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Les pères disaient vrai; nous aurons bientôt à le démontrer. La bulle et la persécution dont elle fut cause devinrent, cinquante ans plus tard, le principal chef d'accusation contre l'institut de Loyola.
Le père Letellier, au lieu de s’arrêter dans la voie
funeste de la persécution religieuse, redoubla de rage. Non content d’avoir écrasé le jansénisme, d’avoir poursuivi Quesnel jusqu’en Belgique, où il s'était réfugié, il dénonça Fontenelle à Louis XIV, comme coupable d’athéisme, parce qu’il avait fait l'Histoire des Oracles. Et pourtant Fontenelle, élevé par les Jésuites, s’était ‘toujours montré leur ami, avait désapprouvé la doctrine et la morale des jansénistes. On ne sait pas jusqu'où serait allée la fureur de Letellier; mais Louis XIV mourut en 1715, fort heureusement pour le jansénisme et pour la philosophie ! Son féroce coufesseur fut exilé à La Flèche où il finit bientôt sa vie odieuse à tous les partisans de la tolérance religieuse et de la liberté de la pensée...
Comment les Jésuites parvinrent-ils à gouverner la France avec Louis XIV, si jaloux pourtant de son autorité ?
Par un moyen qu’ils ont employé de tout temps et qu’il emploient encore de nos jours : ils affilièrent le roi et les principaux personnages de la cour à la Congrégation.
Voilà un mot très-vague, très-mystérieux, va-t-on nous dire.
Oui, très-mystérieux, répondrons-nous ; en effet, on ne sait rien de précis sur ces réunions moitié religieuses et moitié politiques ; on trouve toutefois ces affiliations clandestines établies, du temps de la Ligue,
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et dirigées par les Jésuites du collége de Clermont. Comment se fondèrent-elles ? Quelle fut leur organisation primitive? Comment les hommes noirs parvinrent-ils à y affilier les princes, les plus grands seigneurs, les plus grandes dames et même les classes ouvrières ? On n’en sait rien; les plus habiles et rusés disciples de Loyola firent si bien que leur secret n’a jamais été trahi.
À la bibliothèque de la rue Richelieu et à celle de l’Arsenal, se trouve un assez gros recueil intitulé : « Histoire des Congrégations et sodalités jésuitiques, depuis 1563 jusqu’en 1709, »
On y voit parfaitement décrite et indiquée, avec preuves justificatives, la part que les affiliations mystiques prirent à la Ligue, aux guerres de religion et à toutes les démonstrations de l’ultramontisme ou plutôt du jésuitisme pendant les dernières années du seizième et pendant la première moitié du dix-septième siècle; ces affiliations jouèrent aussi un grand rôle dans les guerres de la Fronde.
Alors, tout comme de nos jours, les congréganistes avaient pour devise: — Ad majorem Dei gloriam — à la plus grande gloire de Dieu. Les Jésuites ont-fdèlement conservé cette maxime; elle est encore en usage dans leurs colléges ; ils y ont ajouté seulement— et sacratissimi cordis Jesus, — et du très-sacré cœur de Jésus. Nous aurons bientôt à signaler l'étrange abus que les Jésuites ont fait et font encore du Sacré Cœur, devenu symbole d’intolérance religieuse, de réaction ultramontaine.
Pendant le long règne de Louis XIV, si propice à l'orgueil et à l'ambition du jésuitisme, la Congrégation