‹ Les Jésuites à PoitiersChapitre 86 sur 236 · Id · texte numérisé non relu

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l'avenir — un avenir très prochain sans doute — qu'une ressource immédiate et présente.

Mais d’autres fonds ou perçus ou irrévocablement promis permirent aux Pères de la Compagnie de ne pas retarder d’un seul jour leurs projets d'agrandissement et de réparations.

Les bâtiments du collège de Sainte-Marthe étaient (ils ne cessaient de le répéter) en très mauvais état; de plus, ils étaient insuffisants pour les loger eux et leurs élèves qui, déjà, s’annonçaient nombreux des divers endroits de la province et même des provinces voisines. Il y avait bien, à la vérité, un procès-verbal de visite, daté du 24 novembre 1604, par conséquent encore récent, et dressé à la requête des officiers municipaux, lequel constatait qu'il y avait à Sainte-Marthe plus d'appartements en bon état qu'il n’en fallait pour loger un préfet et les quatre régents que la Société devait fournir suivant les conventions. Mais, outre que les conventions génaient peu les Jésuites, ce qu'ils voulaient, eux, et cela, dès le premier jour, c'était un grand et beau collège, pouvant loger jusqu'à 60 ou 80 religieux, un collège complet, avec ses cloitres, ses salles d’études et de classes, ses réfectoires, son église, tel enfin qu’ils le réalisèrent et que nous le voyons encore aujourd'hui.

Pour parvenir à leur but, ils firent d'abord, grâce aux deniers déjà reçus, quelques acquisitions de maisons particulières qui, enserrant le collège de Sainte-Marthe, entravaient considérablement leurs projets d'extension. Le Corps de Ville et des particuliers en firent beaucoup d'autres pour eux ; enfin il y eut des donations directes.

La première de ces acquisitions, et non la moindre, que l'on trouve mentionnée tant dans les registres des Jésuites que dans les papiers des Archives Départementales (D. 21 et 31), est celle de la maison de François Herbert, écuyer, sieur de Bellefonds,et de damoiselle Jeanne Baron, sa femme, contiguë au collège de Sainte-Marthe.

Gette importante maison, « consistant en maison, fondis, mäsures, Cours, Courtillages, puits, entrées, issues, etables, ecuries, granges, fenils, jardins, chaumieres, clotures et autres appartenances quelconques ; confrontant d'une part à la rue par laquelle l’on va du Marché-Vieil à la Celle, d'autre

et tout le long à la chapelle ou aumosnerie des Charlets ?, d'autre au college de Sainte-Marthe où à present sont logés les Peres Jesuites, d'autre à la maison et jardin de M. Izaac Veyron, procureur, d'autre aux jardins de M. René Chené, tresorier de France, d'autre aux maisons des bouchers de la rue de Paille, et d'autre au cimetiere de l’eglise de la Celle », avait sa façade sur la rue du Collège, un peu au-dessous où est présentement la grande porte cochère qui donne entrée dans la cour d'honneur du Lycée.

L'acte de vente est du 1° avril 14606. Il fut passé par devant M° Busseau, notaire à Poitiers, au prix de 8.000 livres payées comptant par MM. Pierre de Brilhac, maire, Brochard et Dreux, écuyers, juges magistrats du Présidial de Poitiers, à l’aide des deniers que différentes personnes de la ville avaient donnés pour cela. &

Parle même contract, le P. de Moussy, supérieur des Jésuites, déclarait que cette somme devait entrer en compte sur ce que la ville avait. promis de donner pour la fondation du collège. La ville, dont les ressources étaient très limitées, ordonna une nouvelle collecte (30 octobre 1606), et fit fabriquer des meubles qu’elle envoya aux bons Pères (mars 1607).

Deux mois après (14 mai 1607), les ressources des Jésuites s’accroissaient par la concession libérale et pieuse de l’aumônerie de Sainte-Marthe avec toutes ses rentes et tous ses revenus”. L’aumônerie de Sainte-Marthe (primitivement de la porte Maingot) joignait du côté de l'occident la maison Herbert, etla chapelle de cette aumônerie s’étendait, du côté de l’orient, jusqu'à cette partie de l’emplacement de l’église actuelle où était naguère la chapelle du Sauveur, dans l’église même; et jusqu'à cette porte, aujourd'hui extérieure et murée, mais dont les fines moulures attestent suffisamment sa première destination, qui était de faire com-

4. C’était l’aumônerie laïque de Sainte-Marthe dont la fondation remontait à l’an 1218 et était attribuée aux prédécesseurs des Charlet, famille noble et originaire du Poitou, où elle a tenu un rang distingué. Le dernier qui posséda les biens de cette aumônerie fut messire François Charlet, seigneur des Garennes, d’Elby, de Tournoie, conseiller du roi et maître des requêtes ordidaires de son hôtel. (Archives Départementales. D. 204).

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