommes célèbres à Poitiers par leur science.
His fluvialis olor resonabat Julius oris Troterelus, placide Turturis exta gerens,
Gui fons Pierius similem vix protulit unquam, Seu daret argutis tela tremenda locis,
Seu sacram impleret lepidis sérmonibus edem Et caneret Trini mystica facta Dei.
. 4. Epitre dédicatoire de l'éditeur Calixte Florent, son compatriote. 2. Bouchet, Recueil des épitaphes de diverses personnes. 3. Chez Mesnage.