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Le nouvel établissement eut bientôt obtenu la faveur des personnages les plus considérables du pays. Nous en trouvons une preuve intéressante dans les volumes donnés par Charlotte Jeannin, veuve de Pierre Castille, pour être distribués en prix aux écoliers. Nous avons eu l'occasion de voir un de ces volumes,relié en maroquin rouge, doré sur tranches, aux armes de Charlotte Jeannin sur les plats, d'azur^ à un croissant d* argent surmonté d'une flamme d*or, dans un écusson losange entouré de la cordelière des veuves, et qui porte Tinscription suivante sur le feuillet de gardes : « Ego infra scriptus praefectus scholarum coUegii Augustodunensi^ , Societatis Jesu, tester Jacobum Geoffroy, adolescentem ingenuum, ex liberalitate et ac munifîcentia illustrissimse dominse D. de Castille, hune librum pro primo praemio solutx orationis in quarta schola meritum et consecutum fuisse. In cujus rei fidem sigillum nostrum apposuimus Augustoduni 3 calendas januarii, anno 1633. jacobus roussel. » * Au P. Plumeret succéda comme recteur le R. p. Henry de Saint-Fray qui exerça ses fonctions de 1634 à 1642. Les Jésuites ne furent pas longtemps sans reconnaître qu'ils étaient notablement lésés dans la modique pension de • . / 200 livres que le Chapitre leur donnait pour tenir lieu des • revenus de la prébende préceptoriale unie au collège. Ils avaient plusieurs fois tenté d'obtenir une somme plus conforme au véritable revenu des prébendes, mais toujours sans succès. Enfin, après avoir présenté une dernière requête au Chapitre en 1637, ils se pourvurent au parlement qui, par son arrêt du 28 avril 1638, adjugea aux Jésuites, en leur qualité de régents du collège, « tous les revenus, droits, fruits et profit d'une prébende canoniale de l'église cathédrale d'Autun, tels et semblables que les perçoivent chacun des chanoines actuellement présents et assistants aux heures
1. Auli GelliiNoctes Atticœ, Jean de Tournes, cio. ica. zxi. Ce petit volume fait partie de la bibliothèque de M. le barbn d'Espiard.
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et service divin, condamnant les défendeurs à les en laisser jouir, si mieux ils n'aiment leur payer annuellement la somme de trois cent cinquante livres, et à leur choix *. » Cet arrêt fut signifié au Chapitre qui, par acte du 28 juillet 1638, s'empressa de faire connaître son option en faveur de la somme de trois cent cinquante livres qu'il paya depuis chaque année pour les revenus de la prébende préceptoriale.
A la direction du P. de Saint-Fray se rattache aussi la création d'une deuxième chaire de philosophie. Pour subvenir à cette charge, la ville, par traité du 23 avril 1639, reçu Lacroix, notaire à Autun, céda les revenus d'un second octroi de cinq sols sur la vente de chaque minot de sel, qui avait été obtenu du roi. Par ce même traité, il fut en outre convenu que la somme de trois cents livres, promise par l'acte du 10 septembre 1632, pour la fondation de la première chaire de philosophie, serait réduite à cent cinquante livres par an, et qu'en cas de suppression de ce second octroi, la ville paierait annuellement six cents livres pour l'entretien des deux chaires. ^
Les Jésuites, établis à Autun, ne se bornaient pas à donner leurs soins à l'œuvre de l'enseignement littéraire et philosophique. Ils contribuaient aussi à l'exposition des vérités religieuses en prenant part aux prédications de l'Avent et du Carême. Le P. Jean Motet, né à Briançon, entré dans la Compagnie en 1609, profès le 21 juin 1626, prêcha l'Avent à la cathédrale d' Autun, en 1638(3). Après avoir cessé ses fonctions de recteur, le P. de Saint-Fray se fît aussi entendre à la cathédrale pendant l'Avent de 1653, et mourut à Verdun, le 25 juin 1664. Il eut pour successeur le P. Plumeret, qui