‹ Les Jésuites-martyrs du CanadaChapitre 19 sur 37 · CONVERSION DES SAUVAGES DU CANADA · texte numérisé non relu

CONVERSION DES SAUVAGES DU CANADA

Initier ces peuples à la connaissance de Dieu, dont ils ignoraient le nom, aussi bien que le culte et les mystères, a été un travail difficile. Bien peu de personnes comprennent le sens de ces paroles : “ J’ai reçu votre loi en héritage : hœreditate acquisivi testimonia tua." Quand il faut conquérir la foi, pour ainsi dire à la pointe de l’épée, on apprécie le bonheur de l’avoir sucée avec le lait

Il a fallu d’énormes dépenses pour donner aux Sauvages nomades, un peu de cette fixité, sans laquelle leur instruction dans la foi paraissait impossible, et c’est à quoi ont servi les abondantes aumônes de tant de personnes qui, à l’imitation de l’invincible Louis XIII, de la Reine son épouse et du célèbre cardinal de Richelieu, ont exercé leur zèle et leur charité envers ces peuples infortunés.

Cette œuvre demandait en outre une douceur et un courage peu ordinaires ; aussi fut-elle puissamment secondée par la fondation de l’Hôpital et du Séminaire pour les jeunes filles, deux établissements érigés depuis peu à Québec Dans le premier résident les Religieuses venues d’un couvent de la ville de Dieppe, et que l’on nomme en France Hospitalières ; dans l’autre, les Ursulines venues de Paris et de Tours avec leur fondatrice, et appartenant la plupart à des familles nobles 1.

1 Ces «leux précieux établissements, un des soutiens et une des gloires de cette colonie, ont continué depuis 1(539 jusqu’à nos jours, et dans des proportions qui ont grandi avec les besoins, leur apostolat de zèle et de charité. Le catholicisme s’y révèle tout entier, aujourd’hui comme autrefois, en inspirant à des âmes généreuses et sensibles, le courage de renoncer aux jouissances et aux avantages de ce monde, pour devenir les servantes des malades et les institutrices de l’enfance.

La Duchesse d’Aiguillon fonda l’Hôtel-Dieu.et ses portes s’ouvrirent aussitôt, dit Bancroft, non seulement “ aux souffrances des émigrants, “ mais aux malades et aux infirmes des nombreuses tribus dissémi-

Les sueurs, les aumônes spirituelles et temporelles, et surtout les exemples de ces bonnes Religieuses ont contribué puissamment à attirer dans ces lieux déserts, non seulement des Sauvages, mais aussi bien des Français qui, établissant là leur demeure, ont donné de la sécurité aux Sauvages, et ont beaucoup aidé à les y fixer.

Mais mon dessein n’est pas de m’étendre sur la conversion de ces peuples, au milieu desquels les missionnaires travaillent encore. Qu’il suffise de dire que là où l’on ne trouvait pas à notre arrivée une seule âme qui connût le vrai Dieu, à présent, malgré les persécutions, la disette, la faim, les guerres et la peste, on ne rencontre pas une seule famille où il n’y ait des chrétiens, quoique tous les membres ne le soient pas encore ; et cette grande merveille s’est opérée en moins de vingt ans.

Je me bornerai donc à dire ici en peu de mots quelque chose des heureux commencements et de la triste fin de la Mission huronne.

Ce peuple, comme nous l’avons dit, avait des demeures fixes, avec des villages et des forts, à 900 milles de Québec, et à 4,000 milles de l’Europe. Pour faire voir la force du bras de Dieu dans cette oeuvre, j’exposerai les différentes difficultés qu’elle a rencontrées.

“ nées entre le Kénébec et le Lac Supérieur. Le malheur y est reçu “ sans qu’on s’informe de son origine. Sept Keligieuses, dont la plus “ jeune n’avait que 22 ans et la plus âgée 25, avaient été choisies dans “ un couvent de Dieppe pour venir braver la faim et le froid au “ Canada. ”

“ Le même enthousiasme religieux, continue le même historien, “ inspira à Mme de la Peltrie, jeune et opulente veuve d’Alençon, de “ fonder le couvent des Ursulines pour l’éducation des jeunes tilles. ” Elle vint elle-même en diriger l’établissement, et elle amena avec elle pour première supérieure, la célèbre Mère Marie (le l’Incarnation, la Thérèse de la Nouvelle-France. Mme de la Peltrie consacra à cette belle et sainte œuvre ses ressources et sa vie.

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