CHAPITRE III
huerait grandement à l'honneur et à la gloire de Sa Majesté, parmi les fidèles comme parmi les infidèles. Elle lui permettrait de prendre l'offensive et d'attaquer ceux-ci chez eux, au lieu d'en être réduit à défendre son propre territoire. »
Dans la seconde partie de son mémoire, Ignace indique les sources où l'Empereur pourrait trouver les fonds nécessaires à la création de cette flotte :
« i° Les revenus provenant des domaines de Sa Majesté pourraient y être consacrés. Il pourrait faire appel à la générosité des ordres religieux dont les revenus sont plus que suffisants pour l'entretien de leurs sujets, par exemple, l'Ordre de Saint-Jérôme, de Saint- Benoît et celui des Chartreux. Les revenus des abbayes de Sicile et du royaume de Naplesne possédant pas de religieux pourraient également être affectés à cette entreprise.
« 2° Les évêchés de ses Etats avec leurs chapitres pourront également contribuer à l'armement des galères, pour le plus grand bien de la chrétienté.
« 3° Les quatre grands Ordres militaires, conformément à leur institution, pourront coopérer à la formation de cette flotte en fournissant des hommes et de l'argent. Il suffirait
pour cela de demander au Pape l'autorisation de traiter avec les chefs d'Ordre.
« 4° Les grands d'Espagne et de ses Etats pourraient avantageusement y consacrer une partie de l'argent qu'ils dépensent en plaisirs, fêtes, amusements, luxe et commodités de toutes sortes, et ce ne serait que justice, s'ils ne veulent pas y contribuer de leur personne.
« 5° En s'entendant entre eux, les gros commerçants pourraient également équiper bon nombre de galères, qui serviraient à la fois pour leur commerce et le bien de la chrétienté.
« 6° Les villes de ses Etats et plus particulièrement les villes maritimes qui souffrent des incursions des Turcs, des Maures et des corsaires pourraient avantageusement consacrer à Tachât de galères une partie de leurs biens qui risquent d'être pillés, ou encore l'argent destiné à l'entretien des garnisons ; car, une fois que la flotte sillonnera la mer, elles n'auront plus besoin d'être gardées, mais pourront vaquer librement à leur commerce. Les royaumes de Naples et de Sicile seraient tenus d'y contribuer pour une plus large part.
« 7° Le roi de Portugal pourrait se procurer pour la même fin un certain nombre de galères.
« 8° Les seigneuries de Gênes, de Lucques et