‹ Les JésuitesChapitre 31 sur 111 · XXX VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX VIII INTRODUCTION

nales qu’on ne pouvait attaquer ou ignorer sans se fermer toute chance d’une action un peu sérieuse, on est amené à juger la question des rites Chinois et des rites Malabares deux manières tout opposées, suivant qu'on se place, comme le faisait la Papauté, au point de vue de la rigueur des doctrines et des idées chrétiennes, ou au point de vue de la possibilité de fonder en Chine et dans l'Inde des communautés chrétiennes puissantes et florissantes, comme le faisaient les Jésuites. Il n’est pas douteux que les papes n'avaient pas tort quand ils trouvaient que c'était dans une certaine mesure renier le christia-

nisme que d'autoriser les sacrifices à Confucius et

aux ancêtres, de suspendre dans les temples des tablettes données par l’empereur et portant les mots : King Tien, « Adorez le ciel », sous prétexte que dans

les King, livres sacrés des Chinois, « le Ciel » est

synonyme de « celui qui règne dans le ciel », et de dissimuler par derrière des formules vraiment chrétiennes. Il est non moins évident que les papes se

scandalisaient à bon droit de voir des Jésuites se

faire accepter comme brahmanes pénitents, repousser tout contact avec les parias pour ne frayer qu'avec les membres des castes, modifier les rites du baptême, dissimuler le nom et l'image de la croix, laisser aux femmes un bijou de fiançailles ({aly) sur lequel était gravée l’image d’une idole, etc. Mais il n’est pas moins certain que les Jésuites, grâce à ces concessions, avaient rapidement obtenu des succès incroyables, et surtout acquis auprès des souverains et des classes dirigeantes, dans l'Inde comme en Chine, une influence qui, si rien ne venait la contrecarrer, pouvait avoir d'immenses conséquences. Il est vraisemblable que ces succès ont

éveillé les jalousies des missionnaires rivaux, qui les

ont dénoncés au Saint-Siège, autant et peut-être plus

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