V. Litterae annuae collegii Sanctae Mariae
en sortir? Tout manquait: terrain, bâtisse, argent pour l'un et pour l'autre. Tout manquait, sauf la dévôtion du P. Schneider à saint Joseph. On ne savait trop celle qu'il fallait le plus admirer chez lui de ses trois dévotions, au Sacré Cœur, à la sainte Vierge, à saint Joseph. Mgr Bourget qui l'avait intimement connu écrivait à la nouvelle de sa mort: (« En apprenant la mort du bon P. Schneider, je n'ai pas manqué de prier pour sa belle âme, mais ce n'a pas été sans solliciter en retour sa protection auprès de Notre-Seigneur dont il a tant aimé le Sacré Cœur, et auprès de son auguste Mère dont il a tant publié les grandeurs et les amabilités. » Et pourtant ses confrères estimaient que sa confiance en saint Joseph dépassait tout. En cette occurrence, comme en tant d'autres, son vigilant bailleur de fonds ne lui fit pas défaut.
M. Janvier Vinet, plus tard Mgr Vinet, curé du Sault-au-Récollet, détenait une belle propriété de soixantequinze arpents en face de l'église. Achetée de M. Olivier Berthelet, elle n'était qu'en partie payée. Et voici que ces deux hommes de bien s'engagent l'un à ne pas réclamer le restant de son dû, l’autre dans ce cas à céder le tout aux Jésuites, pour l'établissement de leur noviciat. Ce furent d'abord les douze arpents qui entourent la maison et ses dépendances, le reste cessible après la mort de M. Vinet. Puis, jugeant avec raison qu'il valait mieux faire le bien vivant que mort, il donna tout. De son côté, M. Berthelet ajoutait à ses largesses une autre terre située à trois milles plus haut sur les bords de la rivière, couverte en partie de beaux arbres, et que l'on appela Notre-Dame-des-Bois. Les noms de ces deux