‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 42 sur 71 · CHAPITRE VII 8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII 8l

Ses pieux désirs furent exaucés dès qu'il eut été instruit des principales vérités de la religion. La statue de Nuestro Senor del Santo Entierro resta en grande vénération à Mazagan jusqu'à l'abandon de cette place par le Portugal, en 1769.

Le 4 décembre 1768, le sultan M ouley-Mohamed vint assiéger la place, à la tête de 75,000 fantassins et de 44>000 sapeurs, appuyés par un nombre considérable de mortiers et de grosse artillerie. Plus ou moins démantelée par le contre-coup du terrible tremblement de Lisbonne(iernov. 1755), la ville se trouvait en fort mauvais état de défense et la garnison était très réduite. Denis-Grégoire de Mello Castro y Mendoza, gouverneur, tint néanmoins tête aux forces ennemies pendant trois mois. Il attendait tous les jours des renforts. Enfin des voiles parurent à l'horizon, à la grande joie des assiégés. Cette joie devait bientôt se changer en une explosion de violente colère, lorsque le gouverneur leur annonça que le roi et son ministre, Pombal, lui donnaient l'ordre d'abandonner la place et d'en transporter les habitants à Lisbonne. A cette nouvelle, l'irritation fut telle que de Mello craignit un instantune révolution. Il finitparcalmerles esprits

en leur donnant à entendre qu'il ne répondait

pas de leur vie s'ils mettaient obstacle à l'exécution du décret royal.

Le 8 mars, le gouverneur communiqua Tordre du roi au sultan qui cessa aussitôt les hostilités. Le 1 1 , on procéda à l'embarquement des familles et des soldats de la garnison. Tout ce qui ne pouvait être emporté fut brûlé ou jeté à la mer. Le gouverneur partit le dernier avec une escorte de îoo hommes.

Les Jésuites, frappés à mort parles iniques décrets du trop fameux marquis de Pombal, avaient été, dix ans auparavant, expulsés de Mazagan. Après la suppression de la Compagnie, leur résidence et leur église avaient été cédées aux Pères Carmes déchaussés !.

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