‹ Les Jésuites dans les etats barbaresques, Algérie et MarocChapitre 50 sur 71 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mais le bon Frère, en racontant dans une lettre les honteux et cruels tourments qu'on lui faisait subir pour le contraindre à renier sa religion, protestait que Notre-Seigneur l'avait grandement consolé parmi tant de calamités : « Et je m'estime bien heureux, ajoutaitil en terminant, d'avoir été conduit ici par les mains de Dieu ! Car, si jusqu'à présent je ne m'étais pas rendu digne du nom de religieux et de Compagnon de Jésus, j'espère avoir appris à le devenir *. »

Les autres Pères et Frères eurent aussi à endurer pendant de longs mois les horreurs de l'esclavage, mais Dieu leur donna d'y soutenir, comme le P. Martins, le courage et la foi de ceux dont ils partageaient la captivité, contre les séductions et les tortures des féroces sectateurs de Mahomet.

Le désastre d'Alcazar-Kébir jeta dans le deuil et les larmes tout le Portugal. La Compagnie de Jésus perdait dans le roi Sébastien un de ses plus généreux et de ses plus dévoués bienfaiteurs. Aussi, tous les Pères reçurentils l'ordre de célébrer chacun vingt-cinq messes pour le repos de l'âme de l'infortuné prince, en mémoire des six collèges qu'il

Page 1