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INTRODUCTION

Le JOsuitisme, l'esprit de la police mis dans les choses de la

Religion,

D'abord, M. Michelet vout définir le Jésuiiisme; c'élait en effet le grand point; et il débute ainsi :

t Je prie Dieu, s'il faut qu'il nous frappe encore, de « nous frapper de l'épée...»

Pourquoi pas d'autre chose?

Parce que « les blessures que fait l'épée, sont des bles- « sures nettes et franches, qui saignent et qui guérissent. »

Fort bien , j'admets que les blessures faites par l'épée soient toujours nettes et franches, et que toujours elles guérissent, comme le prouvent quotidiennement les spadassins de métier et les annales guerrières de tous les peuples; mais je ne vois rien en ceci qui définisse le Jésuitisme.

Un instant, réplique le professeur, « mais que faire aux € plaies honteuses qu'on cache, qui s'envieillissent et qui € vont toujours gagnant ? >

Bien, bien, il y a trente siècles qu'un si difficile problème travaille des têtes de médecins et de moralistes

Et le Jésuitisme?

M. Miclielet continue :

(c De ces plaies qu'on cache, qui s'en vieillissent, etc., « la plus à craindre, c'est l'esprit de police mis dans les (( choses de Dieu, l'esprit de pieuse inlri{jue, de sainte dé- « lation, l'esprit... des Jésuites.»

On ne s'y attendait guère !

Quoi qu'il en soit, j'ai la définition et j'en prends acte; du moins offre-t-elle à présent des termes clairs et précis: l'esprit des JésuileSy ou l'esprit de pieuse intrigue et de sainte dissimulation, c'est tout un.

De là des imprécations fort bigarrées: c Dieu nous « donne dix fois la tyrannie politique, militaire, et toutes -fc les tyrannies, plutôt qu'une telle police salisse jamais « notre France !... Mieux vaut la mort qui ne tue que le <t corps; mais Tame tuée , que resle-t-il? La mort, « en vous tuant, vous laisse vivre en vos fils; ici vous per- ^t driez vos fils, et l'avenir... Le jésuitisme, etc., etc., une ■ « fois transporté du collège et du couvent dans la société « entière, quel hideux spectacle ! » Je copie textuellement et ne comprends pas.

Vient un lugubre tableau qui n'est que la rej)rodaclion de ces fantaisies en style plus niaiselplusamphigouri- <|iie, s'il se peut, et dont voici le complément: « Ceci a n'est pas, comme on peut le croire, un tableau d'ima- 4 gination. Je vois d'ici tel peuple que les Jésuites cnfon-

€ cent cliaquc jour d*un degré de plus dans cet enfer des « boues ôtornclles. »

Il fallait jnslilicr ensuite la délinilion donnée ôiiJcsu?- (isnic, et montrer de la manière la plus évidente qu'il existe, et se propage, et tue Came, et nous fait perdre nos fils et l'avenir, et enfonce tel ou tel peuple dans Vcnfer des boues éternelles^ c'est-à-dire que, par le fait de son influence^ la femme devient espion du mariy l*enfant delà mère, etc., etc., elqu'ainsi « l'on n'entend plus c qu'un bru'ssement de gens qui confessent les péchés € d'aulrui, qui se travaillent les uns les autres, et se ron- « {jent tout doucement. » Ligne très commune et facile à suivre sans écarts ;

M.Michclet ne s'en accommode point.

Ce que M. Miclielet veut, c'est qu'il y ait très certainement, et quoi qu'on en dise, des Jésuites, dans le sens qu'il prête à ce mot. Prouver n'est pas son fait : cela est,parce qu'il veut que cela soiî.

Ainsi, n'en doutez-pas, les Jésuites, aplatis en 1850, sent si puissants en 1845, qu'ils ont <r enlevé, sans difficulté, f nos trente ou quarante mille prêtres, leur ont fait per- « drc terre et les mènent Dieu sait où ;... selon une per- «: sonne qui croit être bien informée, le chiffre delacompa- « gnie s'est élevé en treize années de 425 à 960 en France ; t elle était concentrée dans quelques maisons, et elle est

« disséminée dans tous les diocèses ; elle se répand par- « tout, — puisque — trois pères viennent de passer à « Al{;er, et plusieurs en Russie ; elle se fait demander « au pape, par le Mexique el la nouvelle Grenade ; elle 4 est maîtresse du Valais, de Lucerne et des petits can- « tons, etc. ; on a tort de demander s'il y a des Jésniles, <c et tel fait celte question dont ils gouvernent déjà la « femme, la maison^, la table, le foyer, le lit... » (pages 15 et 14).

Sans plus m'occuper de mauvais goût et d'illogismes

de rédaction, j'abandonne, sous ce rapport, les citations

à la sagacité du lecteur; elles se commentent d'elles-mêmes ;

et partout où m'appellera M. Miclielet, à droite, à gauche,

autre part, j'irai.

Qu'en matière iV aplatissement de Jésuites , il eût invoqué 1828, on le comprendrait à la rigueur. Le gouvernement jéswi/ir/MC de Charles X, représenté par un évê' que, fît alors une ordonnance k l'effet d'éloigner de l'enseignement public les congrégations religieuses non autorisées ; or, la compagnie de Jésus, étant une congrégation de ce genre, se trouvait comprise dans l'analhème commun. Elle restait libre pour le reste, et intacte de tous points; sans doute, mais toujours est-il qu'en cette partie de son ministère, les dispositions royales, de quelque manière qu'on les juge au lx}nd, V aplatissaient, el que

M. Michelet avait droit de le dire, surtout en meilleur langage; je me permettrai pourtant à ce sujet quelques explications pacifiques.

1850 est le contre-pied de 1828; M. Michelet n'en disconviendra pas.

Je parle de la révolution et de son principe, non de *es résultats effectifs et inattendus.

Ici le despotisme et les privilèges de castes, d'autant plus odieux qu'ils étaient déguisés sous de mystiques dehors de libéralisme et aux mains de personnes honnêtes mais peureuses et peu capables ; là, au contraire, le combat à outrance et la victoire généreuse pour l'égalité, pour la vérité politique, pour la sage économie des pouvoirs, pour la liberté.

1850 est le renversement complet de 1S28, ou rien.

Le'peuple, si patient dans sa force, n'agit pas pour si peu.

Dire que le peuple a seulement voulu changer de maîtres, serait une absurdité.

Dire qu'un ordre nouveau n'est que l'ancien ordre épuré, c'est une égale folie; je demande comment s'accomplira ce laborieux triage?

Serait-ce que la mission d'une assemblée constituante, subitement formée par le choix universel, se réduirait à décréter sur l'heure la conservation du passé tout entier.

moins ceci ou cela? Eh, lorsqu'on sait combien il a fallu de temps, de raisons, de sujets de déj^oùt et de colère, do réflexions, d'hésiiaiions et d'anxiétés pour mûrir et déterminer une révolution, vous prétendez d'un mol résumer toutes les difficultés et les dissiper, interpréter h coup sur toutes les volontés et tous les désirs, toutes les répugnances et tous les intérêts d'un peuple !

Il est des lois immuables, essentielles, générales, des rèi^lcments même d'une évidente nécessité ; c'est ii la sanction de ces renflements et de ces lois que le peuple conviait ses reprcs:ntanls.

Mais il est d'auircs lois qui puisvnt leur raison d'èire d.ms les dispositions de l'es^ rit public: elles meurent avec Je pouvoir qui les a faites, et scn'. cjmme n'ayant jamais éié. jusqu'à ce que des axidenls nouveaux en aient constaté Turgence, et le nouveau pouvoir régulièrement intimé l'observation.

C'est pourqi ol les Jésuites, bien loin d'avoir été aplatis par 1850, le doivent saluer commj un libérateur.

Sans nul souci de ce q li i.va't eu lieu auparavant, ils vinrent comme sont \ enus d ^puisles bénccliclins et quelques autres, non plus ré| u lits, non ap[ rouvjs, mais se donnant à juger à la ré o'ulion : c'é:ait, pour ainsi dire, un ordre naissant; trs peu nim'jrcuv d'abtrJ, ils se recrutèrent à la longue, |c c'a esura'; e. maintenant que, se-

ion inic junsorwe ffui croit cire bien iiifoimcc^ il y eu a 900, la révolution qui a fail un essai do treize ans, ne taidorait pas sans cloute à les rejeter, si vraiment elle les improuvait.

0:i rn'ubjcclc qu'à différentes époques, depuis 1830, les arrêts de bannissement des Jésuites ont été adopiés et ronlirmés parla puissance publique. Celte question n'est

pas S(M'ieuse.

Je vais cherdier les trenle ou quarante niillo prêîrcs qu'ont enlevés sans ilifficullé les 960 Jcsuiies.

Le PrC'tre et le Jésuite.

M. Mielielet les cherche aussi : « Où donc est le clergé € de France? dit-il. Les partis qui en faisaient la vie? t morts; ce tout petit jansénisme?... je ne vois que la « tombe de Lanjuinais; M. de Montlosier et nos loyaux € (jallicans? disparus (l). Qui oserait aujourd'hui en « France se dire gallican? pas même la timide opposition « sulpiciennc. »

Donc, il n'y a plus de clergé en France; donc, 960 jésuites ont <?///cvé sans difliculté nos trente ou quarante mille prêtres, leur ont fait perdre terre, etc. C'est clair.

(1) M. Michclet paraît ignorer la significalioii véritable des mots î^nllican, idlramonlaln, et bien (les personnes les prononccnl sans en savoir davantage. (Voir Lettres sar Iç Clcr^c, de M. Libri.)

Voici pourquoi encore : « Les Jésuites et Saint-Sulpice « vivent maintenant bien ensemble ; le pacte s'est fait ew- « tre la mort cl le vide. >

Entre la mort et le vide? je ne connais pas cet endroit là ; mais je partage, sauf restrictions, la pilié qu'inspire à M. Miclielot le régime actuel des séminaires.

J'aurais seulement désiré qu'en faisant « sortir les jeu- « nés prêtres d'une école qui n'enseigne pas, aussi étrangers « à la science qu'au monde, » il évitât d'ajouter que « ce e n'est pas le talent qui leur manque, etc. ; » (page 16). J'aurais lu avec intérêt ce contrat infernal en vertu duquel les Jésuites s'engagent à seconder les sulpiciens pour l'abrutissement de la jeunesse.

Et puis, M. Michelet s'oublie fort : au lieu des grands mots insignifiants qu'il étale pour désigner et flétrir les livres de théologie en usage, il appartenait à un homme d'honneur comme lui d'appeler tout bonnement ces livres par leur nom.

' On souffre quelquefois d'habiles et généreux subterfuges pour la défense d'un opprimé; celui qui use pour nuire à l'opprimé de moyens semblables, ne s'atth'era jamais que le mépris et l'horreur.

Au fait, quels sont ces livres que M. Michelet compare h une médecine infâme? (page 15) les Traités de Théologie de Bailly , de M. Bouvier évoque du Mans, ou de M. l'abbé

Carrière, seuls auteurs qu'on étudie dans les classes; la Perfection chréiienne de RoibUjucz, seule lecture ascétique, ou à peu près, qui se fasse en commun; et ïlliatoire ccclésiasliqiic de Flcnrij, que les élèves entcudeut au réfectoire du commencement à la fin de leur éducation cléricale; à moins qu'il n'eut en vue ï Imitation de Jésus- Clirisi cL l'Évangile.

Ainsi on caresse des préjugés vulgaires; ainsi on met à profit, pour les grossir et les envenimer encore, de vieux, contes oubliés et non moins horribles que stupides.

Ainsi, lorsqu'on a fait un pas dans une si honteuse voie, on ne s'arrête plus, et on ose écrire des choses comme cellesci : (c f assurance cynique que mettent les supérieurs à « défendre tout cela, doit faire sentir combien la loi de- « vrait surveiller ces grandes maisons fermées ou personne < ne sait ce qui se passe,... » (page 1G).

Non, vous ne croyez pas à la médecine infâme; votre conscience rougit de vos paroles; ces ignobles scurrilités des halles, comment avez-vous pu les recueillir, et piller à ce point les cloaques? Non, ces grandes maisons ne sont pas tellement fermées que tout le monde ne puisse y entrer, et voir ce qui s'y passe !

Ce qui s'y passe! interrogez la foule de ceux qui en sont sortis , prêtres , laïques^ religieux ou irreligieux , et

ils vous diront qu'il s'y pause un miracle de la providence do Dieu : des assembl<^cs de jeunes hommes vivant sous l'active surveillance de leurs directeurs, et que l'universel (lévergondnjje des mœurs n'a jamais pu troubler, ni la malveillance confondre.

Laissez les objections perfides et sales :

En écrivant que les Jésu\lG& gouvemeni le tii.,. vous voulez encore une fois faire entendre ce que vous ne pensez pas; vous savez qu'il est difficile et presque impossible de traiter publiquement une question pareille ; vous savez aussi que si )e vice peut s'introduire , sous les formes les plus abominables, dans le sanctuaire mystérieux des plus légitimes amours , l'apôtre de la morale doit s'imposer le devoir analo^^ue d'y porter ses investijjations charitables , sévères et discrètes.

Et surtout, vous n'i{];norez pas que la confession, ainsi comprise, n'est pas le fait exclusif des Jésuites.

Mais il faut, bon {jré malgré , que les Jésuites répondent de tout : les sulpiciens élèvent mal leurs séminaristes? le prêtre de paroisse chemine tristement et proiil volontiers le bas du pavé ? c'est la faute des Jésuites.

IVI. Michelet compare, au moyen de cette transition, le Frêire et le Jcsuilc,

« Le pr(*'tre semblable à la triste {giroflée cpi'il élève sur « sa fenêtre, homme honnête et homme de cœur pcui-âtrc, * qui travaille toute sa vie 5 ujnorcr, c'esl-à-d'ue à ne « pas faire, de plus en plus, les choses sur lesquelles on « viendrait le consulter; malheureux, qui porte la loi et le « dccalogue comme un poids de plomb , lent, plein d'ob- < jections; — le Jésuite dont la voix est douce et le pas « ferme, qui fait un vœu d'obéissance... pour régner, <( pour être pape avec le pape, etc., etc., qui vit en Eutt rope, sait ce dont il s'agil quand on vient le consulter, « possède une chapelle italienne, préfère la grâce à la loi, « et trouve que la Sainte-Vierge est bonne (page is).

t Le prêtre qui est en puissance comme mineur et a « peur de Tévêque; — le Jésuite qui n'a peur de rien, » pas même de ses supérieurs, n'est-ce pas?

<f Le Jésuite, reprend M. Michelet, lient le prêtre par t l'évêque; donc, prêtre, malheur à loi... situ bouges r^

Reste à prouver que les Jésuites sont ainsi faiis , que les évêques effectivement sont au service des Jésuites, que les Jésuites conseillent auK évêques une tyrannie aniikumaine (p 20) et sont cause de l'abaissement du clergé secondaire, c\\\ils chassent les prêtres des chaires pour s" g mettre, qu'ils dirigent l'éducation des séminaires de Saint- Sulpice, enfin qu'il n'y a plus de clergé, et que les Jésuiles

Tont tué ; c'est, comme d'habitude, la chose dont M. Michclet s'occupe le moins.

Toutefois , comme il pourrait fort bien n'avoir pas dit 8on dernier mot, ayons patience.

Qu'est-ce que les Jésuites? la contre-révolution.

Déjà même il aborde les détails. « Prenez un homme « dans la rue, le premier qui passe, et demandez-lui: « qu'est-ce que les Jésuites? Il vous répondra sans hésiter : « la contre-rêvolulion, »

J'essaierai, mais je parierais bien volontiers pour la négative.

Il continue : « Au bout de dix ans passés sur l'histoire « et les livres des Jésuites , vous n'y trouverez qu'un sens: € la mort de la liberté. Ce mot, partout où la Presse at- * teint, et plus bas encore, a retenti... »

Je réserve mes observations.

Je nie purement et simplement^ parce que M. Michelet le soutient de même, que les Jésuites aient « gagné les « femmes avec de saints joujoux (page 25), qu'elles don- « nent le mot d'ordre aux picpiis, lazaristes et bénédictins, € et qu'elles dressent des oiseaux privés pour prendre « des oiseaux sauvoges (page 24), » ou, en d'autres termes, des JésuitessesiOiW extorquer subtilement les^filles

aux mores, en intéressant à cette opération monstrueuse ia tendresse de ces dernières et leur ombrageuse coquetterie (pa{je 25).

Je nie que les Jésuites aient jamais parlé ferme (page 22), jusqu'à dire : nous avons les filles; nous voulons les fils (pages 26), et même qu'ils soient directement ou indirectement les auteurs des scènes du Collège de France.

Énoncer de pareilles sottises, c'est les réfuter.

Je nie de plus qu'entre une poignée d'étudiants brouillons , sans souci, avides de vacarme, dont la plupart trc s certainement ne connaissaient pas le point en litige, et l'avenir religieux et social du monde, il y ait le moindre rapport.

Et je dis qu'en exagérant à plaisir l'importance d'r.ne pareille farce pour en faire l'œuvre de toute une multitude conjurée contre la liberté de la pensée et poussée par les Jésuites, M. Michelet veut badiner et présager un bonjbardement sur l'explosion d'une allumette chimique.

Mon Dieu ! oui, Schelling a développé pendant trente ans les doctrines du libre examen, sans soulever son pays ni même exciter le moindre murmure autour de sa chaire; et nos deux professeurs se trouvent dans le même cas vis-k-vis de la France, hormis que, n'étant pas des Schelling, ils n'ont pu se faire prendre suffisamment au sérieux par leurs auditeurs.

El ceprndant , le livre des Jésuites repose tout cniier sur ce raisonnement : « On nous a siffles , donc la liberté est morte. «

Sur cette idée, M. Michelet nous donne sa bio<jrapliie et se représente comme rinfali{jable champion et le martyr éternel de Vami inconnu.,, (page 29) Qu'est-ce que cet am} là?

Son enseignement; son caractère spiritualiste.

11 a « mis^ à l'en croire, dans son enseignement, ce que « nul homme vivant n'y mit au même degré. Son cnsei- « gncmcnt est renseignement de l'esprit; de là, les aîlcs « qui le soulevèrent. > (Page 52).

Il a (( cherché pour la vie , autant que pour la science , « pour le remède de l'àme, comme dit le moyen-àge. » Je ne comprends pas.

■•{la « aimé le passé cfuil refaisait; il porte tout le « passé comme il aurait porté les cendres de son père ou « de sou fils; (page 51) et le présent aussi , ce compagnon t de son élude ! » (Même page).

11 a « senti en lui les deux principes, nullement oppc- « ses, qui se partagent le monde : la révolution et le « mojfen-àgc, pour lequel son cœur est immense; « (p. 5l).

« Les choses les plus liliales qu'on ait di;es sur notre <iyieille mère TÉglise , c'est lui qui les a dites, (mén>e

«pa{je), cl il d('(io qu'on les compare à la scclierosse « de ses plus I)rillants défenseurs; » rien que cela.

Il a « délini l'histoire , la victoire progressive de la II- « hcric (^pa{je^52); » définit iou claire, précise, complète dans ses termes assurément, et par là même exclusive de cent mille autres qu'on pourrait faire sans plus de fondement n' degcnc.

< La Tradition, s'écrie-l-il, c'est ma mère, et la Lît bcrté, C'EST MOI! > (même pa{îe, lig^ne 12.)

Supérieur à Goethe, (jui n était pas chrétien^ à M. Victor IIu2;o, poète moins noble et qui na vu d'abord que le diable dans la maison de Dieu , tandis q'ie l'un cl l'autre n'ont regardé que le dehors , il est paru de la ciuse , et la fécondant , en a suivi i effet.

€ // ne fil pas de l'église sa contemplation j mais son t œuvre ; il ne la prit pas comme faite, il la refit...-» (page 55, ligne 14).

De quoi ? se demande-t-il ; — je serais curieux de le savoir, — « du cœur et du sang de l'homme. > Devinez.

Et, € sous ces masses oit l'autorité pèse impérieusement < sur nouSj il montra la liberté, la hberté, vrai titre du (( moyen-age, » pour le moment.

« Lui retrouver ce titre , c'était lui faire sa paix avec € l'âge moderne, qu'on le sache bien , » et qu'on le comprenne surtout.

Il a « suivi la même recherche dans la liilcrature, dans « le droil, dans toutes les formes de l'acLivité, même aux « époques troubles. »

« Au quatorzième siècle, il a mis en lumière , aux dé- (( pens de tout le reste , la grande question rclijj^icuse , <( celle du temple ; » c'est un peu vrai.

(( Au quatorzième, ayant perdu la France par un fol, « il la sauva par la folie héroïque et sainte de la Pucelle « a Orléans ! ! ! »

Il a « compris cnfm le sacerdoce , le pontifical de l'his- « toire. » (Page 54, 55^ 56.)

Comment renseignement de M. USicliclet a été troublé, et ce qu'il sera désormais.

« Et c'est dans ce religieux travail que l'outrage l'est « veau chercher, le 7 avril 4842, après une leçon fart c.grave, » comme s'il en faisait quelquefois d'autres.

On frappait donc dans sa personne tout ce qu'on vient de voir : le génie , la liberté , Thistoire , la vie , la créalion.

Et puisque M, Miciielet ajoute que le mol d'ordre était donné, donc, il n'en faut pas douter , le mot d'ordre était donné , et donné par les Jésuites.

En vérité , la plume tombe des mains , et , chez le peu-

pie né malin par excellence , des hommes se sont trouves, en petit nomjjresans doute, mais des hommes, qui écoutaient sans rire, et savouraient même avec délices de telles pantalonnades !

Et des journaux ordinairement sajjes , les ont reproduites à titre de recommandation !

Et jusqu'au sein du cler/jé , on a murmuré quelquefois qu'il serait difficile de réfuter cela !

Oui, très difficile , parce que cela n'est rien , si non un rude et indi^fcsle fatras, un mensonge perpétuel, palpable, cynique , une débauche de langue , un cauchemar , une folie , toutes choses qui ne se discutent pas.

Il en est de la critique comme du mépris , à l'égard de certaines gens : elle ne les atteint pas, ils passent dessous; son rôle n'est pas de les combattre , mais de prouver à quelques esprits faibles et prévenus^ l'absurdité de l'importance qu'ils y attachent; et il lui suffit , pour atteindre ce but , de les montrer du doigt.

J'ai suivi celte marche ^ je la continuerai.

Ce que nous avons vu se passait en 1842.

Le Rêveur, c'est ainsi qu'il se désigne (page 57), « re- < tomba toute une année dans son rêve du \ieux temps , « elles Jésuites vinrent par derrière frapper le rêveur; » manière poétique d'exprimer que ^I. Desgurets publia dans

CCI iniervalle /cyT/o; o/)o/e univcrsiiahe, qui M. Baulaîn « parla en chaire sur l'anaioniie » (p^ige 57), ei que « les « prcdicateurs se sont mis à prêcher, comme au temps do « la Ligue , contre telle ou telle personne » que le 7ci'Ciir se garde bien de nommer.

) « Il se trouvait cependant que, par le plan de son cour?, <c le rêveur venait à eux (aux Jésuites). » Cepe.ulint mérite considération , d'autant qu'il m'a toujours paru difficile de venir à un homme pendani qu'il me fiappail par derrière; c'est un tour de force.

Et savez-vous comment il venait à eux.? c occupé jusque- « là d'analvser la vie, ou C or mnisme vivant , il devait na- « lurellement mettre en face la fausse vie, ou le machi- < nisme stérile. — C'est la plus grave leçon , dit-il, de « la philosophie et de l'histoire. > (Page 50).

Ces lourdes paroles, qu'elles tonibent ou non sous le sens commun , ronflent fort à l'oreille; c'est assez , et quiconque s'aviserait d'en réclamer l'explication, M. Michelct bien certainement le dénoncerait comme un béliire.

Car il naime guère la dispute, le rêveur; il est modéré, poli, de manières \i;'ginalcs; et jamais, par exemple, il n'eût' touché aux affaires de l'Église, si l'Église n'eut louché aux siennes, qui sont les (juestions sociales.

Mais 4 rK;>lisc s'occupe du nioiulo? clic lui cnsei(jne SCS affaires? A !a bounc heure, il lui enseignera Dieu! » (Pa{îe58).

Ainsi soil-il ! « que Dieu rcjiirc dans la science... »

« Ali î sci[]neur, fait M. Michelel d'un air pai faiienient (gaillard , que vous serez bien reçu ! » (Même page.)

El l'inircduction est finie.

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