‹ Les Jésuites hors la loiChapitre 29 sur 34 · AE · texte numérisé non relu

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n’est pas plus rassurante que celle des Jésuites ; le Sacré-Cœur est resté enveloppé du plus profond mystère, depuis la fin du seizième siècle jusqu’à nos jours. Tout ce que nous savons avec certitude, c’est que les dames qui forment cette congrégation, ont toujours agi et procédé d’après l’institut de Loyola. Ce n’est donc pas sans raison, qu’on leur a donné le nom de Jésuitesses.

De même que les révérends pères, elles font profession de se livrer à l’enseignement des jeunes’ personnes. En effet, si lesjeunes gens de grande maison font leur éducation chez les hommes noirs, les riches héritières, les duchesses et les marquises en perspective, sont élevées chez ies dames du Sacré-Cœur. C’est une mode, c'est presque une fureur, à tel point que le titre d’élève du Sacré-Cœur est pour les demoiselles à marier une puissante recommandation. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner des immenses richesses de cette congrégation qui compte des succursales dans presque toutes les grandes villes de France. Si vous voyez des Jésuites quelque part, vous rencontrerez bientôt des dames du Sacré-Cœur, avec cette seule différence qu’on ne les voit jamais ensemble, tout comme le soleil et la lune.

M. Callemard de Lafayette, dans une curieuse statistique des couvents et congrégations de Paris, dit au sujet des dames du Sacré-Cœur :

« Tout l’espace compris entre la rue de Varennes et la rue Vanneau appartient à ces pauvres dames. C’est bien la plus grande propriété de Paris. Sa superficie est à peu près de cinq hectares ; à 400 francs le mètre,

cela vaut bien 5 millions, sans compter les bâtiments qui sont des palais.

« Total huit millions. »

Huit millions rien que dans Paris, avec le pensionnat le mieux achalandé du monde entier !!!

CI y a aujourd'hui, continue M. de Lafayette, quatre-vingts maisons du Sacré-Cœur. en France, dont plusieurs telles que Conflans, près Paris, La Ferrandière, à Lyon, valent plus d’un million. Mais en supposant que ces quatre-vingts maisons ne vaillent en moyenne que trois cent mille francs, cela fait.

« Vingt-quatre millions. et trente-deux avec les huit millions de la rue de Varennes.

«Si, en soixante ans, le Sacré-Cœur à amassé trentedeux millions, au moyen de legs qu’il sait si habilement se ménager, que sera-ce dans soixante ans d'ici?»

Nous n’avons pas à vérifier ici les chiffres donnés par M. de Lafayette : nous les acceptons comme très-exacts.

Les jésuitesses du Sacré-Cœur ont malheureusement des auxiliaires innombrables dans l’enseignement. Des religieuses, dont les homs sont aussi bizarres que les bigarrures de leurs costumes, tiennent écoles jusque dans nos villages, où elles jouissent de la protection des ultramontains, adversaires déclarés des institutrices laïques. Leurs lettres d’obédience leur tiennent lieu de diplomes. Le moment est venu de leur appliquer la loi francaise.

Dans la rue de Vaugirard, religieux et religieuses

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pullulent : iei ce sont Les capucins qui vont pieds nus

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en sandales, offusquant les regards du public par leur :

costume qui rappelle qu'ils furent mendiants à leur origine; aujourd’hui ils ne mendient plus, la besace sur le dos, mais ils savent récolter de mille autres manières ; d’ailleurs les miettes de l’opulence jésuitique servent d'appoint aux pauvres franciscains. Il y a aussi les bénédictins, les dominicains, les oratoriens.. Les premiers, au lieu de s’occuper de sciences comme leurs prédécesseurs, fabriquent des liqueurs et font concurrence aux chartreux de Grenoble; c’est moins pénible et plus lucratif. Quant aux oratoriens, ils n’ont que le nom des anciens et savants religieux de leur ordre. C’est à faire croire que M. Haussmann n’a rajeuni notre bonne ville de Paris que pour en faire un immense couvent.

Dans les communes annexées, les corporations relisieuses occupent aussi de magnifiques et somptueux établissements. Il nous suffira de mentionner la maison centrale des Frères de la Doctrine chrétienne à Passy. Nous aurons démontré que le froc et le béguin dominent partout, régentant et exploitant toutes les classes de la société.

Aux Jésuites et aux dames du Sacré-Cœur sont dévolus les enfants des riches familles, surtout de laristocratie nobiliaire.

Aux Frères de la Doctrine chrétienne, si bien dénommés ignorantins, les enfants des familles pauvres.

Et tout cela fonctionne, .prospère, s'enrichit librement , paisiblement, dans un pays où les vœux

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sont proscrits par une de nos lois fondamentales!

Les associations religieuses envahissent nos villes et nos campagnes; on en compte aujourd'hui plus de huit mille autorisées et non autorisées. La conspiration ultramontaine marche fièrement, bannière au vent. Le monde mystérieux, dont parlait M. de Montalembert à la Chambre des pairs, sous le règne de Louis-Philippe, défie la France de 1789, la France de Voltaire, de la . Révolution et de la libre pensée, avec une audace restée jusqu’à ce jour impunie. Les évêques, indignes héritiers de Bossuet et de Fénelon, prêchent une croisade en faveur du pape-roi et contre les libéraux de tous les pays ; leurs mandements seront bientôt des appels à la guerre civile !

Et ces faits déplorables se produisent, s’aceomplissent sous Finfluence dévote des Jésuites.

Oui, les disciples d’Escobar soufflent aujourd'hui la haine au cœur des catholiques ; ils se croient invincibles, parce qu'ils ont accaparé lPenseignement ‘et qu’ils possèdent des biens immenses.

On se tromperait étrangement si on erovait que les hommes noirs professent , à l'égard de leurs adhérents, surtout de leurs élèves, des doctrines rigoureuses....... pas ie moins du monde; ces hommes, de tout temps, ont su se plier aux circonstanées, aux mœurs des diverses contrées, et le probabilisme formant la base de leur morale, ils suivent plus volontiers le dogme du père Commode que celui du père Rigide.

Dans leurs colléges, les jeunes gens recoivent une éducation tout à fait brillante, en ce sens que les

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