CONCLUSION
Comme on a pu s'en rendre compte dans le cours de ce travail, l'action des Jésuites ne s'exerça que par intermittence dans les États Barbaresques. Il n'y a en cela rien d'étonnant, si l'on se rappelle que l'évangélisation de ces contrées était confiée, depuis des siècles, aux dignes fils de saint François et aux intrépides religieux rédempteurs des ordres de la Trinité et de la Merci, sans parler de l'admirable saint Vincent de Paul et de ses fils qui vinrent encore plus tard arroser de leurs sueurs ces contrées infidèles. Les Jésuites ne firent que leur prêter main-forte, sur la demande des rois d'Espagne et de Portugal ou des gouverneurs des places occupées sur le littoral.
Ces appels répétés au zèle et au dévouement des religieux de la Compagnie de Jésus, dans les entreprises les plus diverses et les plus ardues, montrent en quelle haute estime étaient tenus les fils d'Ignace de Loyola. Les souve-
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rains de ces mêmes Etats devaient leur en donner des preuves encore plus éclatantes, en confiant à leurs soins l'évangélisation des immenses contrées du Nouveau Monde, découvertes par les Vasco de Gama, les Albuquerque, les Christophe Colomb, les Cortes et tant d'autres intrépides conquistadores ou descubridores. Personne n'ignore les merveilles de transformations opérées par les missionnaires jésuites chez les peuplades sauvages ou anthropophages de ces lointaines contrées.
Lorsqu'en i83o, après de longs siècles de barbarie, nos armes victorieuses rendront la liberté aux mers, et donneront l'Algérie à la France, les Jésuites seront appelés dès les premières années de la conquête, pour féconder, de leurs sueurs ces immenses régions. A l'exemple de leurs frères d'Espagne et de Portugal, ils se dépenseront sans compter pour faire briller et triompher la Croix là où pendant tant de siècles avait dominé le superbe Croissant.