Papillon a donné à tort à cet ouvrage la date de
divisé en trois parties : la première, de 22 p. non numérotées, de XVI p. numérotées en chiffres romains, de 8 p. non numérotées, et de 372 p. numérotées en chiffres arabes, puis de 34 p. de tables non numérotées. La deuxième partie contient 16 p. non numérotées, 362 p. numérotées et 20 p. de table non numérotées. La troisième partie, qui contient les preuves a 4 p. non numérotées, 185 p. numérotées et 5 p. de table non numérotées. Le frontispice de cette édition est remarquable et Tentête de la dédicace très curieux. Ces gravures sont de Jacob Andréas Friederich. On voit dans l'approbation, datée du 29 juillet 1724, que le père Laguille était alors recteur du collège de Strasbourg. La même année et chez le même éditeur parut une autre édition en 8 vol. in-8®, mais sans cartes ni figures et sans les preuves qui ne se trouvent que dans l'édition in-fol. Feller dit avec raison dans sa Biographie universelle * que VÀlsatia illustrata, de M. Schœfflin, n'a pas fait oublier l'ouvrage du père Laguille.
4" Exposition des sentimens catholiques sur la soumission due à la constitution Unigenitus, où les difficultés des oposans sont réfutées par les principes et les textes tirés des ouvrages de feu M. Bossuet, évêque de Meaux, contre les prétendus réformés. 1735, in-4** de 43 p.
5® Préservatif pour un jeune homme de qualité contre l'irréligion et le libertinage, où. on lui expose : 1® les raisons qui doivent l'affermir dans la religion catholique ; 2** on lui suggère les motifçî qui doivent régler ses mœurs et l'engager à vivre en véritable honnête homme. Nancy, Pierre Antoine, 1739, gr. in.l2 de 313 p:
6** Fragments de mémoires sur la vie de Madame de Maintenon, par le père Laguille, jésuite, publiés par M. Edouard Fournier dans ses Va/riétés historiques et littéraires, Paris, Jéannet, 1857, t. VIII, p. 53 à 80. Cette publication est
i, Paris, Meilîer, 1845, t. Ill, p. 473.-
accompagnée de la note suivante : « Ces Fragments de mémoires ^^QvàM'& dans une publication du temps de l'Empire. {Archives littéraires de VEurope, par Chardon de la Rochette, ri** XXXVI, 31 décembre 1806, p. 363, 377) n'ont été connus que de M. Walckenaer qui s'est contenté de les mentionner dans la cinquième partie de ses Mémoires sur la vie de Madame de Sévigné, p. 347, et de nous qui en avons fait largement usage dans notre notice sur les maisons de Scarron, à Paris. {Paris démoli, par Edouard Fournier, 2" édit. p. 313 à 354). M. Walckenaer nous les donne avec raison pour fort curieux « en ce que, dit-il, l'auteur cite des mémoires contemporains. » C'est ce que dit aussi Chardon de la Rdchette qui s'en fit le premier éditeur et qui les publiait « d'après une copie prise sur l'original de la main de l'auteur en 1737. » Si nous en croyons encore le même éditeur, le père Laguille avait pris une part importante à la conférence réunie à Bade, en 1714, pour la confirmation et la signature du traité conclu quelques mois auparavant à Rastadt entre la France et l'empire : « Par son zèle, par son éloquence (il était en effet fort bon prédicateur), dit-il, il aida beaucoup au rétablissement de la paix. » Quant à « ce certain Laguille qui est à Dijon yy, dont parle l'abbé d'Olivet, dans une lettre adressée au président Bouhier au mois de juillet 1719 et citée par Chardon de la Rochette, nous ne savons si elle concerne en effet le père Louis Laguille, qui ne devait cependant pas être à Dijon à cette époque, ou si elle se rapporte à quelque autre religieux du même nom et en particulier au père Joseph Laguille dont il sera question plus loin. L'abbé d'Olivet le représente, dans cette lettre, comme un «moine orgueilleux qui a horriblement persécuté le père Hardouin. » Mais d'une part, on sait que l'abbé d'Olivet supportait assez peu patiemment la contradiction, et d'autre part qu'on pouvait, sans intolérance, se montrer assez mal satisfait des incroyables paradoxes littéraires du père Hardouin. Le P. Louis Laguille mourut à Pont-à-Mousson, le 18 avril 1742, à l'âge de 84 ans.
Quoi qu'il en soit des critiques de Tabbé d'Olivet (qui ne le visent peut-être pas), il y avait intérêt à rappeler ici le nom et les travaux du religieux à qui notre ville doit Thonneur d'avoir donné à TAlsace son premier et son meilleur historien.
Le P. Verry mourut à Auxerre, le 5 juillet 1713. Il avait été remplacé comme recteur, quelques années auparavant, par le R. P. Nicolas Claudot qui réalisa une transformation nécessaire et depuis longtemps préparée. Le collège se trouvait à l'étroit dans les locaux épars, acquis de 1639 à
1709, et dont l'étendue et l'aménagement laissaient également à désirer. Il importait de procurer à l'établissement une installation en rapport avec le nombre croissant des écoliers et la prospérité de l'école. A peine la maison Barrault était-elle acquise, le 15 mai 1709 (*), que le même jour, les Jésuites, dont les plans étaient tout prêts, se mirent à Fœuvre et firent procéder à la démolition des vieilles constructions qui devaient faire place à l'édifice nouveau. Le 17 juin suivant, M. Hubert de Morey, secrétaire du roi, posa la première pierre au nom de l'abbé de Maulevrier, nommé à l'évêché d'Autun, mais dont la nomination n'eut pas d'effet. « On acheva en trois années les trois corps de bâtiments qu'on avait entrepris : celui du fond de la cour, celui où se trouve aujourd'hui (1789)le réfectoire du pensionnat et celui où sont les cuisines. Toute cette construction coûta 36,000 livres 2. » La ville ne prit aucune part à cette dépense que les Jésuites seuls supportèrent tout entière, au moyen des ressources que la prospérité de la maison leur avait procurées. Ces premières constructions furent complétées ultérieurement, comme nous le dirons plus loin.
A la même époque, nous voyons les Jésuites prendre part, presque sans interruption aux prédications faites à la