CHAPITRE IV
âmes. Mais une lettre d'Oran vint bientôt faire succéder la joie à la tristesse. Les trois religieux avaient échappé à la mort d'une façon providentielle. A leur arrivée à Oran, le nombre des malades de l'hôpital militaire était si considérable — il dépassait le chiffre de 5oo — que le comte de Alcandete jugea leur présence auprès des infirmes plus nécessaire qu'à la suite des troupes. Ils se soumirent sans récriminer et se dépensèrent sans compter dans l'exercice de la charité, se faisant tout à tous et ne craignant pas de rendre aux infortunés les services les plus humbles et les plus abjects. S'ils ne versèrent pas leur sang sur le champ de bataille, l'un d'eux, du moins, le P. Martinez, aura l'honneur et la gloire de le répandre quelques années après pour la foi, dans les sauvages régions de la Floride *.
1. Cf. Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Jésus, t. II, p. 120. Cf. aussi la Historia de la Compania de Jésus en la provincia de Toledo, por el P. Bartholome Alcazar de la misma Compania, tomo I, p. 349.