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que, sur la mer, il n’y a pas de pluies continuelles, quoiquel’eau y soit à une température plus élevée qu'ailleurs, d’une plus grande profondeur, et dans une condition plus favorable pour subir les effets du soleil.
On peut ajouter à ces causes, le voisinage de la mer glaciale, et sa communication avec celle du Canada. De là, ou du moins de ce côté, viennent ces montagnes toutes de glace que l’on rencontre jusque dans le golfe Saint-Laurent, aux mois de juin et de juillet. J'en ai vu de grandes comme des villes entières, et des marins dignes de foi m'ont dit en avoir rencontré et côtoyé qui avaient plus de 200 milles de longueur ; mais il est difficile que ces glaces, tout immenses qu’elles soient, aient pu faire sentir leur influence à une distance aussi grande que celle où nous étions, c’est-à-dire, entre le 47e et le 44e degré de latitude, à plus de 900 milles de la mer.
Quelques-uns ont cru que ce pays avait été découvert d'abord par les Espagnols qui lui auraient donné le nom de Canada, c'est-à-dire, pays où 11 n'y a rien (che ha nada) *. On n'y voyait en effet presque rien autre chôse que des forêts,
Il est certain que les Français en prirent possession pour la première fois dès 1504, et qu’il reçut alors le nom de Vouvelle- France, sans perdre celui de Canada, que quelques-uns ont voulu conserver à la partie plus septentrionale. Ils y firent plusieurs voyages, en 1508, 1523, 1524, 1534, 1608 et 1625 ; ces voyages, comme Champlain le raconte en détail, furent souvent interrompus jusqu'en 1629, époque où les Anglais s'emparèrent du fort bâti par les Français, à 400 et quelques milles de la mer, dans le grand fleuve Saint-Laurent.
Après la conclusion de la paix ?, les Français rentrèrent dans la paisible possession de ce pays, et ils l’ont gardé jusqu’à ce jour ÿ.
? Il est plus probable que le mot Canada vient du sauvage etsignifie amas de cabanes.
* Cette paix fut conclue à Saint-Germain-en-Laye entre la France et l’Angleterre, le 29 mars 1682.
* Les Anglais le reprirent de nouveau, un siècle plus tard, et par le traité de Fontainebleau, conclu le 10 février 1763, la France céda le Canada à son heureuse rivale, ét de ces immenses possessions, il ne lui
resta que les deux petites îles de Saint-Pierre et de Miquelon, au sud de Terre-Neuve, et le droit de pêcherie sur les côtes de la grande île.
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Ses linrites à l’ouest et au nord ne sont pas connues. Ees côtes de la mer au sud et à l’est, sont partagées entre les Français, les Anglais qui sont très-nombreux, les Hollandais et les Suédois.
Quand la famine força les Français de se rendre, les Jésuites arrivés dans ce pays trois ou quatre ans auparavant, subirent le sort de quelques Pères Récollets qui y étaient depuis dix ans, et furent ramenés par les Anglais d’abord en Angleterre, et de à en France.
Les Français, en rentrant au Canada, ne furent accompagnés que par les Jésuites. Pour entreprendre l’œuvre de la conversion des Sauvages indigènes, ces Religieux formèrent deux Missions, une d’Algonquins et de Montagnais, peuples qui se rapprochent par la langue, et qui vivent errants et vagabonds dans les bois ; l’autre chez les Hurons, qui parlent une langue toute différente, et ont des demeures fixes.
Je dirai peu de chose de la première, car je n’y ai pas travaillé Pour la seconde, où j'ai passé plusieurs années, j'en parlerai davantage ; je ne raconterai ordinairement que ce dont j'ai été moi-même le témoin oculaire.
Comme dans le récit je serai obligé quelquefois de nommer certaines localités, je ferai connaître de suite les principales aux lecteurs.
19 Tadoussac, le premier port du pays où l’on aborde ordinairement, est à 300 milles de la mer, en remontant le fleuve Saint-Laurent. Ce poste n’est habité qu’à l’époque de l’arrivée des vaisseaux, qui est le moment de la mission. Pendant deux ou trois mois, on y donne l'instruction aux Sauvages errants, qui y accourent des pays environnants, de plus de 300 milles de distance.
20 Québec !, à 120 milles plus avant dans les terres, est un fort français qui commande le fleuve. Il est construit au sommet d’un cap qui borde le rivage, dans le lieu où le lit du fleuve est le plus resserré, c’est-à-dire, où il n’a qu’un mille environ. On y voit une colonie de Français, une de Hurons formée récem-
1 L'auteur écrit Kébec.
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ment, et de plus les Sauvages algonquins y passent quelques mois avant de partir pour la chasse.
3° Quatre milles plus loin que Québec et sur la même rive, se trouve une résidence de Jésuites, appelée résidence de Saint- Joseph, où les Algonquins chrétiens passent la moitié de l’année avec quelques familles françaises. On là nomme aussi Sillery, du nom de son fondateur, le Commandeur de Sillery.
4° A guatre-vingt-dix milles en remontant toujours le Saint- Laurent, ce roi des fleuves, (qui a 60 milles de large à son embouchure, et ici plus d’un mille et demi, avec flux et reflux, quoiqu’à plus de 400 milles de la mer,) reçoit le tribut d’un cours d’eau que nous appelons les Trois-Rivières, parce qu’à l'embouchure il est divisé en trois branches par deux îles. Là est le second fort des Français sur le fleuve, et leur seconde colonie, ainsi que la seconde Mission des Algonquins, pendant un certain temps de l’année.
5° Dix milles plus haut est le lac Saint-Pierre, formé par les, eaux du fleuve. Il a 20 milles de long sur 10 à 12 de large. Il est célèbre par les incursions des Iroquois.
Le fort Richelieu 1, six milles au-delà, se trouve à l’'embouchure de la rivière appelée Æévière des Iroquotis ?, parce qu’elle vient de leur lac.
6° La grande île de Montréal est à 50 milles encore plus loin, c’est-à-dire à 180 milles de Québec. Les Sauvages y étaient autrefois très-nombreux, mais il y en a très-peu aujourd'hui. Un fort français et quelques familles y commencent une troisième colonie #. Cette île a environ 100 milles de circuit.
1 Aujourd’hui Sorel.
* Aujourd’hui rivière Richelieu, de Sorel ou de Chambly.
* La fondation de Montréal date du 17 mai 1642. Un braye et vertueux gentilhomme champenois, Paul de Maisonneuve, à la tête de 40 hardis colons, consacra alors à Dien, sous le nom de Ville-Marie, ces humbles commencements, au même lien que Champlain, 31 ans anpaae avait choisi comme le plus favorable à un établissement permauent.
Jacques-Cartier, à qui cette ile doit son nom, y avait vu, en 1585, le grand village fortifié d'Hochelaga, mais Champlain, en abordant à cette île, n’en tronva plus de traces, et on ne connaît même plus aujourd’hui le lieu qu’il occupait.
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C'est là que se réunissent les deux cours d’eau qui forment notre grand fleuve.
Ces notions suffisent pour l'intelligence de ce que nous avons à dire dans cette histoire.