MoraltCy Moreau. Y. plus haut, p
5. Per terga, per armos. Le ms. Troufflaut porte per tela, per enses.
6. Contavit enim a tempore cum illo. Plusieurs mss. portent Contavit enim omnea a tergore cum illo.
140 Garniso grenadisque suis fréta mœnia prseter Agmine consistit certo. Tune ordine primo Sunt grenadarii nobis incendia forto Qui spargunt obligantque hostes convertere dorsa. Ergo batailla datur, toto roboantia cœlo
145 Tamborina plan, plan, ronflant, et fanfara fan, fa Trompettes résonant animantque in prœlia Martem. Grenadse hinc atque hinc partant, simul ecce tonitra ^thera cum ilammis animos formidine complent. Crediderim infernum atque ouverta esse ostia Ditis,
150 Crediderim aut centum tôt factas esse diablis Machinas, adeo sortant multi inde dragones, Tôt colubri igniti sifflant, tôt in sethere longe Serpentant, grillant barbas cottasque femellis. Tôt volitant per inane faces, tôt funera ficta
155 Qua tombant, qua non tombarunt obvia quseque Dérangeant. Cessere duces, cessere phalanges, Raffatina cohors cessit, fortoque recurrit Garniso, utrique hostes victi dant tergora tergis, Fortum alternatim postquam attaquasse videntur.
160 Frustra acies omnes, generalis et ultima circum Attaqua fit, trompetta sonat; se reddere nolunt Mutini^ quin rursum audent excedere portis Ireque in adversos. Tune, tune Autunsea, mirum, Quam sex adducunt pueri, artilleria venit
165 Pulvere sulphureo satura, et braquata pi po pouf Petando ingeminat, qua toto exterrita forto Sunt folia in motu, trepidi fugere catelli, Mussarunt sese mures et ad ubera natos Pressarunt matres. Tamén increbescere clamor
170 Cœpit et armorum strepitus : minantia sese
Tela mêlant, pietis pieti hœrent poignaque peignis; Nitra pétant, albarda ferit grenadaque crevât. Cernere erat ehapotos passim et volitare peruquas. Hie et semiusti erines, hic igné relueens
175 Fœtorem moustaeha dabat; eertamine et alter Pulvere mousqueti gatatus, tempora frontem Exeessit Mauro nigrior saliorque diablis.
Illa tamen non longa fuit numéro impare pugna : Obsessi laehantque pedem valloque décampant.
180 Poné autem insequitur, pressât fortoque potita Nostra acies brillavit, et inde poema finitum. Haec ergo quse cecini vidi de turre Pilati * Integrum mihi quse fuerat bastilia per annum. ^
Traduction en vers français par l'abbé Pierre-Louis Lonoble, chanoine de la collégiale de Notre-Dame d'Âutun.
Je chante la Saint-Ladre ou la guerre piteuse Qui rend des Éduens la cité si fameuse.
J'implore ton secours, puissant Dieu des combats : Viens animer ma plume ainsi que tes soldats!
Et toi que tous les ans regrette ta patrie, Toi qui plein autrefois d'une noble furie, Dans ce célèbre Champ où se bat l'Autunois, Te faisais admirer par tant de beaux exploits, Debar, sur un dessein qui doit t'être agréable, Jette ici de TOlympe un regard favorable !
Brûlé. du même feu dont on te vit brûler. Que d'encre, au lieu de sang, je vais faire couler 1 Des Gaulois Eduens l'antique capitale De l'orgueilleuse Rome étoit sœur et rivale : Ne pouvant l'égaler en belles actions.
Du moins elle imita ses superstitions.
1 . Turre Pilati. Au nombre des maisons qui furent acquises par les Jésuites et sur l'emplacement desquelles le collège fut élevé se trouvait la maison dite le Fief de la Roche ou de Ganay qui fut subrogée à l'ancien collège. En 1701, avant les constructions nouvelles, il existait encore une tour dépendant de cet ancien fief et qui avait pris le nom de tour de Pilate c parceque le correcteur du collège y logeoit. » {Mémoires mss. de Leseure, fol. 57.)
2. Ce poème parait avoir mis la poésie macaronique en vogue, ainsi qu'on peut en juger d'après une imitation qui en fut faite, en 1746, sous forme d'une c Âddi^ lion au poème de la Saint-Ladre, sur l'introduction du cheval d'un meunier, d'oû celui-ci tomba dans la cour du collège, et d'où s'éleva une petite guerre entre les écoliers et les passants. » Cette imitation, attribuée à l'abbé Lenoble et qui ne répond guère à ce que nous savons de son esprit fin et enjoué, est loin d'avoir l'intérêt et la gaieté du poème original. C'est surtout dans le genre burlesque qu'il faut savoir s'arrêter à temps, sous peine de tomber dans une inévitable platitude. Nous connaissons deux exemplaires de cette imitation, demeurée Inédite et qui mérite de l'être : l'un/'dû à la plume infatigable de l'abbé Troufflaut, se trouve dans l'exemplaire de l'Histoire de la ville d'Autun, par Rosny, que possède la Société Éduenne; l'autre, dans la bibliothèque de M. H. de Fontenay.
Et tout ce que la Grèce en chimères féconde
Avoit mis de faux dieux sur la scène du monde,
Ainsi que Rome Autun, se livrant à l'erreur,
L'adopta, lui donna son encens et son cœur.
Dans le vaste contour de ses remparts antiques,
Partout l'on ne voyoit que temples magnifiques :
C'est là que gros cochons, bœufs gras, moutons sans fin
Etoient journellement immolés à Jupin;
Cérès, Pluton, Janus et Mars, chefs de la bande,
Avec les autres dieux avoient part à l'offrande;
Leurs fêtes dans Autun se chomoient tour à tour.
Et des jeux différents en signaloient le jour.
Les jeux de Mars étoient de sanglantes batailles :
On livroit des assauts, on forçoit des murailles;
Mais, suivant le destin des ouvrages mortels,
Autun a vu tomber ses temples et ses autels;
Les fêtes ont cessé hors celle que je chante,
Foible et dernier effort d'une valeur mourante.
Les pères Tout encor transmise à leurs enfants.
Et le jour de Saint-Ladre elle vient tous les ans.
Donc quand ce vient le jour de cette illustra fête,
La troupe citadine à la guerre^ s'apprête.
Partagés en deux corps, les uns sont fantassins.
Et les autres à poil montent de vieux roussins.
Bizarrement armés, chacun à sa manière,
A son côté l'un pend une longue rapière
Qui du temps de Capet, à la mode jadis,
Passe encore pour brette au temps auquel j'écris;
Le ceinturon n'est pas de moins antique datte ;
L'autre d'un lourd fardeau charge son omoplatte.
S'arme d'une arquebuse ou d'un gros 2 mousqueton :
Carabine, fusil, pistolet, tout est bon;
Arc, hallebarde et croc, pique, lance et cuirasse,
Quiconque en a s'en sert; qui n'en a pas s'en passe.
La bigarure plait, et l'uniformité.
Dans un exploit burlesque, auroit moins de beauté.
Cependant le forain, sorti de son village,
A cette fête accourt de tout le voisinage.
i, A la guerre. Plusieurs mss. portent à guerroyer, 3. D*un vieux.
Souliers garnis de doux et la brette au côté
Vient le noble ongrelin sur sa rosse monté;
Sur ses flûtes y vient le fin matois de Beaune,
Entraînant après lui les peuples de la Saône;
Viennent les veaux d'Arnay, gros, gras et bien nourris;
De Montcenls ensuite arrivent les cabris;
Les manants de Saulieu les suivent à la trace;
Ceux de Chateau-Chinon y viennent en tignace,
Armés à faire peur; portant des aiguillons
Suivent des Morvandaux les rustres bataillons :
Pêle-mêle, curés, moines de toutes sortes,
Gris, blancs, noirs, bigarrés, se présentent aux portes;
Hommes, femmes, enfans, on se pousse, il faut voir;
L'un perd d'abord son gant et l'autre, son mouchoir;
Pour sauver sa perruque, on la met dans sa poche ;
Maint chapeau vole en l'air, on se gourme, on s'accroche;
Heureux qui profitant des ombres de la nuit
S'est coulé dans Autun sans tumulte et sans bruit.
A peine on voit briller l'aurore matinale,
Tambours de toute part battent la générale.
Rangés sous leurs drapeaux, rians comme des fous.
Officiers et soldats marchent^ au rendez-vous.
Bonard de Saint-Branché commande la brigade;
Des manans du fauxbourg Henriot conduit l'escouade:
Pour démolir un fort, tous la pioche à la main,
Qu'ils vont en peu de temps culbuter de terrain!
Sous Blangey et Moreau, héros à mine étrange.
S'avance des tanneurs la puante phalange,
Prête des ennemis à bien tanner la peau.
Les tanneurs sont suivis deâ braves du Château.
Marchaud de son côté vient en belle ordonnance :
Une broche à ces gueux sert d'épée et de lance.
Tout le Champ pour son chef reconnaît Margueron.
Des dragons démontés le terrible escadron «
Suit Godillot : on lit dans leur figure blême
Ce qu'on doit espérer de leur valeur extrême.
Entre tant de héros, dignes enfans de Mars,
Raffatin, plus que tous, s'attire les regards;
Raffatin, lui tout seul, vaut une armée entière :
Quel brave devant lui n'a montré le derrière?