Les Jésuites hors la loi
La réaction ultramontaine et jésuitique a pris, depuis 1852, des développements qui inquiètent et irritent les bons citoyens. On se demande si la France de 1789, oui de 4789, dont les principes sont si hautement invoqués par le gouvernement, sera livrée à la croisade noire.
Des faits très-récents, le procès des fouetteurs de Bordeaux, et les déplorables événements de l’île de la Réunion, ne pouvaient manquer de produire une indignation générale. On à vu que les Jésuites sont ce qu'ils ont toujours été, des agents du pape-roi, des ennemis de la France, des causes incessantes de troubles, de discordes, un danger public.
On a eu lidée d'adresser au Sénat des pétitions pour obtenir l'expulsion de ces religieux; ces pétitions se couvrent de signatures à Paris et dans les départements.
La question de l’existence illégale des Jésuites a été débattue chaleureusement, patriotiquement dans les réunions populaires; plusieurs séances tenues dans la salle du Grand-Chéne, ont été consacrées à démontrer que les Jésuites sont hors la loi. Il y a eu débat contradictoire, presque solennel, et on a pu se convaincre combien est grande la répulsion qu’inspirent les hommés noirs.
Qu’adviendra-t-il de ces pétitions et de ces mouvements dirigés contre la Compagnie de Jésus? Nous ne saurions le dire... et pourtant il n’est guère possible qu’on use d’une plus longue tolérance envers des hommes tant de fois chassés, bannis, proserits.
Nous avons voulu donner aussi notre coup de pioche pour extirper à tout jamais l’arbre du jésuitisme du sol de notre belle patrie.
Nous avons écrit ce petit livre qui n’est ni une satire, ni un pamphlet,
C'est tout simplement un procès-verbal historique et judiciaire.
Nous donnons le bilan des méfaits et crimes de la Compagnie de Jésus, avec les ordonnances, édits et lois qui les ont condamnés.
Ge simple bilan démontre par des faits et non par des insinuations que l'institut a été depuis le seizième siècle une calamité, du moins un danger pour la France.
Que l'Université, les parlements, les évêques gallicans, Henri IV, Louis XV, Louis XVI et enfin Charles X ont dû sévir contre ces conspirateurs pour sauvegarder
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l'ordre public, nos lois fondamentales, nos libertés.
De nos jours, la lutte jésuitique est devenue plus intense que sous l’ancienne monarchie. Les révérends pères ne connaissent plus de bornes à leurs prétentions.
Voilà pourquoi l'opinion publique s’émeut et pétitionne.
Et pourquoi prendre ce moyen détourné pour nous débarrasser des ennemis irréconciliables de la société française ? Il en est un plus simple, plus immédiat, plus efficace.
Invitons partout les procureurs généraux à faire exécuter la loi, et huit jours après il n’y aura plus un Jésuite en France,
Les Jésuites sont hors la loi.
Qu'ils soient traités comme on traite les criminels en rupture de ban.
Si le gouvernement veut les amnistier, il le peut.
Mais il ne le voudra pas.
Donc, qu’on les chasse.
Et comme ils sont gens de mainmorte, frappés de toutes les incapacités pour posséder ; qu’ils ont acquis illégalement des biens immenses,
Que ces biens illégalement acquis soient vendus au profit du gouvernement.
Qui sait si l’État ne trouvera pas ainsi plus d’un milliard dans l’escarcelle de Loyola ?
Les Jésuites sont-ils morts civilement, oui ou non?
S'ils sont morts (ce qui est incontestable), leurs propriétés, meubles et immeubles doivent faire retour à l'État.
Avons-nous besoin de dire que dans ce réquisitoire dressé contre les Jésuites, nous n'avons en vue que l'institution d'Ignace, institution abhorrée autant que dangereuse. Les personnes sont et demeurent r'espectées par nous, et ceux de nos compatriotes qui, dans
des moments d’hallucination, se sont enrôlés dans la
| milice jésuitique, n’ont perdu aucun de leurs droits à n0s fraternelles sympathies ; la France sera dans l’allégresse, elle tuera le veau gras, comme il est dit dans l'Évangile, le jour où ils voudront bien redevenir citoyens.
Quant à l'institut, il est hors la loi.
Voici notre réquisitoire . . . A PR ES
Ah! si nous avions le talent et l'autorité du comte de Montlosier !
Si nous obtenions ce qu’il obtint sous la Restauration !
Nous aurions rendu un très-grand service à notre patrie.
C’est notre seul but et notre seul désir.
Paris, 31 janvier 1869.
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