‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 42 sur 94 · Mémoires ms8. de Leséure, fol · texte numérisé non relu

Mémoires ms8. de Leséure, fol

2. D'après les notes du R. P. Sommervogel, qui a eu l'obligeance de nous fournir plusieurs renseignements sur le lieu de naissance, la date de la profession religieuse et de la mort d'un grand nombre de Jésuites qui ont enseigné au collège d'Autun.

3. Le R. P. Plumeret n'avait encore été que deux fois recteur du collège d'Autun quand le P. Perry écrivait la Vte d* André Guijon, Il le fut une troisième fois depuis.

4. Cette Vie d* André Guijon, demeurée longtemps manuscrite (anc. F. Lamare de la B. nat., n« 7338, auj. nouveau F. Fr. n* 1037, a été publiée par M. Harold de Fontenay dans les Mémoires de la Société Éduenne^ nouvelle série, t. II, p. 193« 299. Autun, gr. in-8% 1873.

Au P. Plumeret succéda le R. P. Jean-Baptiste Martignac qui mourut à Couches, où il fut inhumé, le 6 janvier 1627 (*). La même année, le P. Charles Hanard remplissait les fonctions de procureur. Le P. Martignac eut pour succèsseur le R. P. Jacques Devault qui, au mois de septembre 1627, eut la consolation de pouvoir présenter à la mère de Chantai, alors de passage à Autun, les jeunes régents de son collège. 2

Après le P. Devault, le P. Plumeret reprit, pour la seconde fois, la direction du collège, qu'il conserva du 4 juin 1630 au mois de juillet 1634.

La chaire de rhétorique était occupée en 1632, non sans éclat, par le P. Etienne Legrand, né en 1600 à Châtillonsur-Seine, admis dans la compagnie le 22 septembre 1618 et à la profession religieuse le 19 octobre 1636. Il est connu par son Histoire saincte de la ville de Chatillon sur Seine au duché de Bourgongne; Autun, 1651, in-8®; et par la Vie de saint Thiébaudj prêtre et confesseur^ de V ordre de Camaldoli ; Autun, 1664, in-4**.

Pendant que le P. Plumeret était recteur pour la deuxième fois, Jean Lacurne, lieutenant particulier au bailliage d'Arnayle-Duc, légua, par son testament olographe du 23 avril 1631, tous ses biens aux Jésuites d' Autun, à la charge d'entretenir deux régents à Arnay, pour Tinstruction de la jeunesse, dans une maison que la ville donnerait et qu'elle entretiendrait. Le collège entra en jouissance de cette succession et il dut plus tard payer à la ville d' Arnay une rente de 1,200 livres pour se rédimer de Tobligation d'entretenir deux régents à Arnay.

L'année suivante, 1632, eut lieu à Autun le chapitre provincial des religieux Cordeliers. Cette réunion extraordinaire donna lieu à un grand nombre d'exercices théologiques dans

1. Hiat, ma. de VÉgliae d'Autun^ par Bonaventure Goujon, fol. 178. B. du grand Séminaire d'Âutun.

2. Hist. de sainte Chstntaly par l'abbé Bougaud, t. II, p. 196.

lesquels le P. Plumeret et le P. Legrand occupèrent un rang honorable. Nous en emprunterons le récit aux mémoires manuscrits d'un contemporain :

Le dimanche 5« du mois de septembre 1632, le chapitre provincial des révérends pères Cordeliers fust tenu en cette ville d'Ostun, et commencèrent par une procession à unze heures du matin, et allè;*ent en l'esglise St Celse et St Nazaire ou fust faict une prédication, et icelle finie, après quelques prières s'en retournèrent au couvent où l'on commença les disputtes de théologie où la taize estant desdiée à Mons. le révérend evesque d'Autun, lequel y assista, et commença la dispute si doctement et des argumentz si rares et si pressentz que tous les auditeurs, mesme les docteurs, entrèrent en admiration, et dura la disputte jusqu'à vespre. Le landemain y heust prédication le matin et disputte après disné; et après vespres firent procession à Saint Andoche. Le mardi y heust prédication le matin; après disné, les disputtes, et après vespres la procession à Saint Jean le Grand. Le mecredy, jour de Nativité Nostre Dame, ils firent leur procession à huict heures du matin en l'esglise collégialle Nostre Dame, où y heust une docte prédication, devant la grande messe au grand autel du chœur, laquelle fust respondue en musique avec les orgues; l'après disné les disputtes furent continuées. Le jeudy y heust semblablement prédication en leur couvent à huict heures du matin, et les disputtes l'après disné, et après vespres allèrent en procession au couvent des Capuchains. Le vendredy, samedy, ny heust point de processions à cause des affaires d# leur couvent, mesme la nominar tien de leur provincial, sçavoir le révérend père frère Claude Vallenot, docteur en sainte théologie, cy devant grand vicaire du provincial, qui estant décédé, avoit faict la charge de provincial, et fut conté non comme vicaire mais comme provincial pour trois ans, et ordonné que le chapitre provincial après lesdits trois ans se tiendra à Lyon. Le dimanche, sur les huict heures du matin, ils firent leur procession dernière en l'esglise Saint Lazare, portant le saint Sacrement, et là célébrèrent la grande messe au devant la balustrade du grand autel, où l'on leur dressa un autel où ledit provincial célébra la sainte messe du saint Sacrement fort solemnellement et respondue par les chantres de ladite esglise à la Trinité toutte en musique, sur les vielles et les orgues. Le Chapitre leur fournit de chappes, chasubles, tunicques des plus belles de leur esglise, et à l'offerte la prédication fust faicte fort doctement. L'après disné, les disputtes continuèrent, en touttes lesquelles les révérendz pères Jésuittes y assistèrent, mesme

le révérend Philippe Plumeret, recteur, et révérend père Le Grand, maistre de la rhétorique, lesquels firent des merveilles par leur doctrine, comme au semblable les révérends pères Capuchins, mesme le révérend père Matelon, lequel rendoit tous les auditeurs en admiration par le moyen de ses hautes questions et profonde doctrine. Lors estoit gardien audit couvent révérend père Saint Amabert, lequel y a encor esté continué par ledit Chapitre et eslu grand vicaire dudit provincial. ^

A Tissue de ce chapitre, les Cordeliers proposèrent à la ville d'établir dans leur couvent un cours public de philosophie, moyennant 300 livres par an. Les habitants s'assemblèrent le 10 septembre 1632 pour délibérer sur cette proposition, mais au lieu de l'accepter, ils furent d'avis d'établir cette nouvelle chaire au collège, et le conseil passa, le même jour, un traité reçu David, notaire, par lequel la ville s'engagea à payer annuellement aux Jésuites 300 livres pour rétablissement d'une chaire de philosophie 2. Le cpurs^ commença le 19 octobre -1632 : « A la saint Luc 1634, le révérend père Etienne Legrand a continué ladicte philosophie, et après luy le révérend père Régné Lhoste 3. » Le P. Legrand ne se borna pas à enseigner la rhétorique qt la philosophie : il donna en outre de nombreuses missions dans les différents archiprêtrés du diocèse d'Autun, et entre autres à Paray en 1671 *. Il est; indiqué comme ayant été aussi recteur des collèges de Metz, d'Autun et de Langres ^, mais les documents que nous avons consultés ne le mentionnent à Autun qu'en qualité de professeur de rhétorique et de philosophie. Il mourut à Dijon le 26 février 1681.

!• Hist, ms. de l'Église d'Auturif par Bonaventure Goujon, fol. 198.

Page 1