‹ Les JésuitesChapitre 29 sur 111 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

contre ses amis eux-mêmes, se refusant à tout compromis avec le siècle, n’a eu d’autres moyens d'action que la puissance de la parole, de la doctrine et de la foi. Les Jésuites s’insinuaient comme confesseurs dans les cours, ils prenaient partout en mains l'éducation par la faveur des gouvernements, ils exerçaient sur les peuples un ascendant universel par les privilèges exceptionnels qui faisaient d’eux les dispensateurs des grâces spirituelles et les missionnaires de la Papauté. Calvin n'avait d'autre moyen de propagande que de former à Genève des prédicateurs et des martyrs.

Les Jésuites pourront à bon droit, en 1914, fêter le centenaire du rétablissement deleur ordre par Pie VIT; ils pourront se glorifier d’avoir restauré au xvi° siècle la puissance de l'Église catholique, de lui avoir insufflé leur esprit, de l'avoir maintenue immuable à travers trois siècles, telle qu’elle s’est constituée sous leur influence au Concilede Trente. De même les Jubilés de Genève de 1909 ont manifesté la puissance de l’esprit calviniste, le rayonnement à travers le monde de l’œuvre de Calvin, qui n’a pas été seulement une œuvre de progrès religieux et moral, mais aussi une œuvre de progrès intellectuel et politique. Si l’on compare la place tenue par les Jésuites dans l’histoire intellectuelle du monde depuis la mort de Loyola, avec celle occupée par la tradition calviniste : si l’on compare dans l’histoire de la civilisation le rôle des États où les Jésuites ont dominé et de ceux où a régné le Calvinisme; si l'on met seulement en regard ce que l’Académie de Calvin a fait pour l'avancement des sciences et ce qu'ont fait toutes les universités jésuites réunies, on aura une pierre de touche pour juger de quel côté se trouvaient les germes les plus actifs et les plus féconds de vie et de progrès.

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