‹ Les Jésuites martyrs du CanadaChapitre 33 sur 39 · IG · texte numérisé non relu

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" Son obéissance estoit rare, et |)leine de sousmission et de " simplicité, quoy (jii'il fust fjuehiucfois particulier en se» *' j)cnsées ; dès les moment cju'il connoissoit vn sentiment con- ** traire à ccliiy du Supérieur, il agissoit auec autant d'ardeur " dans l'esprit d'autruy, qu'il eust fait dans le sien,

" Il estoit très exact dans l'obscruation de nos Règles, et " quekjue occupation qu'il eust pour la conuersion des Sauua- " ges, iamais il n'eust perdu aucun temps de ses Oraisons, de " ses lectures spirituelles, ny de son examen. Il retranchoit de " son sommeil ce qui luy eust mancjué pour cet effet, dans la ** brieueté du iour.

" Sa Chasteté estoit si pure qu'elle me paroissoit Angélique, " dans vne Modestie aussi rare, que i'en aye point veu en " France. Mais sur tout i'admirois son Humilité, il auoit un " tres-bas sentiment de soy-mesme, et quoy qu'il eust des talens " eminens pour ces Missions, neantmoins il se posti)Osoit à " tous les autres. Ixs louanges des hommes ne le touchoient " aucunement. le ne l'ay iamais ouy parler, ny à son auantage " ny auec mespris d'autruy."

l'ay creu que dans la naifueté de ceste lettre, ceux qui sçauent ce que c'est que de la vertu solide, et qui ont l'œil ouuert aux choses qui vrayement rendent une ame grande aux yeux de Dieu, y descouvriront vn thresor, que possedoit ce seruiteur de Dieu. l'adiousteray icy seulement, que tous ceux qui l'ont pratiqué, l'ont estimé vn Sainct, et qu'il auoit ra{)probation de tout le monde, sans en excepter aucun. Les Hurons le nommoient Or cha.

Voicy encore vn petit mot qu'il escriuoit de l'Isle de sainct loseph à ses deux frères, sçauoir est le R. P. Henry de S. loseph de l'Ordre des Carmes, et le R. P. loseph de Paris Capucin. Ceste lettre fait voir la trempe de son coeur et le pressentiment qu'il auoit de sa mort. " Ce petit mot," dit-il. " est pour nous encourager tous trois à nons haster d'aimer '* nostre bon Maistre ; car ie croy qu'il est difficile que quel- " qu'vn de nous trois ne soit bien proche du terme de sa " carrière. Redoublons donc nos ferueurs, hastons le pas, re-

** doublons nos prières les vns pour les autres, et faisons vne nou- " uelle protestation, que celuy de nostre Seigneur appellera le " premier à soy de nous trois, sera l'aduocat des deux qui rcste- " ront, pour leur obtenir de Nostre Seigneur son sainct amour, et " vne [)arfaite union auec luy, et une perseuerance finale. le " fais donc le premier ceste protestation, et prie Nostre Seigneur " de tout mon cœur de posséder nos trois cœurs et de n'en " faire qu'vn auec le sien dès à présent et dans l'eternite.'

Voilà le style d'vn Sainct qui aimoit ses frères en Sainct et comme des Sainrts : aussi auons-nous appris (ju'il auoit des marrpies de saincteté dès sa tendre ieunesse.

Deffunct Monsieur Garnier son père, auoit coustume de donner tous les mois quelque pièce d'argent à ses enfans pour leurs petits diuertissemens dans leurs estudes ; le Père Charles Garnier, estant pensionnaire en nostre Collège de Paris, et sortant les iours de congé pour s'aller vn petit recréer en ville, au lieu de porter son argent en vn ieu de paulme, l'alloit ietter dans la boitte des prisonniers du petit Chastelet.

L'vn de ses bons frères, qui luy a veu donner pour vne seule aumosne toute la récréation d'vn mois, adiouste, que passant un iour sur le Pont-neuf, et uoyant vn liure sale et impie, qu'on disoit auoir esté composé par Théophile, il l'achepta et le mit en estât de n'eslre iamais Ieu de personne.

Vne autre fois, ses camarades estans entrés dans vn cabaret pour y faire bonne chère, comme il estoit de la Congrégation de Nostre Dame, qui deffend aux ieunes gens d'entrer dans de semblables lieux, il les attendit à la porte comme vn larjuais attendroit son maistre

Ces préludes marquoient une grande saincteté future. le ne m'étonne pas si Monsieur son père, voyant que son fils vouloit estre lésuite, dit à l'vn de nos Pères : " Si je n'aimois '* vniquement vostre Compagnie, ie ne vous donnerois pas vn '* enfiint,qui depuis sa naissance iusquesà maintenant nia iamais " commis la moindre désobéissance, et ne m'a iamais causé le " moindre déplaisir. "

La gloire de sa mort a couronné l'innocence de sa vie.

(llAl'ri'RK VII.

Mort du P^rk Norl Chabanel V

Voicy la sixiesmc victime c|ue Dieu a j^riscàhoy, de ceux de nostrc C'oinpagnie qu'il auoit appelez en ceste Mission des Hurons, n'y ayant eu encore aucun de nous qui y soit mort sans y rcspandre son sang et consommer le sacrifice tout entier.

Le Père Noël Chabanel estoit compagnon de Mission du Père Charles (îarnier, et lors que le bourg de Sainct lean fut pris par les Iroquois, il n'y auoit que deux iours(iu'ils s'estoient séparez, selon les ordres qu'ils en auoient receus, nos Pères et moy ayans iugé à propos de ne pas tenir deux Missionnaires exposez dans le danger, outre que la famine y estoit si extrême qu'ils ne pouuoient trouver vne nourriture suffisante pour deux personnes. Mais Dieu ne voulut pas qu'ayans vescu ensemble sous le ioug d'vne mesme Mission, ils fussent séparez à la mort.

Ce bon Père, reuenant donc où l'obéissance le rappeloit, auoit passé par la Mission de Sainct Mathias, où estoient deux autres de nos Pères, et les auoit quittez le matin du septiesme iour de Décembre.

Ayant fait six grandes lieues d'vn chemin très-difficile, il fut surpris de la nuict au milieu des bois, estant en compagnie de sept ou huit Chrestiens Hurons. Son monde estoit couché et endormy, luy seul veilloit etoit en prière.

Sur la minuit il entend du bruit et des cris, partie de l'armée ennemie victorieuse qui tenoit ce chemin, partie aussi des captifs pris ce iour-là mesme dans le bourg de Sainct lean, qui chantoient leur chanson de guerre selon leur coustume.

Le Père à ce bruit resueille ses gens, qui sans delay prennent la fuite par dans les bois, et enfin se sauuerent, s'estans dispersez ça et là et ayans pris leur route vers le lieu mesme d'où venoit l'ennemy, quoy qu'vn peu à l'escart.

* Récit du Père Ragueneau. {Beîations, IfôO).

Ces Chrestiens eschappez du péril, arriuerent à la Nation du Petun, et firent leur rapi)ort C\ue le Père auoit fait quelque chemin voulant les suiure ; mais que n'en jjouuant plus, il s'estait mis à genoux et qu'il leur auoit dit : " N'importe que le " meure, cette vie est bien peu de chose, c'est le bon-heur du " Paradis que les Iroquois ne me pourront rauir. "

Sur l'aube du iour, le Père ayant changé de route, voulant venir nous trouuer en l'Isle où nous estions ^, se vit arrêté au bord d'vne rivière, qui luy traversoit son chemin. Vn Huron en a fait le rapport, adioustant qu'il le passa dans son canot au deçà de la riuiere et que pour fuir plus lestement, il s'estoit deschargé de son chapeau, et d'vn sac où estoient ses escrits, et d'vne couuerture qui sert à nos Missionnaires de robe et de manteau, de paillasse et de matelas, de lict et de tout autre meuble, et mesme de maison, lors qu'ils sont en campagne, n'ayans point pour lors d'autre abry. Du depuis nous n'auons pu apprendre aucune autre nouvelle du Père.

Nous ne sommes pas asseurez comment il sera mort, et s'il ne .sera point tombé entre les mains des ennemis, qui en effet tuèrent sur le mesme chemin vne trentaine de personnes ; ou plus tost que s'cstant esgaré dans les bois, il y soit mort, partie de faim, paJtie de froid, au pied de quelque arbre où la faiblesse l'ayt obligé de s'arrester. Mais après tout, ce qui nous semble le plus probable, c'est qu'il aura esté tué par ce Huron, le dernier qui l'ayt veu, autrefois Chrestien et depuis Apostat, lequel pour ioiiyr des dépouilles du Père, l'aura assommé et aura ieté son corps dans la rivière 2.

Si nous eussions veulu poursuiure ceste affaire, ie crois que nous eussionstrouvédes preuves conuainquantescontre ce meurtrier ; mais dans ces misères publiques, nous iugeasmes plus à propos d'estouffer les soupçons qu'on pouuoit en auoir, et nous-mesmes fermasmes les yeux à ce que nous estions bien

* L'Ile Saint-Joseph.

■ Ce qu'il V a de certain, c'est qne voyager dans ce pays, c'est ètn an niiUeu des daiiyer» de» firux'eM, des aangeta des voleurs, etc., etc., dei dangers des faux frètes. Ce dernier danger nous parait dans cette circ^Uâtauce le plus probable de touA. (Jire^sani.)

aises qu'on ne vist pas. Ce nous est assez que Dieu soit servy *.

Le l'ère Noël Chabanel nous estoit venu de la Province de Tolose, l'année 1643, ayant esté receu en nostrc Comjiagnie dès l'annexe 1630, alors âgé seulement de dix-sept ans. Dieu luy aiioit donné vne forte vocation en ces païs, mais elle ne fut pas sans combat : estant icy, mesme après les trois, les quatre et cinq ans d'estude pour apprendre la langue des Sauuages, il s'y croyait si peu avancé, qu'à peine pouuoit-il se faire entendre dans les choses les plus communes. Ceste mortification n'est pas petite à vn homme qui brusle du désir de laconuersion des Sauuages, et qui d'ailleurs n'auoit iamais mancjué ny de mémoire, ni d'esprit, qu'il auoit fait assez paroistre, ayant enseigné quelques années, auec satisfaction, la Rhétorique en France.

Son humeur, en suite de cela, estoit si esloignée des façons d'agir des Sauuages, qu'il ne pouuoit quasi rien agréer en eux ; leur veuë luy estoit onéreuse, leur entretien, et tout ce qui venoit de ce costé là. Il ne pouuoit se faire aux viures du Païs, et la demeure des Missions estoit si violente à toute sa nature, qu'il y auoit des peines extraordinaires, sans aucune consolation, au moins de celles qu'on appelle sensibles ; tousiours coucher à plate terre, viure depuis le matin iusqu'au soir dans vn petit enfer de fumée, et dans vn lieu où souuent le matin on se trouue couuert de neiges, qui entrent de tous costez dans les cabanes des Sauuages, où on est remply de vermine, où tous les sens ont chacun leur tourment et de nuict et de iour, et n'auoir iamais que de l'eau toute pure pour esteindre sa soif,

^ Une note antographe du P. Paul Ragnenean ajont<^e an pr<^cietui manuscrit de lt>52. et attirmée sous serment, ne laisse aucun doute sur ce point. Ce missionnaire dit qu'il ti«'nt de témoins très-dignes de foi les dotails suivants. Ce Hiiron opostat. nommé LonisHouare^^nhax, a fini par avouer qu'il avait donné la mort au P. Noël en haine de la foi, imrce que depuis que lui et sa famille avaient emWnkssé la foi, il voyait que tous les malheurs avaient fondu sur eux. 1^ mî^re. qui se n«)nnuait Geneviève, a^'ant partagé depuis ce moment l'impiété de son fils, fut aussi enveloppée dans le même châtiment. Deux ans s'étaient à peine écoulés depuis ce crime, que tous les memV)res de cette très-nombreuse famille, en recevaient leur part. Les Iroquois furent les instrument* de la vengeance divine. Les uns périrent dans les flammes, les autres par le fer, et la jeuuesse des deux sexee fat réduite à. un triste esclavage.

et les meilleurs metz qu'on y mange pour l'ordinaire, n'estant (|ue de la cole, faite de farine de bled d'Inde bouillie dans l'eau, y trauailler sans cesse, estant tousiours si mal nourry, et n'auoir pas vn seul moment de la ioumée auquel on puisse se retirer en vn lieu qui ne soit public ; n'auoir point d'autre chambre, d'autre «de, ni d'autres cabinet pour faire ses estudes, non pas mesme aucune lumière que celle d'vn feu enfumé, entouré en mesme temps de dix et de (juinze personnes, et d'enfans de tous âges, (jui crient, (jui pleurent, qui y disputent, qui s'entretiennent de leur mesnage, qui y font leur cuisine, leur repas, leur trauail, en vn mot tout ce qui se fait dans la maison.

Quand Dieu aueccela retire ses grâces sensibles, et se cache à vne personne qui ne respire qu'après luy ; quand il la laisse en i)roye à la tristesse, et aux dégousts, et aux aversions de la Nature , ce ne sont pas là des épreuves qui soient à la portée d'vne vertu commune ; et 11 faut que l'amour de Dieu soit alors puissant dans vn cœur pour n'y estre pas estouffé.

loignez les veuës continuelles des périls dans lesquels on se trouue à chaque moment, d'estre attaqué d'vn Ennemy barbare, qui souuent vous fera souffrir mille morts auant que d'en mourir d'vne seule, qui n'a que des feux et des flammes, et des cruautez inouyes. Sans doute (^u'il faut vn courage digne des enfans de Dieu, pour ne pas perdre cœur au milieu de cet abandon.

Ça esté dans cet abandon que Dieu a voulu esprouuer les cinq et six années, la fidélité de ce bon Père. Mais tant s'en faut que le Diable ayt iamais rien gaigné sur luy de ce costé là, quoy qu'il luy representast chaque iour, que retournant en France il y trouueroit et la ioye et le repos, et les consolations qu'il y auoit receuës tout le temps passé de sa vie, qu'il n'y manqueroit pas d'employ plus sortable à son naturel, et dans lequel tant d'ames Sainctes pratiquent hautement la vertu de Charité, dans le zèle des âmes, et consomment leur vie pour le salut de leur prochain ; iamais pour tout cela il n'a voulu se détacher de la Croix où Dieu l'auoit mis ; iamais il n'a demandé d'en sortir. Mais au contraire, pour s'y attacher plus inuiola-

blcment, il s'obligea par vœu d'y demeurer iusqucs à la mort ; afin de mourir en Croix.

Voicy la teneur du vœu qu'il en conceut et ses propres

termes :

" Icsus-C'hrist mon Sauueur, qui par vne disposition admirable de votre Paternelle Providence, auez voulu que ie fusse " Coadiuteur des Saincts Apostres de ceste vigne des Hurons, ** quoy que i'en sois tout à faict indigne ; me sentant poussé du " désir de seruir aux intentions qu'a sur moy vostre Sainct " Esprit, pour auancer la conuersion à la foy, des barbares de " ce pais des Hurons ; Moy, Noël Chabanel, estant en la pré- " sence du Tres-Sainct-Sacrement, de vostre Corps et de vostre " Sang précieux, qui est le tabernacle de Dieu auec les hommes : *' le fais vœu de perpétuelle stabilité en ceste Mission des " Hurons ; entendant le tout selon l'interprétation des Supe- " rieurs de la Compagnie et selon qu'ils voudront disposer de *' moy. le vous coniure donc, mon Sauueur, qu'il vous plaise *• me receuoir pour seruiteur perpétuel de ceste Mission, et que " vous me rendiez digne d'vn ministère si sublime. Amen.

" Le vingtiesme iour de luin, 1647. "

Il fit ce vœu le iour du Tres-Sainct-Sacrement de Tannée 1647, et quoy que du depuis ces reuoltes de la Nature ayent tousiours donné de l'exercice à sa vertu, la grâce a tousiours esté la maistresse, et Dieu luy a donné ceste perseuerance qu'il desiroit si ardemment.

La dernière fois qu'il se sépara d'auec nous pour aller en la Mission où il est mort, embrassant et disant le dernier adieu à celuy de nos Pères qui auoit le soin de la conduite de son ame : " Mon cher Père, " luy dit-il, ** que ce soit tout de bon " ceste fois que ie me donne à Dieu et que ie luy appartienne." Mais il profera ces paroles d'vn si bon accent et d'vn visage si résolu à la vraye saincteté qu'il toucha viuement celuy de nos Pères auquel il parloit ; lequel, ayant trouué à l'heure mesme vn de ses amis ne put s'empescher de luy dire : " Vrayment " ie viens d'estre touché ! Ce bon Père vient de me parler auec " l'œil et la voix d'vne victime qui s'imole. le ne sçay pas ce

" que Dieu veut faire, mais ie voy qu'il fait vn grand Sainct '' En effet, Dieu le disposoit au sacrifice, et il luy donnoit à luy-mesme quekjue sorte de pressentiment. Il auoit dit à vn de ses amis : " le ne sçay ce qu'il y a en moy et ce que Dieu " veut disposer de moy ; mais ie me sens tout changé en un " point. le suis fort apprehensif de mon naturel ; toutefois, " maintenant que ie vay au plus grand danger et qu'il me ** semble que la mort n'est pas esloignée, ie ne .sens plus de " crainte. Ceste disposition ne vient pas de moy."

l.ors qu'il î)artit de la Mission de Sainct Mathias, le iour mesme de sa mort, parlant au Père ^ qui l'embrassoit : " le " vay, " dit-il, " où l'obéissance me rappelle ; mais ou ie ne " pourray, ou i'obtiendray du Supérieur qu'il me renuoye dans ** la Mission qui estoit mon partage : il faut seruir Dieu iusqu'à " la mort."

On verra dans la lettre suiuante qu'il a escrite au R. I'. Pierre Chabanel son frère, Religieux de nostre Compagnie, les sentimens qu'il auoit des souffrances. " Peu s'en est fallu,"» dit-il, '* dans les apparences humaines, que V. R. n'ay t eu vn " frère Martyr : mais helas ! il faut deuant Dieu vne vcrtn '* d'vne autre trempe que la mienne pour mériter l'honneur du " Mart>Te. Le R. P. Gabriel Ualemant, l'vn des trois que " nostre Relation dit auoir souffert pour lesus-Christ, auoit pris " ma place au bourg de Sainct Louys dej)uis vn mois deuant " sa mort, que ie fus enuoye' comme plus robuste de corps en " vne Mission plus esloignée et plus laborieuse, mais non pas si " fertile en Palmes et en Couronnes que celle dont ma la.schete' " m'auoit rendu indigne deuant Dieu. Ce sera quand il plaira " à la diuine Konté, pourveu que de mon costé ie tasche de *' faire un martyr dans r ombre, et vn martyre sans effusion de " sang . '^ Les rauages des Iroquois sur ce pais feront peut- " estre vn jour le reste par les mérites de tant de Saincis aue<- " lesquels i'ay la consolation de viure si doucement parmy tant " de tracas et de dangers continuels de la vie. La Relation me

' Le Père L<^oiinr(l Garreati.

* Martyrnn in umbra, ^fartyrium sine nançHinr.

** dispensera d'aclioustcT autre chose à la présente ; aussi bien " n'ay-ie ny papier ny loisir (ju'autant fjuil en faut j^our sup- " plier V. R. et tous nos i'eres de sa Prouince de se souucnir " de nioy au sainct Autel, comme d'vne victime destinée peut- " eslre au feu des Irocjuois, tifin que par f entremise de tant de '* Saints, ie remporte la victoire dans ce fude combat ^ .

Ce sont ses paroles, dignes d'vn homme qui n'attendoil que le moment du sacrifice.

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