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Les Jésuites de la Russie-Blanche

g. Jugement du cardinal Pacca, de Ranke, de Frédéric II, de Chateaubriand sur la destruction des Jésuites. 9. Retour des esprits en Europe, favorable à la Compagnie de Jésus.

1. Nous devons examiner maintenant l'état de l'Europe occidentale après la ruine de la Compagnie. Le bref de suppression, répétant trop crédulement les dires des ministres des cours, annonçait au monde une grande concorde, une grande harmonie entre les monarques et le Saint-Siège, une grande tranquillité, un grand bonlieur pour les peuples chrétiens ; toutes ces félicités devaient suivre la destruction des Jésuites. Les protestants, qui voyaient plus clairement les choses, n'ajoutaient point foi à ces belles promesses ; tout au contraire, ils prédisaient aux rois que ce serait maintenant leur tour, que la conjuration organisée dans tout l'Occident contre les trônes, ne pouvait entreprendre de les renverser tant que ces trônes s'appuieraient sur la Chaire de Saint-

Pierre, sur l'Église, comme sur le roc. 11 fallait donc séparer les trônes d'avec le Saint-Siège, les monarques d'avec le pape, l'Église d'avec l'État, afin qu'après avoir subjugué le pape et l'Église à l'aide des monarques et de l'État, le combat devînt plus court et plus facile contre les trônes isolés et affaiblis. Celte vérité fut péremptoirement démontrée entre autres par Stark, surintendant des églises protestantes, dans son ouvrage intitulé : Triomphe de la 'philoso2Jhie, ouvrage qu'il a terminé par ces mots de la Sainte Écriture : « et uunc reges intelligite, et maintenant, ô Rois, comprenez » (i).

2. Après la promulgation du bref de Clément XIV, comme à un mot d'ordre convenu, les monarques, les princes, les ministres, les littérateurs, se donnèrent la main, se mirent à travailler en commun au renversement de la société. Ce travail de destruction commença par une prétendue réforme de l'Église. Comme au x\f siècle les hérésiarques scandalisés, disaient-ils, avaient voulu corriger les abus qui s'étaient glissés dans l'Église ; ainsi au xviii% les monarques et les gouvernements entreprirent une réforme arbitraire : Soustraire VÉtat à la tyrannie de V Eglise, tel fut le mot d'ordre de cette époque. On affaiblit, on rompit à peu près les liens de la hiérarchie ecclésiastique, ne laissant au pape qu'une ombre de suprématie sur les évéques ; chaque évèque devint comme im petit pape dans son diocèse, mais en réalité il était soumis pour tout au minisire des cultes. La France, sous le gouvernement dissolu de Philippe d'Orléans et de la Régence, étendit ses libertés gallicanes ; en Allemagne, Joseph II établit une Église nationale. Leur exemple fut suivi par Naples, par les Duchés, comme la Toscane, par les principautés de la République Allemande ; et même dans la Pologne, qui penchait vers sa ruine, on rêvait à de semblables innovations.

(1) Voyez document y.

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