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on est heureux, tandis que dans l’autre on est malheureux ; mais ils mêlent à cette croyance mille fables semblables à celles des anciens, au sujet de leurs Champs-Elysées.
Ils reconnaissent de plus qu'il y a des esprits bons et des esprits malins. Voilà pourquoi, dans les dangers, ils s'efforcent d’apaiser les esprits malins, et de se rendre favorables les bons, en offrant une espèce de sacrifice, qui consiste à jeter dans le feu ou dans l’eau du tabac ou de la graisse de leurs festins.
Il est certain qu’ils ont non-seulement un instinct de la divinité, mais encore se servent d'un nom pour l’invoquer dans l’occasion, sans trop savoir ce qu’il signifie. Ils s'adressent au Dieu Inconnu, en disant: Aéreskoui soutanditeur. Ce dernier mot pourrait se traduire par : Ayez pitié de nous.
Très-souvent ils s'adressent au Ciel, en lui faisant hommage, et prennent le Soleil à témoin de leur courage, de leur misère et de leur innocence. Mais surtout dans les traités de paix et d'alliance avec les nations étrangères, ils invoquent le Soleil en preuve de la droiture de leurs intentions, comme étant le témoin des secrets les plus intimes de leur cœur, et le vengeur de la perfdie de ceux qui trahissent leur foi et ne tiennent pas leur parole. La même pensée se retrouve aussi répandue généralement dans l’ancienne gentilité.
Une tribu d’Algonquins, voisine des Hurons, et nommée Ondataouaouats, invoque le créateur du ciel presque toujours dans les festins, et lui demande Ia santé, une longue vie, un heureux succès dans la chasse, la pêche, la guerre et le trafic; mais il croit que le génie créateur du ciel n’est pas le même que celui qui a créé la terre, ni que celui qui a créé l'enfer. Ils supposent que celui-ci habite vers le nord, d’où il envoie la neige et le froid, comme le génie des eaux est la cause des tempêtes et des naufrages.
Ils reconnaissent sept autres génies qui habitent les airs, et soufflent les sept vents qui règnent dans ces contrées. ‘“ Que “ perdraient-ils, si par une sage réduction, ils n’en adoraient “qu'un seul? Quid perderent, si unum colerent prudentiore “ compendio ?” Ce sont les paroles de saint Augustin.