LE NOVICIAT AU COLLÈGE SAINTE-MARIE
ris jetait l'effroi dans le cœur de la génération de 1818 à 1828. Un Frère coadjuteur avait été reçu après avoir abjuré le luthéranisme peu de temps auparavant. On dut bientôt le renvoyer. Retombé parmi les siens, il se prêta à une petite campagne haineuse que certains pasteurs suisses firent à son sujet. Voici un spécimen du procédé: « Il court de par la ville, écrivait l’un d'eux, une histoire étrange au sujet d'un Jésuite qui s'est échappé du collège de cet ordre qui existe dans la cité, et a été depuis en butte à toutes sortes de menaces, de cajoleries et de déceptions, pour être replacé sous l'empire des Jésuites. On l'a enfin attrapé et ramené, mais il s'est échappé de nouveau, et il tremble maintenant d'être enlevé, même dans les rues, ou d'être attaqué dans la maison où il s'est retiré, et même d'être assassiné ou jeté dans les cachots du nouveau Saint-Office. C'est là un triste état de choses pour le Canada et le dix-neuvième siècle. Une raison qui motive ces menaces et ces persécutions de la part des Jésuites est, apprenons-nous, qu'il a fait quelques révélations étranges. » — La chose alla assez loin pour nécessiter une mobilisation générale des bons journaux qui écrasèrent vite et pulvérisèrent ces arlequinades manifestement importées d'outre-mer ?.
Entre toutes les qualités d'une maison de noviciat la plus recherchée est le calme intérieur et des entours. Le noviciat est à certains égards une retraite continue, et il n'est pour une retraite rien de tel que la solitude. De là il est aisé de voir que noviciat et collège s'excluent mutuellement. On le comprenait bien au collège Sainte- Marie, et tout le premier le P. Schneider. Mais comment