‹ Les Jésuites et l'universitéChapitre 26 sur 27 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

H. DEl&AriGHAK. — M. DE TÀXIMBBinL.

Pendant qu'in imprimait ce volume, il parut deux brochures, l'uni de M. de Ravignan, l'autre de M. de VatimesDit ; celi-ci est l'appendice de la première.

De l'existenIp et de l'institut des jésuites, par le H. P, de ]\avi(^ian, de la Compagnio de Jésus, avecïe fameux monograame de la Société, IIIS.

' « Je suis jésulË, dit M. de Ravigaan dès la première

< page : cette déoaration je la dois à moi-même, je la

< dois à mon minstère, à mes frères dans le sacerdoce, « à la jeunesse, à Us les fidèles ; je la dois à l'Église, à, « Dieu, n C'est, corinie on voit, une dette considérable par le nombre et laqualité des créanciers. M. de Ravignan se fait aujourofiui honneur de la payer ; c'est bien ; mais il semble avoilattendu qu'il ne lui fût plus possible de la nier : «le n'apprends rien au plus grand nombre, t II est vrai et c'est ce qui diminue le mérite âel'aven. Pourquoi riravez-vouspasfajtjilïadeaxans, quand vous avez connencé de prêcher? Pourquoi avez-

vous tendu un piège il la bonne fui de /os auditeurs? car ce n'était pas autre chose. 11 a réusâ ; l' Univers ne B'est-il pas écriâ avec une allégresse noqueuse : < Le Constitutionnel a loué l'éloquence d'an lélèbre prédicateur sans se douter que tes éloges s'adrissaient... à un R. P. jésuite t » Tout le monde y a étépris comme le ConstUulionnel. '

H. de Kavlgnan était homm^ du moule ; il a quitté la magistrature pour se faire jésuite; il éirit l'histoire de sa conversion, persuadé qu'elle reDfcjne la meilleure apologie de l'ordre. « Un homme la&é du monde le « quitta. Peut-être les ardentes passiois de la jeunesse « avaient travaillé vioicmraenl son âm;. 11 cherchait un « abri, elc... » Cet abri, ce calme qui le fuyaient dans le siècle, il les a reocontrés dansla compagnie de Jésus. Sa brochure ne nous apprend oi*une chose : c'est (juc jusqu'à présent il ue s'est pas repnti d'y ôtrc entré ; il est encore dans les sentiments qii ont {léturminé sa démarche. On ne peut que-l'eu fliciter puisque ses vœux sont indissolubles.

« Je dirai ce que nous sommes-, a l'ignore.» — Point du tout! on sait du reste ce que scit les jésuites, on le sait mieux que vous. Vous nous (Irez ce que vous êtes, vous, personnellement : vous êtes m homme convaincu, sincère, un homme de bien, nn l'ccorde; qu^est-ce que cela prouve? Que les constitution des jésuites ne s'op> posent pas invinciblement à c qu'on soit honnête homme ; qu'où peut être honnte homme et jésuite.

Dans une autre bouche que celle de M. de ItavignaD, cette démonstration qu'il prend la peine de fbire pourrait passer pour une bonne épigranune.

Il pasBc en revue les Exercices spirituels de saint Ignace, les Constitulions, les études, les doctrines de la Société ; il trace ia journée d'un jésuite, tout cela à son point de vue. C'est toujours, c'est partout la personnalité de H. de Ravignan que l'auteur étend à son ordre entier; il peint son portrait et il met au bas : Portrait des jésuites.

L'iiomme qui écrit : « Moi, j'appelle l'œuvre de mon « Pàre (les Cotutitutùm de saint Ignace) le chef-d'œuvre « du génie, un monument de sagesse, de piété et de sain- « teté admirable! » (p. 55), qui, se souvenantdesjoursde son noviciat, s'écrie : « Berceau cliéri de mon eni'ance « religieuse, creuset laborieux, de mon àme, etc. n ; cet homme-I& peut et doit être de bonne foi, mais est-il dans de bonnes conditions pour juger impartialement, sûrement ? Son coup d'ceil est-il bien dégagé de toute illusion?

Je ne le pense pas. Le livre des Exercices, dont on cite tant de passages qui réduisent l'homme à l'état de machine, ce livre, selon M. de Ravignan, « n'est qu'esprit « et que vie. > Il le voit ainsi, mais c'est une façon de voir à lui particulière. Clément XIF, dit-il, supprima les jësuifes, mais sans les condamner t son motif déclaré dans la huile de suppression, c'est que l'existence des jésuites lui parait incompatible avec lapaix de l'ji'glise.

Si voua n'appeler pas cela une condamaatioa, commcait donc vous la faut-il? D'ailleurs, la suppression matériellii suppose la condamnalioa morale, à moins d'avoir .affaire au plus injuste et au plus malhonnête dee hommes. Tel n'était pas Gléroenl XIV; les jésuites mbnes n'oal pas osé l'accuser.

M. de Ravignan s'extasie sur la per&oUon dra études qno l'on fait chez les jésuites. Il eîte onze noms les plus glorieux du siècle de Louis XIV, et sur ces onze personnngcs, il en revendique sept pour les écoles de la Société, sans spéciQer lesquels. Je crois qu'il y serait assez embarrassé, à moins qu'il ne compte Baigne, Pascal et Taateur de Tartufe comme élèves des jésuites- H aurait pu coucher encore sur la liste Voltaire et Diderot.

La journée d'un jésuite est la journée de M. de Ravignan. — La preuve que les jésuites ne sont pas intrigants, comme on l'a dit, c'est qu'ils sont très gais an réfectoire. Tant mieux pour eux. ~ Ils font des Tisites l'après-midi, mais en s'abstenant de toute visite de pure liienséancc, on de dislniction. I.e H. Père de Ravignan s'en abstient. Je le ci'ois sur parole; mais comment peutil répondre des autres ? D'ailleura^ où ser^t le mal d'observer la bienséance ? — On évite autant que possible de confesser les femmes; on préfère confesser les jeunes gens. C'est encore là un détail évidemment personnel au R. Père de Ravignan. — « Jamais un jésuite lie parait dans le monde » C'est suivant son gobt, rien ne l'oblige à s'en priver. Ainsi du reste-

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Oq se récrie sur la noulUplication des jésuites : on s'en effraie. Hélas! c'est s'effrayer de peu! Savez-vous combien ils soiil ? » 206 pour toute la France ! » — Oui, mais dans ce nombre ue sont pas compris les frères, ni les novices, ni les passants. Les jésuites sont établis en Italie, en Suisse, en Angleterre; la France, enfermée au milieu de ces pajrs, est constamment sillonnée de jésuites gui Tont et viennent et ajournent, quelquefois un an ou deux, pour se reposer. Par ce moyen, la maison de la rue des Postes, qui ne déclare que dix-huit Pères, en renferme quelquefois le double ou davantage. Sont-ce ]à desjésuitesîNon, ce sont des hôtes : distinguo. De Vt vient que l'Uniters, en reproduisant ee chiffre de 206, énoncé à la tribune par M. Martin, ajoute finement, ou même un peu plus.

Le li. Père de llavignan défend la doctrine de l'obéis- . sauce passive- Il allègue la discipline militaire et Texem:ple d'un soldat à qui sou général ordonne de se &ire tuer et qui se fait tuer. C'est là un pur sophisme; il n'y a aucune parité. I.f! suldut en iloniiant sa \i(; fait un sacrifice tout matériel ; le jésuite, en abdiquant sa volonté, fait un sacrifice moral qui n'est pas.permie à l'homme, du moins au-delà d'une certaine limite. Le Père de Ravignan cite le mot de saint Paul sur Jésus-Christ: obediens usque ad mortcm, il obéit jusqu'à la mo^-t; il se garde bien de citer un autre mot de saint l'aul ; obsequium vcstrum silrationabile, que voire obéissance soit éclairée par la raison. Telle était l'obéissance de Jésus-Christ à la va-

lonté de mn père. Cette obéisBance judicieuse, prescrits par saint Paul, est celle de l'Église gallicane ; l'autre, l'obéissance absolue, aveugle, brutale, est (xlle qu'impose saint Ignace à ses iillramontaiDS (1).

Et le PèrP. de liavifznan vient nous dire de sanir-froid que saint Ignace, lorsqu'il prescrivait d'être comme un 'cadavre, comme un b&ton dans la main d'un vieillard, n'a jamais eu l'intention d'assortir ht eiprïfe Il faat Être singulièrement sous le charme de la passion, ou bien compter plus qu'il n'est permis sur la crédulité des lecteurs.

Il n'est pae Jusqu'au probabilisme sur lequel le Père de Ravîgnan ne trouve moyen d'excuser les jésuites, tant il est ingénieux! Il commence par établir l'innocence de celle doctrine, « qui n'est un épouvantarl que pour les consciences mal éclairées. »(P. 110.) Puis, la démonstration flnie, si vous n'êtes pas convaincu, il vous dit : Au reste personne ne l'a plus fortement comballue que le l'ère Tirso Gonzalez, un de nos généraux. Kli oui I c'est précisément cela : sur toutes les questions, les jésuites ont dit blanc et noir. Si vous n'êtes pas avec eux, ils sont avec vdus : — Le probabilisme est une excellente doctrine. — A qui le dites-vous ! Voyez nos casuistes. — Le probEtbilisme est une doctrine affrease ! —

(l) SainiPaul recommande en toute ocouion l'obËiBSsnce judklenu et \'\n&^ti (le la roiion : ■ Omnia aulem probalo ; quod bonum est ■ relinele. > (Ad Tlieualon. , I, cap. V, 21.)

Notre gétiérat Tirso l'avait avancé et prouvé avant TOUS (I).

C'est là ressence même do probaliilisnie.

Combien de fois n'a-t-on pafi attaqué et signalé comme perverses, immorales, dangereuses, les doctrines de la Société deJésus?Eh bien ! tout le monde, depuis Pascal jasqu'au Parlement, s'est battu contre des fantômes : < La Société n'a point, n'a jamais eu de doctrines à elle. « Ce qu'on appelle ses doctrines, c'est ce qu'il y a de « plus approuvé dans l'Église, c'est la voix commune « des docteurs. » (P. 110.) —-Quoi! Escobar, Bauny, Sanchez, Vasquez, Filiutius; Tambourin, toute cette armée de théologiens... — Ce sont des individus; est-il juste de rendre la société entière responsable des erreurs

(I) Le U. P. de Ravignan ne ililiias loiil. I.e i'Ère Conzalcl, lorstiu'il Écrivit contre la doctnnt! du pi'ob.iliili^iiii;, n'i:lait iju'iin ^^impli: [iioine. II lui fallait pour publier son livre nipproliatioii du gàii'r.Ll. ijiii Ui refusa, et ce refus subsUia vingt ans. G'csl aprÈs ce délai que lu Père Gonzalez, devenu lui-mSmo général, pat faire Imprimer «m livre- Celte pnblIc&Uon souleva l'ordre entier contre son nonveau général, et Ie> Butles de celte lempSte auraient âté tftcheuBes ponr le P. Gonlalez, sans l'inlemntlon du. pape et des cardinaux {HUtolre eccUtias~ ligue, t. XIII, p. 4T9).NDlei que le P. Gonzalez condamnât le prolabilisme, non eomme général, nuds comme timple docteur, et n'obligeait point ses confrères à ce«eF de l'enseigner. -

Ea présence de ces ttdts Incontestables, que détient l'ai^roent du R. P. de Rarlgnan PU me sanlIilB qu'il toorAe contre les jésuites euxmCmcB.

Qu'importe aussi que le probabllltme se trouve en germe dans solnt Thomoa? Il y serait mort ; les J&uites t'ont misea crédit, c'est pb qUe l'avoir inventé.

îndividuelles? — Oui, mon Père, cela est jaste quon la Société a l'omim'ncé p;ir assiimor formellement cette responsabililé \is-ii-vi.s de cliacun de ses membres^ quand le livre de l'individu est couvert par l'approba" lion du général, s'esgageaat au nom de toute la Compagnie.

Mais, mon Père, si le probubilisme n'est qu'un épouvaulail qui u'arieu dedaugereux ni de criminel au fond, comment se fait-il que le pape Innocent XI, en 1679, ait dÉfendn de l'enseigner sous peine d'excommunication encourue ipso facio ? Apparemment ce pape avait une conscience mal éclairée, c'est-à-dire que son confesseur n'était pas jésuite.

Si la Compagnie de Jésus n'a point de doctrines à eUe^ pourquoi ce même Innocent XI condamna-t-il comme scandaleuses soixante-cinq proposKions de morale eitraites des casuistes de votre société ?

Conciliez cela, je vous prie, avec l'infiiillibilité absolue du pape que vous soutenez, vous autres ultramontains.

Vous répondrez qu'Innocent XI était janséoiste; c'est votre recoure ordinaire lorsque vous êtes à bout de raisons. Mais n'oublies pas qu'innocent XI condamna aussi le Nouveau Testament de Mons.

Comment, au reproclio d'enseigner le régicide, le Père de lïavignan n'u-t-il IriFiivi'i ii opposer que cette vieille distinction entre le réi,'icidc et lu lyrannicide? Eb! mon Père, vous le savez comme moi : tout prince qu'on veut assassiner est un tyran.

Parce qu'on a vu les jésuites longtemps Jiroctcursd^ consciences royales, - rois eux-mêmes di Paraguay et d'autres lieux, négociants immensénienl riclies, banqueroutiers frauduleux dans l'alTaire di Père Lavalette,etc.,etc.,le peuple, qui s'empresse d( juger sur les apparences, leur a attribué un esprit de rise, d'intrigue et d'ambition. Cette opinion est si enracinée, si uoîver- «elle, qu'elle a donné naissance à un adjœiif reçu dans la langue et même dans le dictionnaire Ce TAcadémie. Quelle erreur! quelle injustice! quelle ingratitude ! Voici, contre le témoignage de toute la France, le témoignige du Père de RaTignao qui ne saurait être sospect : « Les jésuites n'ont jamais connn d'antre ambilion que la faim et la soif du salut des àmfs! » (P. H5.)

Ëniin, après avoir lu le Père lic llav ÎL'i.ao, il osl impossible den'èlre pas convaincu que chaque jésuite, sans exception comme sans exi^àration, est ua ange sur la terre.

C'est peut-être le cas du proverbe : qui vmtlropproit' ver ne prouve rien.

Mais ce qu'on ne pourra jamais ôter ù M. de Ravigmin, c'est la gloire d'avoir le premier, en Francs, depois 1764, rétabli au frontispice d'un Hvre cette formule : par le révérend Père un tel, de la Compagnie de Jésus, avec le monogramme de !a Société.

Au demeurant, cette apologie des jésuites est écrite d'im s^le très doox.

Non moim douce est la lettre de M. de VaUmesnil au

Pèreltavignin. Il est impossible délire la lettre et le mémoire de if. de Vatifnesnil à ion vénérabU ami, sans se rappeler m aatre avocat célèbre dans les fïtstes da théâtre rrançiis. Ce que c'est pourtant que les hasards de la chronologie ! Si M. de V;ilim(!snil fût venu le premier, ou si, seulement, ils eussent été contemporains, M. de Vatîmisnil eût conquis la glorieuse illustration qui entoure'le nom de M. Patelin, et H. Patelin se fût obscurci devmt M. de Vatimesnil.

Si. de Vatimesnil entreprend de démontrer que les jésuites ont en France actuellement une existence légale, parilaitonent légale. Il fonde sa thèse sur deux moyens.

Un parlement janséniste, dit-il,— car tout ce qni n'est pas jansunisle est jésuite, et tout ce qui n'est pas jésuite est jansénists, — un parlement janséniste a expulsé la Compagnie de Jésus. J?i8tingm : (il n'est pas pour rien l'ami du P. I\avignan) la Compagnie de Jésus, ce n'est pas les jésuites! Un jésuite, est-ce la Compafïnic de Jésus? non. Deux jésuilps? non. Trois, quatre, six, dix? mon Dieu! non. Quarante jésuites, cent, mille? pas davantage. Ge sont des jésuites, des individus jooissant parle bienfait de la Charte de la liberté de conscienee, ce n'est pas la Compagnie de Jésus.

a Les congrégations religieuses ne forment pas des personnes civiles... mais rien n'empêche les ..individus qat appartlBiinent & ces coi^régations de se réunir, de vivre en commun» de suivre leur règle..t4a loi ne saa-

l'ait voir en eux que de simples particuliers. » {V. IS).

Mais la loi sur les associatioQB? — Elle n'est polotappUcable aux jésniles, parce qae l'article 291 du Code pi'nal déclare que l'on ne compterapas îespersonnes domiciliées dans lamaison. Ainsi, pourvu qiielcs jésuites habitent en commun, l'État n'a rien à y voir. Et s'ils babitent séparément, il a encore moins le droit de s'en mêler; attendu que cbacun professe librement le culte qu'il lui plaît.

II n'y a rien là qu'une application fort simple de la méthode d'argumentation des jésuites. Le plus lourd paysan, après six mois de séminaire et d'étude des ca- Buistes, aurait trouvé cette distinction. Le second moyen est plus original. Suivez bien ce raisonnement, si vous pouvez.

L'arrêt de 1764 a banni les jésuites. En 1792, une loi générale est venue abolir toutes les associations religieuses; doue cette loi eSkce l'arrêt de 1764 particulier

aux jésuites.

Je ne sais si ce syllogisme est en baroco ou en baraliptim, mais je sais qu'il est exactement en Vatimesnil. M. de Mcmtlopier avait dit, en parlant des actes antérieurs à S9, gui expulsaient la Société : « Aucune lui postérieure n'y a dérogé : loin de là, les lois portées depuis 1789 ont étendu à toutes les associations religieuses la dissolution prononcée contre les Jésuites, s L'argument â fortiori de M. de Montlosier paraîtra à tout le monde clair et juste. M. de Vatimesnil, par une

Si

gr&ce ^éciale de saint Tgnace, le tronve absurde : « II parait difjîcile d'imaginer un raisonnement plus K faux; c'est précisément parce que les lois portées « depuis 1789 ont aboli toutes les associations relit gieuBes qu'elles ont effacé les di^MiiUom qui élaimt € partieuliêree awejisuites.,.. Après que le niveau nni»- « catholique avait ainsi passé sur toutes les corpora- « lions religieuses, est-ce qu'il pouvait subsisler quelque « chose d'une mesure antérieure qui était propre à l'une t do 069 oorponiUonB?.... hea arrêts et les édUs de I l'ancien régime sur la Société des jésuites sont donc « lombes devant le radicalisme des lois de la révolution.» (P. 14, 15 et 16.)

En d'autres termes : Vous avez subi deux sentences : la première, spéciale et nominative; la seconde, géaôrale et coD8miatire<te la première ; donc la première est détruite par la seconde ; vous avcx été condamnés deux fois, donc vous n'avc; pas été cundamués du tout, lin vérité, ces jésuites sont admirables 1 ce n'est que chez eux qu'on trouve des exemples d'une pareille logique.

En 1828, M. de Vatimesnil, ministre de l'instruction publique, adressait à tous les colléiîcs de l'État une circulaire datée du 5 février, par conséquent anU'rlt'ure aux fameuses ordonnances dont les jésuites réclament aujourd'hui l'abolition. Dans cette circnlaire, il rectmimandait aux professeurs de ne jamais perdre de vue ce 9U0 prescrivent la Charte et les lois du royaume; il enjoignait la tolérance envers les élèves appartenant à

d'autreB cnltes que la relîgioa de l'État ; il recomqiandait l'ohservalion des mesures sages et fortes qui ont conservé les libertés de l'Église gallicane et la Charte conttiUttionnelle. Il terminait par ces mots :

. «Dans toutes les administrations, mais peut-fitre « dans celle dont je suis chargé plus que dans ancane a autre, il est nécessaire de maintenir Pordre légal. Mon « intention invariable est de m'y attacher en tous points « sans restrictions, u

Aujoard'hui, Vintention invarîahleie M. de Vatîmeanil est.de lïiire triompher les lihertés de l'ultramontanisme et les con&ères de son vénérable ami le R. P. de Ravignan.

D'où vient ce re'.>ix d'opinion? Ne le voyez-TOua pas? M. de Vatimesnil a voulu s'appliquer aassî les bénéfices du probabilisme, et se tenir prêt à tout événement. La lutte est engagée entre deux partis; si la victoire adopte TÉglise gallicane, il sera probable que M. de Vatimesnil est gallican avec sa circulaire de ministre. Si, au contraire, la fiiction uUramontaine a le dessus, M- de Vatimesnil, avec sa consultation d'avocat, prouveuL qu'il est jésuite. De toute foçoQ, M. do Vatimesnil rira avec les vainqueurs aux dépens des vaiacas.

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