‹ Les Jésuites hors la loiChapitre 26 sur 34 · SR CREER · texte numérisé non relu

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Vincent-de-Paul, après avoir pris conseil des théologiens de la rue des Postes, ils délibérèrent sur la question de transférer le siége de la Société à l'étranger; mais on ne put s’accorder sur ce point, et on décida, à une très-grande majorité, que le conseil général n’émr grerait pas, qu’il resterait à Paris où il fonctionnerait tout comme avant la circulaire de M. de Persigny. II fut convenu, de plus, que M. Baudon se soumettrait en apparence, aux prescriptions ministérielles. En effet, dès ce jour, le directeur général ne donna plus signe de vie, ni d'autorité, et le gouvernement put croire qu'il en avait fini avec les affiliations religieuses.

« Eh bien! pas du tout, disait plus tard M. Billault dans un discours au Sénat, 26 février 4862, nous n’en avons pas finiayec la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Un document publié par la presse étrangère, et que je n’inyoquerais pas, Si M. Baudon n’en avait reconnu la réalité, un document nous montre tous les efforts qu'a inspirés à l’ancien président du conseil général, le sentiment religieux de la conservation de son œuvre.

« M. Baudon, dans une lettre adressée au président des conférences italiennes, fait connaître à l’étranger, qu’il est maintenant chargé seul du pouvoir directeur qui appartenait au conseil général.

« De sorte que pendant que nous croyions le conseil général dissous, M. Baudon s’en faisait déléguer les pouvoirs, et cette concentration que l’État blâme dans ce conseil, se trouve relevée pour reposer avec bien plus d'énergie dans un seul homme, sous la forme d’une véritable dictature. »

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La nouvelle conspiration jésuitique se trouvait ainsi dévoilée à nouveau. La question de la Société de Saint Vincent-de-Paul fut portée au Sénat quelques jours après la publication au Moniteur d’une note relative au concile convoqué à Rome sous prétexte de canoniser vingt-cinq martyrs japonais. Cette note presque comminatoire excita au plus haut degré les ultramontains et les Jésuites. MM. Thayer et Charles Dupin parlèrent en faveur des conférences, à la grande satisfaction des cardinaux qui siégent au Luxembourg. A la suite d’un grand d scours prononcé par M. Billault, alors mipistre sans portefeuille, le gouvernement obtint gain de cause, car le deuxième paragraphe de l’Adresse fut voté presque à l'unanimité.

Mais la Société de Saint-Vincent-de-Paul restait ce qu’elle était avant la circulaire Persigny ; son conseil général se trouvait virtuellement frappé par un décret de dissolution, mais les pouvoirs se trouvaient concentrés dans les mains de M. Baudon, et depuis, elle a largement reconquis le peu de terrain qu’elle avait un instant perdu.

Et pourtant la séance du Sénat dont nous venons de donner l'analyse et un peu la physionomie, démontrait même officiellement que la Société de Saint-Vincentde Paul est constituée comme la Compagnie de Jésus dont elle suit les traditions.

Cette société est une milice politico-religieuse, essentiellement cosmopolite; pour elle, la charité n’est qu’un moyen.

Ozanam, dont nous ne saurions trop rappeler les aveux, osa le dire dans une réunion presque solennelle,

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pendant vingt ans elle a marché vers son but, plus facilement que les Jésuites, parce que l'élément laïque n’a eu jamais à redouter en France les préventions qu'ont rencontrées, de tout temps, les disciples de Loyola, les continuateurs d’Escobar. Qu'un des hommes noirs se montre au grand jour, et tout le monde éprouvera un mouvement de répulsion presque insurmontable. Malheureusement, nous avons en France, une très-grande variété de réactionnaires dévots et d’adeptes du jésuitisme; les membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul occupent le premier rang dans cette milice de la papauté temporelle.

« Ce parti, dit Charles Habeneck, dans une brochure, les Jésuites en 1861, est partout, non pas avec un pouvoir officiel, mais officieux.

« Il n’assassine pas, il étouffe, il fait disparaître; il ne pardonne jamais à ses ennemis qu’il poursuit de ses haines implacables.

« Les Congréganistes ont pénétré dans toutes les administrations publiques et privées; ils sont partout, à vos côtés, et ils vous enlacent ténébreusement.

« Ils n’ont pas les places les plus importantes, mais ils achètent la plupart des petites positions, et dans un pays de bureaucratie comme la France, c’est le petit employé qui retient ou pousse les affaires, et lie les mains des chefs, souvent complices.

« On comprend de suite que cette association englobant des magistrats, des administrateurs, fait naître au moins des préférences, des injustices, arrête le cours des tribunaux même.

« C’est encore une machine politique. Depuis 1857,

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