EN VENTE
J. DURIE & SON, OTTAWA; THE COPP-CLARK CO. TORONTO; BERNARD QUARITCH, LONDRES
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Srorion I., 1896. (28] Mémoires S, K, C.
IL—Les Jésuites au Canada—Le P. de Bonnécamps, dernier professeur d'hydrographie au collège de Québec, anant la conquête.
(1741-1759) Par M. L'ABBÉ AUausTE GossELin, docteur-ès-lettres, (Lu le 16 mai 1895)
Le 18 octobre 1700, MM. de Callières et de Champigny écrivaient de Québec au ministre de la marine,' à Paris :
“ Le sieur Jolliet qui enseignait l'hydrographie à Québec étant mort, et les Pères Jésuites s'offrant d'en tenir une classe,' nous supplions Sa Majesté de leur en faciliter les moyens en leur accordant les 400 livres dont le sieur Jollist jouissait, cette institution étant très utile au pays.” *
Jolliet avait été nommé professeur d'hydrographie le 30 avril 1697, à la place de Jean-Baptiste-Louis Franquelin, qui enseignait cette science depuis 1686. Franquelin recevait, lui aussi, do la cour 400 livres d'appointementst Avant lui, Martin Boutet, ‘“ professeur ez-mathématiques”; occupa longtemps cette chaire officielle d'hydrographie.
1 Le comte de Pontchartrain (1699-1715). :
2 Il s'agit d'une classe officielle, subventionnée par l'Etat ; car on enseignait déjà les mathématiques et l'hydrographie au collège de Québec. Nous lisons dans une lettre de Talon au rri, datée de Québec le 3 nov. 1671 : ‘“ Le frère donné, jésuite, excellent mathématicien, instruit la jeunesse.” On comptait, cette année-là (1671), au collège des jésuites, seize frères donnés, et parmi eux le F. Noël Juchereau, qui avait fait d'assez fortes études en France. Ii devint un infirmier célèbre, et fut appelé à soigner des malades, même en dehors de la communauté, surtout parmi les sauvages. Îl se noya accidentellement entre l'île d'Orléans et Québec, le 3 nov. 1672.
# Archives du ministère des colonies, à Paris.
+ Ecrivant au ministre, en 1687, il le remercie de l'emploi d'hydrographe qu'il lui a donné. Il représente qu'étant obligé d'avoir un logement qui lui coûte 100 écus par an, pour avoir un grand lieu où il puisse donner ses leçons, et n'ayant que 400 livres d'appointements, il aura peine à subsister ; mais cependant qu'il s'appliquera ‘de son mieux à l'instruction de ses escoliers ”.
# ( Le 29 janvier 1674, sur ce qui « été représenté au Conseil. . ., que la différence qui se trouve entre les bussoles et instrumens dont les arpenteurs se servent pour aligner et arpenter les habitations, produit diverses contestations entre les propriétaires des terres,.… le Conseil ordonne que les arpenteurs mettront dans la quingaine leurs bussoles et instrumens d'arpentage entre les mains de Martin Boutet, professeur ès-mathématiques, pour. être par lui esgallées ; et ce fait, que les dits arpenteurs poseront quatre burnes en la grande place de la basse ville de Québec, scavoir deux bornes sur le rhumb de vent nord-est et sud-ouest, et les deux autres sur celuy du sud et nord-ouest..., pour éviter les changements qui pourraient arriver à l'advenir par la variation de l'aymant.... Ordonne aussi ledit Conseil qu'il ne sera rescu aucun arpenteur à l’hdvenir qu'il n'ait au préalable fait conformer par ledit Boutet l'instrument dont il se prétendra servir, aux bussoles des autre“ arpenteurs...” (Jugements dus, Gpaseil Souverain &e fe Nouvelle-France, t. I, p. 788.)
On comprend l'importance de la science hydrographique à une époque
Où il n'était question que de voyages de découvertes et où l'arpentage de tout un continent était à faire, © France avait Pourvu à l'en. seignement de cette science au Canada : et aucun #rpenteur n'était nommé dans la colonie à Moins d'avoir un certificat du professeur d'hydrographie.: Martin Boutet Franquelin, Jolliet, voilà les premiers professeurs connus d'hydrographie au Cunada® C'est À leur école, sans doute, que s'étaient formés tant de nos jeunes Canadiens qui s'ilustrèrent dans des expéditions militaires et des Voyages de découvertes, C'est probablement chez Martin Boutet lui-même que Jolliet, l'immortel découvreur du Mississipi. avait puisé les Connaissances hydrographiques qui lui permirent de lever la carte des endroits qu'il parcourut en compagnie du P, Marquette, Franquelin et Jolliet ne donnaient Pas seulement à leurs élèves la théorie de l'enseignement, ils avaient des œuvres à leur montrer. Dans l'automne de 1685, M. de Denonville transmet au ministre de la marine une ‘‘carte du bas du fleuve dessinée par Jolliet.”5 Trois ans plus tard, Franquelin se rend lui-même en France avec une carte qu'il a préparée, “M. Franquelin, notre mathématicien, va à la cour, écrit l'abbé Chabaud ; il emporte une carte considérable que vous Pourrez voir chez M. de Seignelay.” Et c'est sans doute Jolliet qui, de son côté, Drépara la carte endant Champigny envoya en France le 21 septembre
| Edits et Ordo * Martin B À 15, Sa maison était sur la rue Sainte- M. le docteur Vallée, C'est proba.
blement là qu sses d'hydrographie, Il était or ntes, Une de ses filles, née à Xuintes, se fit religieuse devint ‘la mère Marie Boutet de Saiat-Augustin ”, ec, t. IT, p. 53, nstruit et très estimé. Outre sa profession d'arpenteur, il ons de “ec ul ébec ”, ou ‘‘ clerc de une place, ou Gauchet, veuve de Jean Dupont, ‘* gou.
Verneur de la ville de Vervins ”, mère de Nicolas Dupont, qui devint conseiller au Conseil Supérieur en 1670,
Dans un procès-verbal d’arpentage, en date du 17 août 1651, il a pour ‘“ porte. chaîne ” Marin Boucher, oncle de Pierre Boucher, qui fut gouverneur des Trois- Rivières. Dans un autre arpentage (5 juillet 1665), celui du ‘ fief du cap Diamant ”, &pPartenant à la fabrique, re, Charles Philippeau, armurier, François Blondeau et Pie roissiales de N,-D, de Québec.)
* Il est probable que J ur de M. le gouverneur ” (Relations des Jésuites, 1647, p, 36), » et auquel les jésuites offrirent Pour ‘‘estraines ”, le jer te de Galilée où il Y avait une boussole ” (Journal des p. 25), l'auteur d’une des premières Cartes connues du Canada, k au moins avant sa
5 Rapport sur les Archires qu Canada, p. xLv