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« Il a frandii, un à un , tous les degrés de sa carrière.
« On a dit qu'il avait soHicilé... quand Taurait-il fait? « professeur, écrivain, il ii avait pas le temps, (page 87.)
« Il n'a point sollicité sous la restauration, mais sous « le ministère Marlignac, en 1828, par l'intermédiaire « d'un de ses illustres amis (même page).
« En commençant une œuvre immense, comme est This- « toire de ce pays , on se condamne à mener une vie de « reclus... celte vie n'est pas sans danger : on s'y absorbe « h la longue , au point de ne plus savoir ce qui se passe « dehors. » (page 88.) A^oilà sa position.
« La veille encore, il était enfermé entre Louis XI et « Cliarlcs le téméraire, et fort occupé de les accorder. » (Même page.) C'est une fleur de rhétorique.
// éiaii fort occupé de les accorder, « lorsqu'enten- « dant ce grand volde chauve-souris , il fallut bien mettre] « la tête à la fenêtre. (iOid.J
« Qii'a-t-il vu? Le néant; le néant qui prend posscssioiij <t du monde , et le monde qui se laisse faire, le monde qui]
« s'enva flottant, comme sur le radeau de la 3Icduse
« qui fait signe... à l'avenir? non, mais à fabiaie. (ibid.)\
« L'abîme murmure doucement : venez à moi ; que crai- « gnez vous? ne voyez-vous pas queje»cs«/5 rien. » C'esl bien fin !
« Et c'est parce que tu n'es rien, justement, que j'ai
< peur de toi. Je n'ai pas peur de ce qui est » (page 89). Ici, je ne saurais dire qui lient la parole.
< Plus de i/icotogiey ni de philosophie; parlez-nous plutôt de i>/c«.
II est grand temps, si Ton veut vivre, que chacun cher- « che la vie en soi-même , et fasse appel à la solitude , à la « libre association.
€ Nous n'entendons {juèrc aujourd'hui ni l'une ni l'au- « Ire, encore moins sait-on comment le travail solitaire u et les communications libres peuvent alterner et se fé- « couder. » (pages 88 et 89.)
M. Michelet « voit en pensée tout im peuple qui souffre
< et lan<]uit; faute d\issocialion et de solitude, » (ibid,) Et ce peuple se divise en deux peuples :
« Ici, peuple d'étudiants, éloignés de leurs familles « (celte moniagne des écoles est un quartier d'exilés.) » Ayez l'obligeance de trouver dans cette parenthèse beaucoup de profondeur.
« Là bas, peuple de prêtres.
€ Deux peuples libres, lorsqu'ils étaient groupés en
< confréries ou collèges au moyen-âge: plusieurs de ces « collèges se gouvernaient, nommaient leurs maîtres, etc.; « l'étude même était libre en certains points : au collège
< de Navarre les étudiants avaient droit de se choisir un i livre pour explifjucr ensemble. Ces libertés furent fé-
< coudes, et le collège de Navarre donna une foule
« d'hommes éminenis, entre autres Bossuet, « qui du reste fût élève des Jésuites jusqu'à sa rhétorique.
<r Ces libertés disparurent aux derniers siècles.» (p. 95)
Toutefois, suivant le même M. Michelet, « dans ces « écoles du moyen âge on apprenait peu ; mais on s'cxer- « mi/ beaucoup [même page].
« Au seizième siècle, on veut savoir, car la science s'ac- <t croît toiU-à-coup alors de tout le inonde ancien qu'on « vient de retrouver. » 12 octobre 1492.
« Par quels moyens mécaniques se mettre dans la mé- « moire CETTE masse de mots et de choses ?
« CETTE science inharmoniquc n'avait produit que le « doute; c'est pourquoi on imagina la forte machine du « Jésuitisme, où solidement rivé , l'esprit humain ne boa- « (jeât plus (page 92).
« Qu arriva- t-il? On croyait serrer dans des tenailles la « r/c /yrtZ/^i/a/i/e, » bien qu'o?i voulut seulement, a dit M. Michelet lui-même, tirer lavied'une inharmoniquc fluclua' lion (même page et même phrase), « et on se trouva n'avoir « serré que la mort. » Ne chicanons pas, et puisqu'il faut toujours traduire, présumons le sens que voici : le moyen r'ioisi par 0/?, comme harmonique et vivifiant, futbruiaî, étouffant et mortel pour ce//c science. — M. Michelet, de-
puis les leçons (|ui |)récèdent, regarde ceci comme ayant force de cliose ju{jée.
<( El la mort gar/nn. » En français : cette abominable stran(|nlalion de ceJic science se lit sentir au loin, jusque dans l'É^;iise , jusqu'à nos jours.
Puis sept ou huit li(ifnes d'une exactitude parfaite, sur les al)aissements et resciavajje du clergé inférieur.
Il est trop vrai que les mesquines et despotiques jalousies dos supérieurs ont réduit le clergé secondaire au plus triste silence, et qu'ainsi ses éminenls chawp'ions, tels que ^VS\. de Donald et de Maistrc ne sortent pas de son sein, ou se séparent de lui comme M. de la î\Ic!)nais, qui cependant reste prcire encore , et restera préire in cvlernum y n'en déplaise à M. Michelet.
M.'.is ccl.i est vrai de notre époque et non d'une autre; de la Vrancc et non d'autres églises.
Kl de plus, ce ne sont pas les Jésuites que le clergé accuse de l'avoir asservi médiaiement ou directement : les admirables Allignol dont vous citez l'ouvrage , en ont dévoilé et louché du doigt les seules causes; je suis heureux et lier de les avoir signalées moi-même bien des fois.
Une lactique perfide , mais triviale et démonéiisce a force d'avoir servi , c'est de prêter à ses adversaires des objections ridicules pour s'assurer l'honneur de les confoji- i dre nycc aisance et faciliié ; les charlatans préservent de 1 la colique en vendant deux fioles : fiole n- i qui la donne , fiole n'' 2 qui la guérit plus ou moins. Je voudrais ne point dire que ^I. Michelet procède ainsi.
« Mais quoi I dira-t-on peut-être, ne suffit-il pas de € redire et répéter un dogme éiemell » Ainsi s'exprimet-il.
Xon, personne ne dira et ne peut dire une si détestable sottise. Depuis la naissance du christianisme, 1* Église a toujours enseigné simultanément le dogme et la morale : le dogme, ou toutes les croyances fondamentales que la théologie comprend sous cette dénomination générique, et non un dogme ; le dogme qui est éternel ou n'est pas du tout.
Sans avoir inventé les robes neuves ci le ^ctement de jeunesse dont le Christ, dans ses puissants réveils, n'a jamais uianrjué , et quil a iiicessammcnt renouvelés, et par saint Bernard, et par saint François, et par Gerson, et par Bos5«c?(page 95); sans se fourvoyer, comme une grande radoteuse, dans un pareil fatras, l'Église a, par ses enseignements dogmatiques et pratiques, éclairé, purgé,
civilisé, réformé le monde ; les plus minutieux détails de la vie, les plus vastes contemplations de l'àme, les plus profonds sentiments du cœur, elle n'a rien négligé, elle a tout sondé, tout délini, tout agrandi et fécondé; et c'est, en dépit des nombreux obstacles qu elle rencontre, son histoire d'aujourd'hui comme celle de son existence passée.
Après avoir constamment baffoué le christianisme comme ennemi du progrès, M. Michelet nous concède que le Christ a incessamment renouvelé sa tunique de siècle en siècle; qu'est-ce à dire? puis-je augurer de là que M. Michelet fait volte-face, et qu'il admire maintenant l'action progressive et harmonique du christianisme dans les phases diverses de l'humanité?
Néanmoins plusieurs questions se présentent.
Puisque vous admettez cette libre et harmonique tendance du christianisme jusqu'à l'époque de Bossuet inclusivement, le Jésuitisme, jusqu'à cette même époque, n'avait donc pu encore l'entraver?
S'il ne l'a pas entravée, où a-t-il pris les vies palpitantes qu'il serrait dans des tenailles? et que deviennent toutes vos imputations et malédictions sans réserve ni merci?
Comment se fait-il qu'un si dangereux et si subtil venin piit circuler dans le cœur même du christianisme, pen-
dant plus d'un siècle, sans le tuer ou au moins l'arréier sur place?
Vous ne répondrez pas même que jésuitisme et christianisme sont deux, vous qui les confondez perpétuellement, pour en conclure que l'un a dévoré l'autre et s'est substitué en ses lieu et place.
Expliquez-vous donc.
Vous nous tracez ensuite une peinture de TEglise de France (ce qui réduit considérablement le sujet), au siècle présent. Cette peinture, quoique exagérée à divers égards, n'est pas dénuée de vérité. Vous sévissez de rechef contre la desséclianie éducation des écoles ecclésiastiques, dcsséc! aille, dites-vous, comme celle du seizième siècle que vous préconisiez emphatiquement à quelques pages de là; déterminément et sans rire , vous venez prier l'Église de ne pas mourir (page 96) ; vous engagez les ecclésiastiques du second ordre à secouer leurs chaînes, à travailler avec vous, en sorte que nous soyons tous des frères dans le libre esprit: sans quoi, probablement, le Christ, dajis son puissant réveil, manquerait, pour le coup, d'une robe neu^e.
Ilélas! mon frère....
Vous confondez toujours ce qui est essentiellement distinct : l'Église et une église ne sont 'pas une seule et
ni('inc chose. Le cler{;é du second ordre, s'il souffre rcs- (lavage eu Trauce , trouve autre part une meilleure vie. lj'Ê{;lise de France, minée à la longue par le vice même de sou organisation, peut mourir....; l'Église... maisj*ai honte d'insister.
Moi qui pense comme vous sur tous ces points, sauf ks robes neuves et la prière de ne pas mourir, je crois d'autant plus à l'immortalité de l'Église catholique, aposloli(pie, etc., etc., qu'elle reste immuable et sans tache au milieu des faiblesses possibles de telles ou telles églises particulières : parties utiles , sans doute, mais non intégrantes de sa constitution. En fait, vous n'atteignez donc point l'Église catholique.
Vous n'atteignez pas non plus les Jésuites; car, pour la millième fois, les Jésuites sont-ils curés, vicaires, administrateui's des paroisses? sonl-ce les Jésuites qui attirent les (idèles au temple saint, soit par l'intérêt, soit par d'autres moyens que votre urbanité vous fait supposer? sonlce les Jésuites qui gouvernent les séminaires, les diocèses, l'Église de France? et, puisque vos arguments ne s'étendent pas au-delà, si le Christ, dans ses puissants réveils, man<iuait désormais de robe neu^e, sont-ce les Jésuites qui auraient pu la voler?
Fn peu de raison, s'il vous plaît !