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[aossu1x | LE P, DE BONNÉCAMPS 27
1692. Tous ces travaux, encore bien imparfaits, furent utilisés par Belin, lorsqu'il dressa les magnifiques cartes destinées à accompagner le grand ouvrage de Charlevoix sur la Nouvelle-Finnce.!
Ce fut Franquelin qui fut nommé de nouveau professeur d'hydrographie pour remplacer Jolliet; raais comme il était en France et ne paraissait pas vouloir revenir en Canada, le gouverneur et l'intendant écrivirent de nouveau en faveur des jésuites," et finirent par leur obtenir la chaire officielle d'hydrographie, qu'ils occupèrent jusqu'à la conquête En 1744, nous y trouvons installé le P. de Bonnécamps qui fait l'objet de
cette étude,
1e 29 octobre de cette année, l'intendant Hocquart écrivait de Québec au ministre de la marine‘:
‘ Le sieur Bonecan, professeur d'hydrographie, m'a représenté qu'il n'avait pu jusques à présent faire aucune observation astronomique, faute d'instruments nécessaires. 11 aurait besoin d'une pendule à secondes et d’une lunette montée sur un quart de cercle. Il m'a prié de m'intéresser auprès de vous, monseigneur, pour avoir ces instruments.
“ On peut pratiquer au collège de Québec un lieu commode sur le toit pour faire ces observations : il n’en coûtera pas plus de mille à douze
1 Rapport sur les Archives du Canada, p. 1viii.
* Belin publia dans les Mémoires de Trévoux (oct. et nov. 1743) des ‘‘ Remarques sur les cartes et plans qu'il a été chargé de dresser pour joindre à l'Aistotre générale de la Nouvelle-France, par le P. Charlevoix, de la Compagnie de Jésus, et au journal de son voyage dans cette partie du monde."
3 ‘ Le sieur Franquelin, à qui Sa Majesté a accordé la place de maître d'hydrographie vacante par la mort du sieur Jolliet, ne dait pas venir cette année en ce pays, quoiqu'il en ait reçu les appointements, Comme les Pères Jésuites ont con: tinué cette école à Québec depuis la mort dudit sieur Jolliet, et qu'ils en tenaient même une à Montréal dans l'espérance qu'ils pourraient avoir cette place, nous croyons, monseigneur, qu'il y aurait de la justice qu’ils en reçussent les appointements pendant une année qu'ils ont enseigné...” (Lettre de MM. de Callières et de Champigny au ministre, 5 oct. 1701. Manusctits relatifs à l'histoire de la Nouvelle-France, à la bibliothèque du Parlement d'Ottawa.)
* Voici les noms de quelques-uns des titulaires de cette chaire, d'après les archives du collège Sainte-Marie de Montréal : 1709, P. Chauchétière ; 1712-1719, P. LeBrun ; 1721, P. de Lauzon ; 1728, P. Guignas ; 1727-1732, P. Deslandes. (Notes du R. P. Jones, archiviste, à l'auteur.)
5 Il arriva à Québec en 172%, et fut d'abord commissaire-ordonnateur, faisant aussi les fonctions d’intendant. Il n'eut le titre d’intendant qu’en 1731, et remplit cette charge jusqu'en 1748. 11 demanda, en 1735, un congé d’un an pour passer en France, afin d'y rétablir sa santé, Ayant obtenu ce congé, il alla dans l'automne de 1736 voir son pays natal et revint au Canada en 1737. (Rapport sur les Archives du Canada.) En 1755, il commandait l’Alcide, l'un des deux vaisseaux français qui furent pris, sur les bancs de Terreneuve, par l'amiral Boscawen. (Histoire du Canada, Garneau, t. II, p. 215.)
Il y a dans les Mémoires de Trévoux (nov. 1742), une Notice généalogique sur les familles Hocart et Champflour.
5 Le comte de Maurepas.
28 SOCIÉTÉ ROYALE pu CANADA
cents francs ; mais je n'en ferai point Ja dépense que vous ne l'ayez approuvée, ;
“ Depuis que le P. de Bonecan est au Canada, il s'est beaucoup porfectionné dans les con ématiques, et il est dans le dessein de se rendre util À l'avancement des hautes sciences,"
Quatre ans plus tard, le P, de Bonnécamps ! n'avait Pas encore reçu ce qu'il avait demandé, ou du moins tout ce qu'il avait demandé, car le nouvel intendant, François Bigot écrivait à son tour nu ministre de la marine * :
“ Le P. Bonnecan, jésuite, professeur de Mathématiques, m'a représenté qu'il avait besoin, Pour l'instruction des jeunes gens qui s'adonnent à la navigation, d'une pendule à secondes, d'une lunette d'observation, d'un Quart de cercle de trois pieds de rayon &arni d’une lunette au lieu de pinnules, et d'une pierre d'ayman, attendu que celle qu'il a est très faible.
“Je vous prie, Monseigneur, d'avoir la bonté d'ordonner qu’on nous les envoie conformément à l'état ci-joint 4,"
Il est évident Par la lecture de ces lettres, tout à fait inédites , que le nouveau professeur d'hydrographie à Québec voulait donner à son ensei- &nement un regain d'intérêt et d'actualité, 1] s'occupait tout spécialement des jeunes gens qui s'adonnaient à Ja navigation et se destinaient à la Carrière de la marine ou des armes, Il demandait à grands cris de meilleurs instruments astronomiques que ceux qu'il possédait, Il voulait suivre le Mouvement de la science : il voulait établir sur le toit du collège de Québec un observatoire, afin d'y faire, au profit de la science, ces observations astronomiques et météorologiques qui étaient alors si en voguo en France, on peut dire dans le monde entiér'.
1 C'est ainsi qu’il signait son nom. Voir plus loin sa signature, telle qu'elle se trouve au bas de sa Relation de voyage, aux archives du ministère des colonies,
? Il fut d'abord Commissaire-ordonnateur à Louisbourg, en 1744, En 1746, il était intendant de l'escadre du duc: d’Anville, En 1748, il succéda à M. Hocquart comme intendant du Canada ; ‘‘et le roi, dit M. Garneau, étendit sa juridiction sur toute la
Nouvelle-France, la Louisiane comprise.” (Histoire du Canada, t. IL, p. 187.) # M. Rouillé,
‘“Estat des ustensiles de mathématiques demandés par le P. Bonnecan, professeur, savoir :
‘ Une pendule à secondes ;
‘“ Une lunette d'observation :
‘Un quart de cercle de trois pieds de rayOn, garni d'une lunette au lieu de pinnules ;
‘ Une pierre d'ayman." 9 oct. 1748.)
$ Elles ont été copiées, colonies, à Paris, ainsi À v Rivière fait en 1749 sous les "et plusieurs autres documents
avait pas moins de quatre-vingt-douze collèges en France, et à Presque tous ces collèges était attaché un observatoire. Les jésuites
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[aosseuix] LE P. DE BONNÉCAMPS 29
Le Journal des Savants', l'Histoire de l'Académie royale des Scien ces”, les Mémoires de Trévouxr nous font assister à un grand réveil scientifique en Europe, à cette époque, à un magnifique mouvement qui entraîne les esprits vers les plus hautes régions des sciences physiques et naturelles. Le P. de Bonnécamps, ‘grand mathématicien ”,' veut être un homme de son temps ; il veut que le collège de Québec ne soit pas trop en arrière des grands collèges de la Compagnie de Jésus, que l'enseignement des mathématiques, de l'astronomie, de l'hydrographie y soit solide et pratique, et que les jeunes Canadiens, au sortir de leur cours, puissent fuire honneur à leur carrière.
En même temps que ce jésuite distingué travaille ainsi ‘‘à se rendre utile de plus en plus à l'avancement des hautes sciences au Canada”, un savant jurisconsulte, Louis-Guillaume le Verrier‘, venu ici dès 1728,
avaient des collèges dans toutes les parties du monde, On sait l'influence que ces religieux exercèrent en Chine au xvite siècle et dans la première partie du xviré. Le passage suivant du P, de Rochemonteix nous en donne une idée :
‘“ Les PP. Fontaney, Bouvet et Visdelon firent partie de la célèbre mission scientifique envoyée en Chine par Louis XIV, Bouvet avait fait de brillantes études littéraires au collège de la Flèche. Entré dans la Compagnie en 1674, il s'appliqua . spécialement aux sciences physiques et mathématiques, dans le but de se rendre un jour plus utile à la cause de l'Eglise dans le grand empire chinois. Il devint en effet le commensal de Kang-Hi, et son professeur de mathématiques ; il le suivait dans ses promenades, dans ses voyage ; il l'assistait dans ses maladies, L'empereur l’autorisa à construire dans son propre palais une église, où les jésuites érigèrent une congré zation et se livrèrent à toutes les œuvres de bienfaisance et de piété,
‘ Cependant les missionnaires étaient peu nombreux, et la mort se préparait à faire parmi eux des vides irréparables. Kang-Hi ordonna au P. Bouvet de se rendre en France et d'amener en Chine de nouveaux jésuites ; il le chargea en même temps d'offrir en présent à Louis XIV quarante-neuf volumes chinois, lesquels furent l'origine de ja collection chinoise de la bibliothèque Nationale, L'arrivée du P. Bouvet à Paris fut un événement. Versailles et Paris ne parlaient plus que de la Chine; partout où devait se rendre le mlselO RDA il était précédé par une foule de curieux qui ne tardaient pas à l'accabler de c::e"*lons graves ou frivoles. .
“ De retour en Chine, le P. Bouvet {::t 1ommé géographe impérial. Avec quelques-uns de ses confrères, il dressa aussitôt une description géographique de toutes les provinces de l'empire chinois; pour complaire à l'empereur, il apprit aussi le tartare, que ce prince préférait aù chinois, et bientôt il put s'entretenir avec lui dans cette langue; it devint alors non seulement son professeur, mais encore le confident de ses entreprises, le conseiller de son règne. Cet apôtre, après avoir partagé, pendant près de cinquahte ans, tous les labeurs des missionnaires, mourut à Pékin le 28 juin 1732.” (Le Collège Henri IV de lo Flèche, t. IV, p. 281.)
1 Le premier numéro du Journal des Savants parut le 5 janvier 1665.
% L'Académie des Sciences fut fondée en 1666.
# Journal de Céloron de Blainvilie,
+ Ne pas confondre avec François le Verrier, lieutenant dé roi à Québec, qui mourut en 1732 : ‘ Nous venons de perdre aujourd’hui, 6 novembre, M. le Verrier, lieutenant de roi de Québec, âgé d'environ 80 ans. I! vint capitaine dans les troupes de ce pays il y a 46 ans, et il avait déjà fait plusiéurs campagnes. Il laisse un fils qui est enseigne en pied dans Îles troupes ét qui est un bon sujet.” (Lettre de
MM. de Beauharnoïs et Hocquart au ministre de la marine, 6 nov. 1732.;
Voici son acte de sépulture: ‘ Le septième novembre mil sept cent trente-deux a été inhumé dans l'église de cette paroisse ie corps âe Messire François le Verrier,
hi
fait fleurir à Québec la sc il remplit ses fonc dant ne cessent de
ience du droit, Procureur Sénéral au Conseil, tions avec une exactitude que le Gouverneur et l'intenlouer dans lours dépêches à ln cour!
C'est un homme habile, très appliqué, capable d'éclaircir et de résoudre les questions les plus difficiles, M. Hocquart, faisant allusion, dans une de ses lettres, à une affaire épineuse — celle du frère Turcq — qui venait d'être terminée, rend à M. le Verrier le témoignage “qu'il n'y avait que lui au Canada qui eût pu la débrouiller," *
On lui propose de donner à Québec des conférence entreprend ce travail avec un grand zèle: “Je n'ai d'autre ambition, écrit-il, que de consacrer sans réserve tous les moments de ma vie à l'utilité publique +". Afin de se rendre de plus en plus utile, il emploie
une bonne partie des gratifications qu'il reçoit de la cou ‘À acheter des a .
lieutenant de roi de Québec, décédé le jour mère ia sainte Eglise, après avoir rescu le
onction, n'ayant Pu recevoir le saint viatiqu présence de M, Hocquart
(signé) Plante.” (Archives pa
es de droit, et il
uatre ans auparavant, le pultures des personnages
25 mars 1740, chargea M. le des notaires de la Prévosté art au ministre, 17 oct, 1731.) » fut terminé en peu de temps
de Québec ”, (Lettre de MM. de
errier de la Nouvelle-France,
ler m'a remis son à la fin duquel est l'acte de clôture et
complet par rapport aux anciennes concession J'adresse ce septième volume à M. de Ricou
Montréal, ayant
À qui avait fondé cet hôpital en 1694, « Après avoir fait en France des emprunts considérables, au nom et à l'insu de sa communauté, il Passa furtivement À Saint.-Domi
ngue, sous prétexte d'y faire des établissements de pêche avec les fonds qu'il s'était procurés, \
de cette Île, pour prévenir les poursuites d de le saisir. L
satisfaire, les créanciers se saisirent des rentes que les hospitaliers avaient à Paris ; et, ce qui acheva de ruiner l’étahlissem
Fouville, Par M, Faillon.) L'hôpital conduite de la commule 3 juin 1753, date des
u ministre de la marine, 7 oct. 1735, au ministre, 9 oct. 1738,
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droit, et il ambition, ma vie à l'emploie ‘heter des
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gea M, le Prévosté oct, 1731.) de temps
France, emis son lôture et erres en
comme lément,
1, ayant ès avoir auté, il lents de pagnole u ordre pouvoir Paris ; sion de rendu hôpital mmute des
[aossntax] LE P, DE BONNÉCAMPS 81
livres: sa bibliothèque, qui renferme plus de quatre mille volumes — chiffre énorme pour l'époque '— est à In disposition de ses élèves.
Ses conférences, commencées en 1733, n'ont d'ubord lieu qu'une fois pur semaine ; mais il se voit bientôt obligé de les donner deux fois, le mardi et le samedi, Ses lettres au ministre de ln marine nous font connuître quelques-uns de ses élèves : ce sont ‘les sieurs Vurin et Foucault, nouvellement reçus conseillers ” (lettre du 9 oct, 1733); ‘le sieur de lu Fontaine et le sieur Gaillard... avec le fis du sieur Guillemin, ancien consciller, jeune homme qui donne beaucoup d'espérance" (19 sept. 1736) ; “les sieurs Berthier, chirurgien du roi, Pouchot, Dufautoir, Moreau, employés au bureau du Domaine, Martel, écrivain au magasin du Roy, le üils du sieur Cugnet, premier conseiller, et le fils du sieur Lanouiller de Boisclere, grand voyer” (14 oct. 1739) ; ‘‘ le sieur de Rouville, gendre du sieur André, lieutenant général de la Prévosté, et même, ajoute M. le Verrier, le sieur Gauthier, médecin du Roy : ce dernier excite l'émulation des autres par l'assiduité qu'il donne à mes leçons, autant que les devoirs de su profession lui en laissent le loisir ” (22 oct. 1740),
Hâtons-nous d'ajouter que l'ambition d'obtenir quelque place au Conse!l était pour beaucoup dans le zèle de la plupart de ces jeunes gens ou de ces citoyens à suivre les cours de droit de M. le Verrier.’
! Plusieurs curés canadiens, sous la domination française, avaient de belles bibliothèques. Celle de M. Philippe Boucher, curé de Saint-Joseph de Lévis (1690-1721), comptait au delà de cinq cents volumes. (Le curé Philippe Boucher, par M. J.-E. Roy, dans la Revue canadienne, 181). Philippe Boucher était le digne fils de Pierre Boncher, gouverneur de Trois-Rivières, auteur de l'Histoire véritable et naturelle des Mœurs et Productions de la Nouvelle-France, vulgairement dite Canada ; Paris, chez Florentin Lambert, rue Saint-Jacques, à l'image Suint-Paul, in-12, 1670,
* Les conférences de droit de M. le Verrier n'étaient pas seulement utiles, elles étaient nécessaires. Avant lui, il y avait souvent des places vacantes au Conseil, faute de personnes qualifiées pour les remptir. ‘Il y a actuellement deux places de conseillers vaquantes par la mort du sieur Macart arrivée le 8 déc. 1732, et par celle du sieur Hazeur arrivée le 18 mai dernier. Nous n'avons point pour le présent aucun sujet capable de les remplacer.” (Lettre de MM. de Beauharnois et Hocquart au ministre, 3 oct. 17:13.)
M. le Verrier continua probablement ses leçons de droit jusqu'à sa suort. 11 les donnait certainement encore en 1753: il écrivait à cette date au miniitre : “J'ai remis À MM. Duquesne et Bigot une liste apostillée des six sujets venant actuelle. ment à mes conférences. Il vient de s'en présenter un septième; c'est le sieur Imbert, commis des trésoriers généraux des colonies, en ce pays. Il paraît avoir d'heureuses dispositions, ayant fait de bonnes études, et acquis déjà une teinture des affaires, à l'occasion de cet emploi où il a succédé au feu sieur Taschereau, qui, de son vivant, en était beaucoup soulagé, Le sieur Imbert, qui a de quoi se soutenir honorablement, semble aussi, par son âge et son activité, en état de concilier aisément, avec le service de son emploi, celui de conseiller, quand il vous plaira, monseigneur, l'en gratifier par la suite, sur le rapport de MM. Duquesne et Bigot.” (Lettre de M. le Verrier au ministre, 24 oct. 1753.)
M. le Verrier mourut à Québec en 1758. Voici son acte de sépulture : ‘“ Le quatorze septembre mil sept cent cinquante-huit, par nous curé de Québec soussigné sété inhumé dans l'église de cette paroisse M® le Verrier, procureur générai du
Le docteur Surrazin et le chirurgien Berthier étaient morts lorsque le P. de Bonnécamps arriva au Canada! Mais ln science médicale y était encore nobleinent représentée pur les docteurs Gauthier et Lacroix et M. Alavoine, « chirurgien des Trois-Rivières "2 Gauthier jouissait d'une réputation européenne, soit comme médecin, soit comme botaniste.» Il était membre Correspondant de l’Académie des Sciences. Les communications qu'il adressait de temps en temps au Journal des Savants ou
42 faisaient le plus grand honneur à Ja jeune ge de posséder un Savant aussi distingué. Son rable fut beaucoup appréciée.
N'oublions pas l'abbé Gosselin, l'un des trois collaborateurs que M Dosquet avait amenés avec lui au Canada Ce n'était pas seulement un prêtre zélé, dévoué tout entier à son ministère, disposé même à sacrifier sa vie pour ses ouailles, comme il en fit preuve dans l'épidémie de 1740," C'était aussi un botaniste remarquable. A la demande de M. de la Galissonnière, il fit, en Compagnie de M. Cugnet, premier conseiller au Conseil Supérieur, une excursion scientifique au Saguenay, d'où il rapporta de précieux trésors pour la Science botanique.
——— Roy au Conseil Supérieur de Québec, âgé d'environ soixante-dix ans. Etaient préseuts MM. Foucault, Parthuy et autres Conseillers au dit Conseil Supérieur et grand nombre de Personnes de toute condition. (Signé) J. F. Récher, curé.” (Archi. ves paroissiales de N..D, de Québec.)
* Sarrazin mourut à Québec en 1734, et Berthier en 1740, "chives du Canada.
portant d'arbris.
petit thé, thé de monta.
* Le membre de l'Académie avec lequel il Correspondait était M. du Hamel. En ParcCourant les comptes rendus de l’Académie des Sciences de 1744 à 1751, on y trouve plusieurs études de M. du Hamel, intitulées Observations botanico-météoroligi. ques faites à Québec par M. Gauthier, La première commence ainsi :
‘J'avais prié M. Gauthier, médecin d Journal d'Observations botanico.métévro désir au delà de me: espérance.
fait avec beaucoup d'intelli entier à l’Académie. ]
1742 et finit au mois de septembre 1743... .”
L'année suivante (1745), M. du Hamel écrivait :
‘“ M. Gauthier, médeci Québec, et correspondant pondant, a envoyé au d'Histoire naturelle,
(Histoire de l'Académ
taient M. de Latour, l’auteur des Mémoires sur La vie de M. de Laval, et M. Boulanger, ‘‘ bon théologien et fort sage”, dit un document de l'époque. L'abbé Gosseliu était natif d'Amiens, et fut ordonné prêtre dans la cha. pelle des Ursulines de Québec en septembre ä t en 1759,
$ Rapport sur les Archives du Canada,
morts lorsque e médicale y er et Lacroix iier jouissait 1e botaniste?
Les commu- Savants ou * à la jeune ingué. Son
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at d'arbrisde monta-
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€ pays un ait à mon an journal résenté en novembre
érieur de Don Corresnorceaux ique... .”
vie de M.
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[aoeseLiN] LE P. DE BONNÉCAMPS 88
A aucune époque, notre jeune pays n'a manqué de gloire et de grandeur. Mais il nous semble qu'entre toutes les pages de notre histoire, l'une des plus brillantes est celle qui nous montre M. de la Galissonnière présidant aux destinées de notre patrie, On aime à se représenter ce savant si remarquable entouré des hommes éminents que nous venons de nommer, les encourageant dans leurs travaux, les félicitant de leurs découvertes et de leurs succès, recevant à Québec la visite de l'illustre suédois Kalm, et, par la distinction de ses manières aussi bien que par l'étendue et lu variété de ses conüaissances, lui donnant une haute idée du nom français! On aime surtout à se le représenter visitant de temps à autre le collège des Jésuites, et y encourageant les professeurs et les élèves. Peut-être qu'entre tous les pères celui avec lequel il aimait de préférence à s’entretenir, lorsqu'il se trouvait à Québec,’ était l'humble et modeste savant qui fait l'objet de cette étude, le mathématicien, le professeur d'hydrographie de l'époque, le P. de Honnécamp:
1‘ Le marquis de la Galissonnière est un homme de petite stature, à la taille un peu déformée, et d’un extérieur agréable; son savoir est vraiment étonnant et s'étend à toutes les branches de la science, surtout à l'histoire naturelle, dans laquelle il est si bien versé, que, quand il commença à discourir sur cette matière, je crus entendre un autre Linné.
‘M'entretenant avec lui de l'utilité de l'histoire naturelle, de la meilleure méthode à suivre pour l'apprendre et l'employer ensuite à améliorer l'état d'un pays, je fus étonné de le voir tirer ses raisons de la politique, aussi bien que de la philosophie, des mathématiques et d'autres sciences. Je confesse que mes conversations avec ce gentilhomme m'ont été très instructives et que j'en ai toujours tiré beaucoup de notions utiles...
% Un plus grand protecteur de la science n'a jamais existé et n’existera peut-être jamais en Canada... Lui arrive:t-il de voir des gens qui ont séjourné dans quelqu'un des établissements les plus éloignés du pays, ou les ont parcourus, il ne manque jamais de les questionner sur les arbres, les plantes, le sol, les pierres, les minéraux de ces localités. Il s'informe également de l'usage que les habitants font de ces choses, de leurs méthodes de culture, des lacs, rivières ou passages de ces pays, et de nombre d’autres détails. Ceux qui paraissent avoir des notions plus claires que les autres, il ne les laisse qu'après en avoir obtenu une description circonstanciée de ce qu'ils uat vu. Il prend note de toutes ces informations, en rédige lui-même des rapports, et grâce à cette grande application si peu commune chez les personnes de son rang, il s’est bientôt acquis une connaissance parfaite des parties les plus éloignées de l'Amérique, °
‘ Les prêtres et les commandants des forts qui se rencontrent chez lui, en visite, à leur retour de contrées quelquefois très distantes les unes des autres, sont surpris des questions qu'il leur pose, et émerveillés de le voir si bien renseigné ; il n'est pas rare qu'il leur dise que près de telle montagne ou tel rivage où ils sont allés souvent faire la chasse, il y a telle plante particulière, des arbres de telle espèce, que le sol est de telle ou telle qualité, qu'on y trouve un certain minéral : or toutes ces informations dont l'exactitude étonne les voyageurs, il les a obtenues d'avance...” (Voyage de Kalm en Amérique, traduction de L, W. Marchand, dans les Mémotres de la Société historique de Montréal, 1880.)
2 D’après Kalm, M. de la Galissonnière préférait Montréal à Québec, et y passait généralement l'hiver, (Zbid.)
Sec. I., 1895, 3,
SOCIËTÉ ROYALE DU CANADA Joseph-Pierre de Bonnécamps naquit à Vannes!, en Bretagne, le 5 septembre 1707.
VA D entra dans la
EPE AU ç easux Compagnie de Jé.
sus, à Paris, le 3
\ novembre 1727.
âgé par consé-
quent d’un peu plus de vingt ans. Il appartenait à la province de
France, appelée aussi Province de Paris.
On sait par quel long noviciat doit admis définitivement dans la Compagnie
8, que le novice, mort à luimême, et tout entier à ga vocation, est admis à prononcer ses vœux définitifs.
Ce qui est spécialement remarquable, c'est l'attention avec laquelle on
observe, chez les Jésuites, quelles sont les aptitudes particulières du jeune novice, afin de les cultiver
de plus en plus, de les utiliser, et de donner à la carrière de ce novice sa vraie direction.
Le jeune de Bonnéc humanités, puis enfin la rhétorique dans France, Mais on s’aperçut bientôt que 8
Plutôt vers les mathématiques ; et comme on avait besoin d’un professeur
Pour enseigner cette science au collège de Québec, on se décida à l'y envoyer.
La mission du Canada dépendait de la province de France” Outre la résidence de Québec, il y en avait une autre à Montréal. Puis il y avait la mission huronne à Détroit et dans les environs, la mission des Iroquois 4, celle des Abénakis’, celle des Montagnais, celle des Outaouais",
ER ue de Québec (1741-1760), était, lui aussi, de e P. de Bonnécamps. Ils arrivèrent ensemble €e8 Compagnons d'enfance et d'école : ce qui exlequel Je bon père parle de l'évêque dans une is connaissance aux archives du collège Sainte.
1 Mer de Pontbriand, sixième évêq Vannes, et presque du même âge quel au Canada. C'étaient probablement d plique le ton familier et badin avec lettre au P, Potier, dot nous avons pr Marie de Montréal.
? La Bretagne nous a fourni trois évêques : Mer de Morr:y, Mer de Fontbriand et Mer Briand, Les deux premiers étaient de Vannes: Me Briand, du diocèse de Saint-Brieuc,
3% Les autres provinces, cependant, l’Aquitaine,
Lyon, la province gallo-belge, fournissaient aussi Canada.
* À Sault-Saint-Louis.
5 Saint-Ignace, Saint-François-Xavier, rivière Saint-Jean.
‘* Arbre-Croche, Harbour Springs et Michillimakinac : les Miamis, rivière Saint- Joseph.
la Champagne, la province de des religieux À la mission du
mt OR ei
) Bretagne, le 5 septembre 1707.
[ entra dans la Compagniede Jéus, à Paris, le 3 iovembre 1727, igé par congéla province de
te avant d'être as seulement de n grand travail nnées d’études, ce, mort à luincer ses vœux
vec laquelle on lières du jeune et de donner à
naire, puis les la province de ts le portaient un professeur e décida à l'y
ance. Outre il. Puis il y mission des s Outaouais!,
t, lui aussi, de èrent ensemble ole : ce qui ex- 'êque dans une collège Sainte.
le Fontbriand du diocèse de
À province de a mission du
rivière Saint-
- [GOSsELIN] LE P, DE BONNECAMPS 38
la mission de la Nouvelle-Orléans et celle des Illinois. Plus de cinquante religieux étaient dispersés dans ces différentes résidences et missions. !
Il y en avait une vingtaine au collège de Québec, dont douze étaient prêtres, et les autres, frères ou coadjuteurs temporels. Ces Jésuites étaient employés soit à l'enseignement, soit au ministère dés âmes ; mais ils ne pouvaient suffire à la tâche, comme nous le montre une lettre de MM. de Beauharnois et Hocquart, que nous aimons à citer, parce qu'elle rend un beau témoignage à l'œuvre des jésuites et jette quelque lumière sur leur cours d'études à Québec :
“ Monseigneur, le P. de Lauzon, supérieur des missions des PP. jésuites, nous a demandé notre agrément pour passer en France, tant pour solliciter l’envoi de quelques missionnaires, dont ils ont absolument besoin, que pour les intérêts temporels de leur maison et collège de Québec : il s'embarque sur le vaisseau du roi. Ce religieux est également doux et sage, et nous n'avons que lieu de nous louer beaucoup de sa conduite par rapport à la religion et au bien du service du roi auquel il est très attaché.
‘ Lorsque nous vous avons demandé l’année dernière de procurer un troisième régent au collège de Québec, ça été sur les représentations qui nous en furent faites par les PP. jésuites, qui ont entendu que Sa Majesté en voudrait bien faire la dépense : ils nous ont fait de nouvefles représentations à ce sujet.
“ Des trois régents qui sont au collège, il y en a un qui professe alter. nativement la philosophie et la théologie, en sorte que les jeunes gens, au sortir de leurs humanités, trouvant l'école de théologie ouverte, sont obligés d'attendre pendant deux ans le nouveau cours de philosophie, ce qui les dégoûte à un point qu'ils quittent absolument leurs études, et prennent parti ailleurs.
‘ Les deux régents de basses classes ne peuvent suffire à multiplier les leçons suivant la faiblesse ou la force de leurs écoliers, qui devraient être séparés en trois ou quatre classes, au lieu qu'ils le sont aujourd’hui en deux classes seulement.
“ Nous nous sommes engagés, monseigneur, à vous rendre compte de ces nouvelles représentations, et à vous prier d'obtenir de Sa Majesté le fond de 400 francs pour l'entretien d'un régent de philosophie, à condition que de leur côté les jésuites auront un troisième régent de basses classes, qu'ils entretiendront à leurs dépens, ce qu'ils nous ont promis de faire.
“Ils méritent, monseigneur, par les soins assidus qu'ils donnent à l'éducation de la jeunesse, que Sa Majesté leur accorde cette grâce, Nous croyons devoir vous informer que ces pères, se portant toujours au bien et à l'avantage de cette colonie, entretiennent au collège un frère jésuite ?
SE D D CS On Dore se 1 Catalôgus Personarum ‘et Officiorum Provinciæ Franciæ Societatis Jesu, exeunte anno 1749, p. 27, Missiones Americeæ Septentrionalis in Nov4 Francid, ? Ce fut longtemps le F, Pierre le Tellier.
36 SOCIETÉ ROYALE DU CANADA qui enseigne à lire, à écrire et l'arithmétique, aux enfants des habitants de Québec, dont les pères ne sont pas dans le goût de leur
faire apprendre là langue latine. Cette école est nombreuse ; ils la tiennent gratuitement, sans qu'il y ait aucune fondation pour cela Fe
Le P. de Bonnécamps arriva à Québec dans l'été de 1741, et se mit de
suite à enseigner les sciences mathématiques et hydrographiques pour lesquelles il avait été envoyé au Canada,
C’est le P. de Saint-Pé qui était alors Supérieur
du Canada et recteur du collège? Il fut rempl P. Marcol.
général de la mission acé vers 1747 par le
Le fee A ! Lettre de MM. de Beauharnois et Hocquart au ministre de la marine, 6 oct. 1733. Archives de l'archev, de Québec, Doc. de Paris, Eglise du Canada. ,
L'année suivante, 10 oct. 1734, le gouverneur et l'intendant rendaient aussi un beau témoignage aux prêtres du Séminaire de Québec : ‘: Ils sont fort unis entre eux, et, nous pouvons le üire, fort désintéressés. C'est ce qui les a soutenus jusqu'à présent, et mis en état d’acquitter une partie des anciennes dettes et payer les arrérages de rentes de celles qui subsistent, Nous ne pouvons, Monseigneur, que
vous dire beaucoup de bien de cette Communauté, qui a été de tout temps fort utile ä cette colofie, par l'éducation gratui
en partie. D'après Ja Potherie, il Y avait quatre vingt-six pensi séminaire en 1700: tous allaient en c
“Les annales de année de philosophie, une rhé:ouatrième, non pas ensemble, mais i une classe de rudiments La durée des études variait es ; elle était généralement bornée entre cinq et nq philosophes prêts à prendre la soutane."”
prouvent qu'ii y avait une première et une secon rique et une seconde, une troisième et une q
sept ans....En 1696, il y avait ci (L'Abeille, t. IT, 10 13.)
A la date de Ja lettre citée plus haut (1734), M. Vallier, dont Mu Dosquet écrit quelque part: “Ia un esprit Supérieur, des
talents extraordinaires pour les sciences, et surtout celui de se faire aimer de tout le
monde, Ila fait sa philosophie 4 douze Ans, enseigné dans son enfance... Il a fait
ici les conférences de théologie avec Un succés universel,” (Archives de l'archevéché de Québec, Doc. de Paris, Eglise du Canada.)
En 1749, lorsque Kalm visita le Séminaire,
le supérieur du Séminaire était
c'est M. Lalane qui en était le
Saint-Pé, Ce jésuite fit la profession sole
Saint-Ignace à Michillimakinac le 2 février 1751, et mourut à Québec le 8 juillet 1770, ‘ Le 30 mars 1769, i! signa, avec le P. procureur G
À Re
des habitants de ire apprendre la nt gratuitement,
741, et se mit de raphiques pour
al de la mission rs 1747 par le
AT A D la marine, 6 oct.
nada,
ndaient aussi un 't unis entre eux, soutenus jusqu'à tes et payer les onseigneur, que temps fort utile longtemps aux autrefois, si elle écessité de con-
jui obligèrent le sion en tout ou inaires au petit S. (Æistotre de lez les jésuites :
quête,
“Les annales hie, une rhé:onsemble, mais
> de rudiments
études variait
e entre cinq et
e la soutane."”
éminaire était supérieur, des mer de tout le Ice... Il a fait e l'archevéché
li en était le
ique du P, de ns l'église de 8 juillet 1770, nommant le
LE P, DE BONNÉCAMPS 837
[ausseLix]
Dans la visite qu'il fit à Québec en 1749, l'illustre et savant suédois Kalm fut invité à dîner chez les jésuites. 11 nous donne une très belle et très intéressante description du collège, tel qu'il était à l'époque où y demeura le P. de Bonnécamps :
“Aujourd'hui (10 août), dit-il, j'ai dîné chez les jésuites'. Je leur avais fait une visite, il y a quelques jours, et dès le lendemain leur supérieur et un autre père jésuite vinrent m'inviter à dîner avec eux pour aujourd’hui.
“ J'ai assisté au service divin dans leur église, qui fait partie de leur maison”. Ælle est très belle à l’intérieur, mais dépourvue de sièges, et il
sieur Mathieu Hianveu, assistant-notaire de N.-D. des Anges, Saint-Gabriel, Sillery et Belair. Cet acte est conservé dans les archives des PP, jésuites, et ce fut probablement le dernier qu'ils firent en qualité de seigneurs sous la domination française, Peu après le P. de Saint-Pé se retira à Montréal pour ne point voir ses communications avec les missions, interrompues par le siègs de Québec.”
1 Voici quel était le personnel du collège en 1749 :
R. P. Gabriel Marcol, recteur du collège et supérieur général des missions : de la province de Champagne,
P. Claude-Joseph-Marie Canot, ministre, professeur de théologie, préfet de la congrégation des scholastiques, confesseur à l'église : de la province de Lyon.
P. Antoine Gourdan : de la province de Lyon.
P. Marin-Louis le Franc.
P. Michel Guignas, préfet de l'église, des études, de la congrégation des citoyens et des élèves des classes supérieures, confesseur à l’église : de la province d'Aquitaine,
P. Nicolas de Gonnor, procureur, confesseur à l'église: de la province d'Aquitaine,
P. Pierre de la Chasse, préfet spirit”-el,
P. Joseph-Pierre de Bonnécamps, professeur d'hydrographie.
P. Siméon le Bançais, novice de première année. (Le P.le Bançais était un prêtre des Missions étrangères qui était venu se consacrer à l'Eglise du Canada. Après un séjour de quelques années au Séminaire de Québec, il se décida à entrer dans la Compagnie de Jésus, où il fut admis comme novice dans l'été de 1749.) (Archives du Séminaire de Québec.)
M. Jean-Baptiste de Neuville,
M. René Macé.
M. Pierre-Régis Billiard.—Ces trois derniers étaient des scholastiques, livrés à l'enseignement, qui n'étaient pas encore prêtres,