‹ Les jésuites au Collège d' Autun, 1618-1763Chapitre 83 sur 94 · Viennent · texte numérisé non relu

Viennent

Sa hallebarde, au fond, n'est pas ce qui fait peur.

Mais qu'en tends-je? d'où vient cette étrange clameur?

C'est un homme de fer qui, dans sa marche oblique,

Trotte de rang en rang sur un cheval étique :

L'étendard de la ville à sa garde est commis;

Il cherche à le sauver des mains des ennemis;

Bien fin et bien hardi quiconque l'escamotte :

Il l'a subtilement fourré dans sa culotte.

A ce sacré dépôt, gage de tout bonheur,

Les dieux ont constamment attaché leur faveur.

Ainsi marche d'Autun la brillante milice.

Tandis que Montandé, doré comme un calice,

Remplissant les devoirs d'un actif général,

Voltige et fait gagner Tavoine à son cheval :

Il parcourt tous les rangs, il harangue l'armée

Qui d'une noble ardeur paraît être animée;

Il se met à la tête et la conduit au Champ

Où la gloire l'appelle et le laurier l'attend.

A moy. Muses, à moy ! Votre troupe éloquente

Peut à peine suflire aux exploits que je chante !

Et toi qui d'Ilion élevas les remparts.

Viens, Apollon, ceux-ci méritent tes regards !

Viens admirer * ce fort d'une nouvelle espèce

Qui jadis eut, vingt ans, bravé toute la Grèce :

Ce redoutable fort et son double contour

Pour les braves d'Autun sont l'affaire d'un jour!

Au milieu de la ville est une vaste place

Contournée à peu près en forme de besace ;

On la nomme le Champ. Tout à l'extrémité.

Vis à vis du Sénat 2 est ce fort si vanté :

Il regarde de biais la Cave des miracles, ^

Souterrein où Bacchus rend encore ses oracles.

Ce fort est un quarré, flanqué de quatre tours,

Dont les murs verdoyants et renaissants toujours

Sont un double tissu d'épine et de branchages,

Ensemble entrelacés avec tous leurs feuillages,

Haut d'un saut de cabri. Tels, au temps des moissons,

Sont clos les halliers où paissent les moutons;

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